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Deux Franco-Albertains prêts pour le championnat national de bateaux-dragons de Welland

C’est au son du tambour que l’équipe Oil City Crew (OCC) d’Edmonton a raflé la 15e position de la course de bateaux-dragons, lors du 23e Festival annuel de bateaux-dragons Rio Tinto Alcan qui se tenait à Vancouver les 11 et 12 juin derniers.

En se classant ainsi parmi plus de 150 équipes canadiennes et américaines, le OCC se voit plus confiant que jamais face au championnat national qui aura lieu le 3 juillet à Welland, en Ontario.

 

Deux Franco-Albertains seront de cette course : Jean Blanchette et Cindie LeBlanc. « Le Rio Tinto Alcan est le plus gros Festival de bateaux-dragons en Amérique du Nord, insiste Jean Blanchette, le seul francophone de la troupe qui revient à peine de Vancouver. Les équipes là-bas peuvent s’entraîner à l’extérieur pendant l’année au complet, le niveau de la compétition est donc extrêmement élevé. Nous sommes arrivés 15e, et quatre membres des nationaux étaient absents. On peut donc dire qu’on est prêts pour Welland. »

 

Oil City Crew

Une équipe de compétition de bateaux-dragons comprend l’entraîneur, 20 rameurs dont huit, au minimum, sont des femmes, un barreur et un batteur de tambour. Cette équipe est en constante évolution. Avant chaque événement, tous les athlètes voulant en faire partie passent des tests de performance, et chaque fois, seuls les 20 meilleurs rameurs sont pris à bord de l’équipe. C’est ce qui explique que l’équipe du championnat national sera différente de celle du Rio Tinto Alcan.

De cette manière, quatre des rameurs qui ont été sélectionnés pour les nationaux ne pouvaient pas être à Vancouver. Parmi eux, on retrouve une autre Franco-Albertaine, Cindie LeBlanc, qui fait partie du OCC pour la première année.

Après neuf ans dans l’équipe récréative les Scrambled ags, elle a été recrutée par l’équipe de haut niveau d’Edmonton. « C’était un bon temps pour moi, confie-t-elle. J’avais envie de passer à un plus haut niveau de compétition. »

De son côté, Jean Blanchette est avec le OCC depuis plus longtemps, et s’entraîne au sein de l’équipe en vue des nationaux depuis les trois dernières années. « C’est trois ans de ma vie qui vont se jouer en deux minutes », confie-t-il. Deux minutes, c’est la durée moyenne d’une course, et lors des finales, il n’y a parfois que deux secondes qui séparent le premier bateau du dernier.

Welland
M. Blanchette, un ancien athlète de combat, est à 45 ans le plus vieux sur le bateau du Oil City Crew. Il compte bien être dans un des six premiers bateaux-dragons qui franchiront la ligne d’arrivée de la finale nationale à Welland, et ainsi s’envoler pour la compétition internationale qui se tiendra en 2012 à Hong Kong.

Pour lui, c’est plus qu’une place au championnat mondial qui se joue, c’est aussi sa place dans une équipe de Masters competition : « Pour être dans les Masters, explique-t-il, il faut avoir 40 ans ou plus et avoir participé à au moins une compétition de haut niveau. » Une place au mondial serait donc son billet d’entrée dans cette ligue d’élite.

De son côté, Cindie LeBlanc compte vivre la course nationale avant de penser à Hong Kong. « J’y pense au jour le jour. Si je me rends au championnat mondial, je devrai mener une réflexion approfondie, à savoir si je veux sérieusement devenir athlète. C’est quand même un gros investissement de temps, six entraînements par semaine l’hiver et le double l’été, ce sera quelque chose à considérer. Mais pour l’instant, je me concentre sur la course nationale », assure-t-elle.

En vue du Festival de bateaux-dragons de Welland, le OCC s’entraîne avec acharnement dans la rivière Saskatchewan, à Edmonton, ainsi que dans le lac Telford de Leduc. Ils vont même à Leduc depuis le mois d’avril, alors qu’ils s’entraînaient « dans la neige et avec la présence de faucons », décrit Jean Blanchette.

Un Festival vieux de 2400 ans
Les racines de la course en bateau-dragon sont enfouies dans plus de 4000 ans d’histoire chinoise, alors qu’un rituel de fertilité y était tenu lors du solstice d’été. Selon la culture populaire cependant, l’histoire raconte que la tradition ne remonte qu’au quatrième siècle avant Jésus-Christ.

La Chine était alors en temps de guerre, et un poète, Qu Yuan, a été expulsé de ses terres pour avoir produit des écrits jugés trop patriotes. Triste de quitter un royaume qu’il aimait énormément, Qu Yuan est parti en bateau sur un lac et s’est lancé au beau milieu, serrant contre lui un rocher.

On dit que les habitants ont alors pris leur bateau pour aller le repêcher, tapant l’eau de leurs rames et frappant les tambours pour éloigner du corps les poissons qui auraient voulu le manger.

Les événements tenus aujourd’hui conservent certaines pratiques des rituels ancestraux, spécialement lescérémonies de l’éveil du dragon et de la bénédiction des bateaux. De plus, une équipe gagnante amène sur son village et dans sa maison la chance et la fortune. « Dans les rues à Vancouver, plusieurs personnes sont venues me toucher et prendre des photos de moi, raconte M. Blanchette en souriant. Je me disais qu’ils devaient reconnaître mon chandail d’équipe, mais je trouvais cela déstabilisant. C’est après la course qu’on m’a appris que si j’avais été dans le bateau gagnant, tous ceux qui m’avaient auparavant touché obtenaient un peu de ma chance et de ma fortune et en faisaient profiter leur maison. »
 

 

BDV : Jean Blanchette (à droite) en compagnie de son entraîneur. (photo : courtoisie)

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