18 artistes en scène à la Nuit Blanche de Calgary

Si vous habitez Calgary, peut-être avez-vous pris part à la 3e édition de la Nuit Blanche du samedi 20 septembre en tant que bénévole ou plus certainement en qualité de spectateur ? Ce festival allie art, modernité et vie nocturne, et se déroule chaque année au début de l’automne. Qui de mieux pour en parler que les artistes, organisateurs et spectateurs ?

 

18 artistes étaient présents autour des Municipal et Olympic Plazas de 19h à 1h du matin : concerts, espaces d’échanges, œuvres exposées, distribution de plantes… Il y en avait pour tous les goûts et cet évènement éclectique a fait planer une ambiance bon enfant sur le quartier du City Hall le temps d’une soirée.

 

Le directeur du festival nocturne, Wayne Baerwaldt, explique pourquoi le nom de cette galerie d’arts vivante et éphémère est en français : « Nuit Blanche Calgary s’inspire de la Nuit Blanche de Paris, lancée il y a environ 20 ans. Beaucoup de gens s’installant à Calgary viennent de grands centres urbains qui ont déjà adopté l’expérience Nuit Blanche. Nous avons pensé qu’il pourrait y avoir une reconnaissance plus immédiate avec ce nom. D’ailleurs, des organismes francophones comme l’Alliance Française ou le Consulat général de France à Vancouver ont été impliqués dès le début ».

 

Pour Justine, spectatrice et ancienne bénévole lors de la première édition du festival, Nuit Blanche permet de contredire ceux qui parlent de Calgary comme d’une ville sans âme artistique. « J’avais aidé des artistes québécois (BGL) avec leur carrousel de caddies de supermarché ! J’avais trouvé ce concept génial : de l’art qui va au-delà de la démocratisation ! ». Pour elle, Nuit Blanche est un mariage sous acide entre Warhol, Duchamp et Brecht. « Intégrer le public à ses œuvres éphémères, ça m’interpelle ! ».

 

 

L’évènement se démarque en effet par son déroulement en extérieur, ses interactions avec le public, mais aussi par le fait qu’il se produit la nuit. Pourtant, Justine trouve que cette partie du concept n’est pas respectée. « C’est mon seul regret. Une nuit blanche est censée se tenir toute une nuit. Déjà en 2012, tout était fini à 2h30 et cette année c’était terminé à 1h du matin. »

 

« En 2012, avec le froid qui régnait à 2h du matin, la foule s’est considérablement amoindrie, puis les fêtards sont sortis des bars du centre-ville et ont changé le ton de l'événement Nuit Blanche. De plus, je pense qu’une Nuit Blanche de 12 heures est difficile à tenir pour les artistes aussi bien que pour les bénévoles », justifie Wayne Baerwaldt .

 

Qu’à cela ne tienne, malgré ces horaires restreints, de nombreux Calgaréens s’étaient tout de même déplacés pour profiter de l’évènement. Les artistes s’en sont montrés enchantés.

 

Symphony for Absent Wildlife de Studio Orta

 

Deux comédiennes présentes ce soir-là, Shawna Dempsey et Lorri Millan, ont conçu ce qu’elles appellent un nouveau monde à investir par l’art. « Nous avons commencé par préparer une sorte de programme spatial, comme les cosmonautes mais pour artistes, puis développé des combinaisons spatiales et une capsule. Et pendant la soirée, nous avons parlé avec le public de ce que les artistes peuvent apporter à l’exploration spatiale et nous leur avons demandé d’expliciter leur conception de l’espace », relatent les deux Winnipégoises.

 

Lorri Millan dans AstroArt Space Corps

 

Les spectateurs de la Nuit Blanche étaient majoritairement anglophones, mais les artistes n’oublient pas les francophones pour autant. « Nous sommes tellement impressionnées par la ténacité de la culture des Franco-Albertains. Elle est durable, c’est important, rajoutent Shawna et Lorri. Restez un peu différents, c’est ce qui nous rend tous très intéressants ! »

 

Photos : Anne-Florence Salvetti

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