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7500 km pour continuer à avancer

Les élèves des écoles Les Cyprès, à Medicine Hat, et La Verendrye, à Lethbridge, se sont retrouvés sur l’itinéraire de Sébastien Sasseville, un Québécois qui fait la traversée du Canada à la course pour vaincre le diabète.

 

20 km… non pas par jour, mais bien 20 le matin, 20 l’après-midi, 5 à 6 jours par semaine. Et le reste du temps, encourager les autres à avancer. C’est ce que fait Sébastien Sasseville depuis qu’il est parti de Terre-Neuve, le 2 février de cette année.

Après avoir gravi l’Everest et réalisé un ultramarathon de 250 km dans le désert du Sahara, Sébastien Sasseville s’est dit qu’il devait être capable d’entreprendre un vieux rêve à lui. « En revenant de la course dans le Sahara, ça m’a donné confiance dans mes moyens », dit le jeune homme de 35 ans atteint du diabète de type 1 – l’incarnation la plus grave de la maladie– depuis 2002. 

 

« En réfléchissant à la logistique, je me suis rendu compte que ça offrait la possibilité de voir tellement de gens sur le chemin. » Et autant d’occasions médiatiques de passer son message… qu’il sait comment présenter, grâce à son diplôme en communication et son expérience en tant que conférencier et prêcheur du dépassement de soi.

 

C’est un message d’espoir que Sébastien Sasseville transporte avec lui sur les routes du Canada, de St-John à Vancouver. « Le message dans les écoles, c’est d’encourager les jeunes à surmonter les obstacles », résume l’athlète. Lui et son équipe organisent également des événements pour rejoindre ceux qui sont touchés par le diabète de type 1. Mais avec les jeunes, il s’agit de partager leur rêve pour un instant et leur donner des ailes pour le réaliser.

 

« C’est très agréable ces arrêts-là, raconte Sébastien Sasseville. C’est simple : on les rassemble dans le gymnase ; on a droit à un accueil extraordinaire et on explique comment ça a commencé, comment c’est de courir tous les jours. Les questions des enfants sont bien cutes. »

 

Il en retient une, en particulier : « Est-ce que tu aimes courir ? » L’élève a sans doute voulu demander s’il aimait toujours ça. «  Ben oui j’aime encore ça ! Ça fait sept mois et demi qu’on est sur la course. » Le temps passe vite, puisque même l’équipe de soutien « est toujours à la course ». Les jours de repos sont passés en compagnie de ceux que Sébastien espère inspirer ou motiver.

 

Il est touché, notamment, par le fait que certains jeunes partagent le désir de se donner le même défi que lui : traverser le Canada à la course à pied.

 

 

C’est d’ailleurs par une petite course symbolique que s’est terminée la visite dans les deux écoles du sud de l’Alberta. « Ce qui me frappe toujours, c’est de voir l’intérêt, témoigne le québécois. Même s’ils ne comprennent pas ce que ça représente (de traverser le pays à la course), ils ont le désir d’apprendre et leur écoute est tout le temps impressionnante. C’est un privilège que la direction d’école nous donne. J’essaie toujours d’utiliser ça le mieux possible. »

 

Les journées passent et la traversée Vaincre le cancer commence déjà à tirer à sa fin. « Depuis une ou deux semaines, on commence à sentir que la ligne d’arrivée n’est pas loin. » En effet, son objectif est d’arriver à Vancouver le 14 novembre prochain, à temps pour la Journée mondiale du diabète.

 

Pourtant, ce n’est pas tous les jours facile. Comme tout athlète, Sébastien Sasseville doit surveiller son apport et ses dépenses d’énergie. Mais pour lui, il s’agit moins d’une question de meilleure performance que de nécessité pour sa santé et sa survie. « Je porte une pompe à insuline sur moi en tout temps. Je dois faire une dizaine de tests de glycémie tous les jours. Il n’y a pas cinq minutes où je n’y pense pas… Mais ça rajoute du piquant ! »

 

C’est cette détermination et cet optimisme qui lui permet de tourner la page sur les journées qui vont moins bien. « La plus belle chose que j’ai apprise à date, c’est qu’on peut aller loin quand on en fait un petit peu tous les jours. »

 

Sébastien Sasseville fera un détour à Edmonton du 25 au 28 septembre et à Calgary en octobre.

 

Crédit photo: Patrick Saint-Martin

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