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Jeux du Commonwealth / Haltérophilie : Marie-Josée Arès-Pilon remporte le bronze

 

 

L’haltérophile franco-albertaine Marie-Josée Arès-Pilon – née à Edmonton, mais vivant actuellement à Lorette, au Manitoba – a décroché une médaille de bronze aux Jeux du Commonwealth de Glasgow, le 28 juillet dernier (catégorie des 69 kg). L’athlète de 32 ans revient sur cette belle performance.

Vous aviez l’air très émue sur le podium, lors de la remise de votre médaille. Que ressentiez-vous à ce moment précis ?
Cela fait des années que je mets beaucoup de temps et d’énergie dans mon sport. J’ai eu bien des obstacles. Cela faisait du bien de me rendre jusque-là, d’avoir réussi ma compétition.

S’agit-il de votre plus beau résultat ?
Oui ! (elle était arrivée 4e aux précédents Jeux du Commonwealth, à Delhi, en 2010, NDLR)

Comment vous êtes-vous préparée physiquement ?
Je m’entraine deux à trois fois par jour [pendant 1 h 30] depuis des mois. Moi et mon fiancé, ça faisait deux ans qu’on n’avait pas pris de vacance. On a finalement pu prendre trois jours après les jeux. Il va y avoir les Championnats du monde dans trois mois, donc je ne peux pas arrêter trop longtemps de m’entrainer...


Vous arrivez malgré tout à exercer votre travail ?
Oui, un peu, mais pas beaucoup. Je suis massothérapeute à temps partiel parce que sinon, je ne serais pas capable de performer au niveau auquel je performe.


Vous avez commencé l’haltérophilie à 22 ans grâce à Bert Squires. Comment l’avez-vous rencontré ?
Mes parents ont dû déménager à Terre-Neuve pour le travail. J’habitais à Calgary pendant l’année et mes étés, je les passais à Terre-Neuve afin d’économiser pour l’Université. Je travaillais là-bas. J’essayais aussi de trouver une place pour m’entrainer, juste pour ma santé. En fin de compte, il n’y avait aucune place dans le village, mais des Terre-Neuviens m’ont dit : « Y’a quelqu’un qui est allé aux Olympiques pour l’haltéro, peut-être qu’il pourrait t’inviter ». Bert Squires m’a contactée : « Si tu veux venir essayer l’haltérophilie, je pourrais te montrer ça ». Il y avait un petit groupe, comme un petit club d’haltérophilie, dans un sous-sol. C’était très informel, mais j’ai vraiment aimé ça.

Vous n’aviez jamais fait d’haltérophilie avant ?
Non. Mais j’ai fait du patinage artistique pendant 14 ans, puis trois ans de patinage de vitesse.

Cela n’a pas été trop dur de passer du patinage à l’haltérophilie ?
J’étais déjà athlète, ce qui m’a aidée à transférer ma condition physique et mentale. En patinage, je m’entrainais déjà deux fois par jour. Et quand on fait des sauts, c’est basé sur l’exécution d’un mouvement de une ou deux secondes, donc la technique exigée est très rapide. Il faut coordonner les muscles au bon moment et ça prend aussi beaucoup de puissance dans les jambes, juste comme l’haltéro. Quand on lève la charge, c’est principalement avec les hanches et les jambes. D’une certaine manière, les deux sports sont assez similaires.

Les haltérophiles sont beaucoup plus subventionnés au Québec. Cela ne vous a pas donné envie d’y faire carrière ?
Au Québec, pour ce qui est de mon niveau, ils donnent 10 000 $ d’extras, ça fait quand même une grosse différence. Mais maintenant, je reçois des subventions du gouvernement fédéral, 1500 dollars par mois. Je ne reçois pas d’argent du gouvernement provincial (du Manitoba, NDLR), mais on a jusqu’à 1000 dollars d’assurances pour les massages, la physiothérapie, chiro et tout. Un peu plus de support m’aiderait, bien sûr, pour chercher plus de performances comme les meilleures du Québec. J’y suis déjà allée pour deux ans, mais le club où je m’entrainais a fermé. Je n’avais plus de place et mon fiancé avait un bon emploi au Manitoba donc… Je voulais quand même dire qu’il y a quelques années, la Fondation franco-albertaine m’avait donné une bourse, la bourse Colette-Leblanc. À une époque où je recevais zéro en provincial et en fédéral, ça a vraiment fait une différence pour que je puisse continuer mon rêve.

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