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Antoine Boussombo : transmettre sa passion

À la suite de l’assemblée annuelle de la Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA), le 5 février dernier, Antoine Boussombo a offert une conférence pour parler de son expérience olympique.

La majorité des gens qui connaissent Antoine Boussombo voit en lui le professeur à l’école Alexandre-Taché de Saint-Albert, l’entraineur aux Jeux francophones de l’Alberta ou encore l’entraineur aux Jeux de la francophonie canadienne. Pourtant, Antoine Boussombo a déjà représenté son pays, le Gabon, à deux reprises aux Jeux olympiques d’été.


« Lorsque j’étais jeune, comme tout jeune Africain, je jouais au soccer. Les sports individuels comme l’athlétisme, j’aimais moins cela et je n’avais aucune ambition à ce niveau », présente le conférencier.

C’est alors qu’il est au secondaire qu’il croise, sans le savoir, l’entraineur de l’équipe nationale en athlétisme. « Il m’a vu courir au soccer et il a décelé quelque chose en moi. Il m’a invité à un entrainement le lendemain. Je m’y suis présenté. C’est à ce moment qu’il m’a jumelé à un autre coureur en me disant que si je le battais, je ferais partie de l’équipe nationale », se remémore Antoine Boussombo.

Les deux athlètes ont terminé cette course à égalité, donnant ainsi au jeune Boussombo la chance de faire partie de cette équipe. « Je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais », avoue-t-il.

Cela le conduit, au milieu des années 90, aux Jeux d’Afrique qui se tenaient au Caire en Égypte. « C’était immense, lorsque tu entres dans le stade, et il y a une énorme foule. J’en avais des frissons. Tu as le sentiment que c’est plus grand que toi », affirme M. Boussombo.

Ce dernier fait sa course de 200 mètres. Il est aussi réserviste pour le relais 4 x 400 mètres. Lorsqu’un des athlètes se blesse, il se voit forcé d’y participer. « J’ai dit au coach que je ne savais pas quoi faire. Il m’a répondu : “Tu prends le bâton et tu cours” », rigole l’athlète.

Habitué à la distance de 200 mètres, c’est en douleur à partir de la mi-course qu’il franchira le fil d’arrivée. « J’ai pensé abandonner, mais je ne pouvais pas agir de la sorte. Après la compétition, c’est là que j’ai décidé de poursuivre en athlétisme », souligne Antoine Boussombo.
 
Cette décision l’amènera à participer aux championnats du monde d’athlétisme en 1995, 1997 et 1999, aux Jeux de la Francophonie de 1997 où il a remporté deux médailles d’argent, ainsi qu’à deux Jeux olympiques, ceux d’Atlanta en 1996 et de Sydney en 2000.

Antoine Boussombo se rappelle comme si c’était hier de ses premiers Jeux olympiques.
« C’était fou. Tu te sens perdu tellement c’est gros. En plus, je n’ai pas eu de chance, car dans ma vague de qualifications, j’affrontais la grande vedette à l’époque, Michael Johnson. Lui, il était dans le couloir 6 et le mien était le 5. (…) Lorsque tu vis une telle expérience, c’est comme une drogue. Dès la fin de la course, je savais que je voulais être des prochains Jeux olympiques », avance-t-il.

C’est alors qu’il décide de devenir athlète professionnel. « C’est à ce moment que tu réalises tout le sacrifice que cela demande. Tu abandonnes ta famille et tes amis pour t’accrocher à cela. J’ai été appelé à déménager au Sénégal. En devenant athlète professionnel, tu cours pour être payé. Cela est un grand stress, car tu veux éviter les blessures », affirme-t-il.

C’est aux Jeux olympiques de 2000 qu’il entre dans l’Histoire en obtenant deux records du Gabon, aux 100 mètres et 200 mètres, qui tiennent toujours aujourd’hui. « Je ne regrette pas les décisions que j’ai prises. Le seul regret que j’ai, c’est de ne pas avoir commencé plus jeune. Je pense que cela m’aurait aidé. À Atlanta, j’avais déjà 23 ans, ce qui est considéré comme un âge avancé en course », soutient-il.

Pourquoi estime-t-il que commencer plus jeune l’aurait aidé? « Je ne pense pas que l’on nait olympien. Il faut que quelqu’un détecte ton potentiel et il faut ensuite le développer », croit Antoine Boussombo.

Aujourd’hui bien établi à Edmonton, Antoine Boussombo rêve d’entrainer un athlète qui se rendra aux Olympiques. « Il faut savoir identifier le talent. Tu ne peux pas prendre n’importe qui et en faire un athlète au potentiel olympique. Si tu prends n’importe quelle personne, dans la rue tu perds ton temps et tu perds celui de cette personne », note-t-il.

Ce dernier admet que les athlètes qu’il a sous son aile sont motivés par son parcours. « Ce n’est pas quelque chose que je leur dis, que je suis allé aux Jeux olympiques, mais avec Internet, ils trouvent l’information facilement. Cela devient une motivation supplémentaire pour eux », avance-t-il.

Antoine Bousombo avoue aimer entrainer les jeunes à tous les niveaux, que ce soit aux Jeux francophones de l’Alberta, aux Jeux de la francophonie canadienne ou au Capital City Track Club d’Edmonton. « Entrainer, c’est se mettre au service des autres afin qu’ils puissent accomplir leurs rêves, et ce, sans prétention personnelle. J’aide les autres, car pour moi, cela est naturel, je suis appelé à le faire », conclut-il.

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