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Les jeux francophones en région font de nombreux heureux

La 19e édition des Jeux francophones de l’Alberta à Saint-Paul se sont déroulés sans embuches du 17 au 19 mai 2013, grâce aux bénévoles de la région et d’ailleurs. 

 

« Les bénévoles ont fait un travail hors pair », lance la coordonnatrice des Jeux francophones de l’Alberta (JFA), Stéphanie Trottier. Même si l’armée de bénévoles a mis un peu de temps à se mettre en branle, une fois sur place, la Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA) a été impressionnée. « Surtout au niveau de l’alimentation, ajoute-t-elle. Quand les jeunes mangent bien et aiment ce qu’ils ont dans leur assiette, tout va bien! »

 

Katarina Rivard est venue de Calgary, avec la délégation de la zone 3. Elle avait déjà participé aux jeux comme athlète et, cette année, elle voulait donner un peu de son temps. Trop peut-être? Elle dit avoir « beaucoup de temps morts étant donné le nombre de bénévoles présents ». « C’est la première fois que j’ai un engagement des gens de partout en province », réitère Stéphanie Trottier. 

 

Engagement communautaire 

Faisant partie du mandat des JFA, la mission de redonner ou du moins d’échanger avec la communauté a été mise à exécution à plusieurs reprises lors de la fin de semaine. La cérémonie d’ouverture des jeux, animée par Casey Edmunds, comportait un volet communautaire musical et le BBQ précédant la cérémonie de clôture était organisé par la fondation Saint-Paul Community Family Benefit, à laquelle la FSFA a fait un don symbolique. 

 

Le succès des JFA repose aussi sur les épaules d’individus clés dans les communautés respectives aux zones colorées qui permettent d’organiser les équipes par région : les chefs de mission. Monique Lavallée, de l’école Alexandre-Taché, s’implique depuis 2000 comme accompagnatrice, puis au recrutement des jeunes dans sa zone (4). Elle a vu les jeux évoluer dans différentes directions. « Il y a eu une grosse descente à un moment et l’équipe (de la FSFA) travaille fort pour remonter, mais c’est difficile. »

 

Monique Lavallée a de l’énergie à revendre et un enthousiasme pour les jeux sans pareil. « Il ne s’agit pas de gagner ou de perdre, mais de créer des liens, pense-t-elle. L’activité brise-glace du vendredi a bien fonctionné, on voit la lumière commencer à s’allumer chez les plus timides et ensuite ils se saluent dans les couloirs et s’expriment en français. »

 

Elle trouve cependant que le fait qu’il n’y ait pas de volet artistique ou de leadership comme par le passé « est un gros manque » pour les élèves qui ne sont pas intéressés par le sport. Elle pense suggérer notamment l’art dramatique comme discipline à intégrer aux jeux dans les années à venir. 

 

Chefs de mission

Guy Le Blanc a envoyé son enfant aux jeux l’année dernière. Ils étaient seulement trois de la zone orange, Calgary et les environs. Ayant lui-même participé aux Jeux du Québec dans sa jeunesse, il a décidé de prendre les choses en main cette année. Avec succès; il a réussi à recruter 23 athlètes. « Les directions d’école dans le sud ont peur de s’impliquer parce qu’elles pensent que si elles en font la promotion, elles seront obligées d’envoyer des enseignants comme accompagnateurs », avance-t-il. 

 

« C’est la première année d’un plan de trois ans », affirme Guy Le Blanc, qui compte faire des démarches auprès des écoles d’immersion pour amener plus d’athlètes dans toutes les disciplines. « Il suffit de rencontrer la bonne personne pour faire la promotion active dans son école », rajoute-t-il. 

 

Monique Lavallée, qui avait mis son mari et ses amis à l’ouvrage pour préparer une sauce à spaghetti pour toute sa zone vendredi soir, parle cuisine et de l’engagement des chefs de mission : « Si tu veux quelque chose de bon, ça prend du travail, c’est comme les jeux! Et ce sont les touches personnelles qui font la différence. »

 

Devenir compétitifs

Alain Mahé et James Bazan sont des anciens des JFA. À deux, ils ont presque vu toutes les éditions. Ils témoignent que ce sont ces compétitions, en français, qui les ont poussés à s’investir dans le sport à plus haut niveau. James Bazan, notamment, est devenu capitaine de son équipe de volleyball à l’Université de Moncton. 

Alain Mahé se souvient de ses débuts, où ceux qui participaient le faisaient surtout pour se retrouver « en gang année après année ». Aujourd’hui, Alain Mahé est enseignant de sport à l’école du Sommet à Saint-Paul. 

 

La directrice de l’école, Karen Chalmers-Beaulieu, souligne qu’accueillir les JFA correspondait parfaitement avec l’un des axes du plan triennal de l’école : miser sur le sport. « Nous voulions créer un engouement chez les jeunes pour le sport, avec les cliniques sportives que nous avions déjà mises en place avec la FSFA », dit-elle. 

 

Un des objectifs est aussi de créer un volet élite, pour que les élèves aient la possibilité de faire du sport de compétition en français. « C’est difficile pour nous d’avoir une équipe compétitive au niveau provincial avec seulement 60 élèves en tout, de la 7e à la 12e année. Mais en faisant un évènement comme ça à Saint-Paul, ça peut leur donner le gout », continue la directrice. 

 

Le directeur de Canadian Parents for French en Alberta, Michael Tryon, croit « qu’il n’y a pas beaucoup de markéting fait auprès des écoles d’immersions alors qu’ils sont près de 37 00 élèves en immersion française à travers la province ». Aller puiser dans cette ressource permettrait notamment de rehausser le niveau de compétitivité des athlètes, en vue du recrutement pour les Jeux de la francophonie canadienne (JFC) de 2014. 

 

Recrutement JFC

Le directeur de l’école Nouvelle Frontière à Grande Prairie, ville-hôte des JFA 2014, Alain Blais, faisait de l’observation-terrain toute la fin de semaine, pour reprendre fièrement et surement le flambeau. « C’est une superbe occasion pour nous guider l’année prochaine, était donné que cette édition est si bien organisée », estime-t-il.

M. Blais dit vouloir entamer prochainement des pourparlers avec la FSFA pour ajouter des aspects aux jeux francophones, comme un volet culturel et un volet académique, faisant ainsi écho aux souhaits de Monique Lavallée. Il compte élargir l’attrait des jeux et l’intérêt des jeunes, notamment en allant chercher tous les élèves qui parlent français, mêmes dans les écoles anglophones. 

 

Si le pari est gagné, le bassin d’athlètes sera peut-être assez important pour que le recrutement pour les jeux pancanadiens, fait au JFA à partir de l’année prochaine, soit assez compétitif pour maintenir le niveau actuel de l’Alberta au niveau canadien. « L’Alberta a augmenté son nombre de médailles aux JFC », explique Antoine Boussombo, ancien athlète olympique, entraineur de la zone 4 au JFA et recruteur pour les JFC. 

 

« À l’heure actuelle, si on focalise juste sur les JFA pour le recrutement des JFC, on n’aurait pas une sélection d’élite », maintient-il. 

 

Saint-Paul brille

Layne Sauvé, un athlète de Cold Lake, participe aux jeux depuis trois ans. Il est heureux de pouvoir participer à un évènement sportif de compétition à l’échelle provinciale. « Les JFA donne cette chance à plus de gens, parce que pour nous, dans les écoles francophones, c’est plus difficile de se qualifier pour le Jeux de l’Alberta. »

 

Il se réjouit aussi du fait que les jeux sont venus à Saint-Paul. « Sans le voyagement, ça permet aux jeunes de la région de voir ce que sont les JFA et je crois que ça les encouragera à participer aux jeux l’année prochaine. » C’est l’effet boule de neige, dont parlent beaucoup les organisateurs, et qui est démontré par la venue répétée de nombreux participants et bénévoles. « Quand j’ai commencé, on n’était pas plus que 10 », se rappelle le jeune joueur de soccer. 

 

Karen Chalmers-Beaulieu résume le ravissement général à Saint-Paul. : « Ça nous fait une belle jambe (sportive)! », conclut-elle.

 
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