Le sport et les études : un duo gagnant

 

Chaque semaine en Alberta, une centaine d’élèves francophones du primaire s’activent offrent à ses jeunes l’option de combiner le sport et les études, un duo dans un programme de sport-études. Trois écoles du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) qui a des bienfaits sur leur santé mais aussi sur leur concentration.


En 2008, il n’y avait que l’école Citadelle à Legal qui offrait un programme de sports en Alberta. Or, depuis les trois dernières années, deux nouveaux joueurs sont entrés dans la partie : l’école La Mission de Saint-Albert en 2012 et l’école Sainte-Jeanne-d’Arc d’Edmonton en 2014.

Ancien joueur et entraîneur adjoint avec les Voyageurs du Saguenay dans la Ligue baseball junior élite du Québec (LBJÉQ), Éric Larouche est le grand manitou derrière le programme de l’école La Mission. « Quand j’étais jeune, j’ai toujours eu quelqu’un pour me pousser dans le dos. Avant même que j’accroche mon gant et mes crampons, je me disais qu’un jour j’allais redonner à ma communauté. Je suis très fier de ce qu’on a accompli jusqu’à maintenant », a lancé Éric Larouche, qui enseigne le programme le plus complet de la province.  La Mission est la seule école qui embauche deux entraineurs contractuels chaque année, David Pelletier et Zakaria Hammam. L’un est médaillé d’or olympique de patinage artistique en 2002 et l’autre est un spécialiste du ballon rond.


Pour l’initiateur du projet à Edmonton, Luc Dostie, également enseignant de quatrième année, ce n’était qu’une question de temps avant qu’un programme ne se mette en branle dans son école. « Quand j’étais enfant, j’ai toujours voulu avoir un programme qui jumelait les études et le sport. Dès que j’ai eu l’opportunité de pouvoir lancer un tel programme, je n’ai pas hésité une seconde », a-t-il indiqué. Avant d’ouvrir officiellement un programme, les établissements doivent remplir une multitude de formulaires.

Les élèves des écoles La Mission, Citadelle et Sainte-Jeanne-d’Arc se réunissent deux fois par semaine – le matin pour la première, le midi pour la deuxième, l’après-midi pour la troisième – pour pratiquer dans leurs établissements respectifs de nombreux sports dont l’athlétisme, le tennis, le soccer, le golf et le hockey sur glace. Présentement, les jeunes pratiquent soit le baseball (La Mission) ou l’ultimate frisbee (Sainte-Jeanne-d ‘Arc). Le programme de Citadelle n’est offert que de novembre à mars.

Les bienfaits du sport

« Faire du sport pour un jeune, c’est important. Plus jeune il débutera l’activité physique, plus son corps le remerciera à l’âge adulte, explique Renée Levesques-Gauvreau, agente de projet à la Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA). Le sport permet également à l’enfant d’être plus réceptif [à recevoir de l’information] et son développement [intellectuel] se fait plus rapidement ».

Selon Éric Larouche, le sport permet aussi de transporter les différents apprentissages lors des heures de classe habituelle. « Nos élèves se rendent compte peu à peu que ce qu’ils apprennent lors du curling par exemple, ils peuvent transposer ça à l’école », par exemple pendant les examens.

L’inactivité physique coûte aux contribuables canadiens environ 6,8 milliards de dollars par année et représente 3,7 % des coûts de soins de santé annuellement, selon une étude du gouvernement fédéral publiée sur le site de ParticipACTION.

« J’avais un ancien collègue d’éducation physique au Québec, il me disait constamment : ‘‘Si tu n’as pas le temps pour faire du sport, tu devras en trouver pour des rendez-vous chez le médecin’’. C’est une phrase qui m’a marqué et il avait raison », se rappelle M. Dostie.

Délaisser la francophonie ?

Si des programmes de sport-études sont offerts au primaire, rien n’est pour le moment offert dans les écoles secondaires francophones de l’Alberta. Certains jeunes vont même jusqu’à délaisser l’éducation dans la langue de Molière pour pratiquer leur sport favori.

« C’est le problème principal des écoles secondaires francophones de l’Alberta. Chaque année, ils perdent des centaines d’élèves qui décident de poursuivre vers un sport-études anglophone, notamment », raconte M. Larouche.

Une donnée qui ne devrait pas aller en s’améliorant, puisqu’aucun programme au secondaire n’est dans la mire du CSCN dans la région d’Edmonton.

 

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