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Services en français à Beaumont : les parents répondent à l’appel!

Une garderie, une prématernelle et une école francophone pourraient voir le jour dès septembre 2014, tandis qu’un groupe de jeux commencera dès le 25 janvier.

Près de 60 personnes se sont entassées dans la petite salle de rencontre du Beaumont Aqua-Fit Centre, le 13 janvier dernier, pour découvrir des services qui pourraient voir le jour dans un avenir rapproché dans la ville bilingue et pour créer une Société de parents pour l’éducation française (SPEF).


C’est le Centre communautaire de Beaumont Community Centre (CCBCC) qui est derrière ce projet, puisque l’organisme, fondé en 2009, sera responsable de la gestion du nouveau centre communautaire qui ouvrira ses portes en septembre 2015.

« Notre objectif a toujours été d’ouvrir une garderie dans le nouveau centre. Déjà, dans le sous-sol, 6500 pieds carrés ont été réservés pour une future garderie qui accueillerait une soixantaine de jeunes », a présenté Gérard Goudreau qui prenait la parole au nom du CCBCC.

Adrien Bussière, également membre du CCBCC, a ajouté que les parents devaient s’impliquer. « L’organisme n’est pas intéressé à opérer la garderie. Le CCBCC a une fonction et c’est de gérer le centre. Cependant, nous trouvons important qu’on y retrouve une garderie. »

Grâce à un appui financier de la province, le CCBCC a pu embaucher une coordonnatrice pour mener ce projet à terme. « Les démarches vont bien et l’ouverture des espaces se fera en septembre 2015. Toutefois, notre but est de trouver des locaux temporaires qui nous permettraient de démarrer la garderie en septembre 2014. Ensuite, nous déménagerons lorsque le centre sera complé-té », a soutenu la coordonnatrice Émilie Mc Donald-Légère.

Outre la garderie, d’autres besoins ont été identifiés, tels que la création d’un groupe de jeux, d’une prématernelle et d’une école francophone. Le CCBCC a donc sollicité la Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA)  et le Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) afin de réaliser le projet de mettre en place une SPEF à Beaumont.

« Pour tous ces services, ce qu’il y a en commun, c’est qu’ils sont gérés par des comités de parents. Nous sommes là pour vous appuyer et vous aider, mais c’est à vous de vous impliquer. Nous ne pouvons pas le réaliser pour vous », a lancé la directrice générale de a FPFA, Mireille Péloquin.

Une école dès septembre?
Le directeur général du CSCN, Henri Lemire, n’écarte pas la possibilité de voir une école francophone de la prématernelle à la 6e année s’ouvrir à Beaumont dès la prochaine rentrée scolaire, soit en septembre 2014. « La prématernelle serait gérée par les parents, comme ailleurs dans le conseil, mais elle ferait partie de l’école. Du côté de la maternelle, il ne faut pas oublier que chez nous, elle est à temps plein », fait remarquer M. Lemire.

Puisque l’Académie Saint-André, du St. Thomas Aquinas Roman Catholic Schools, doit emménager dans de nouveaux locaux en septembre prochain, les édifices actuels pourraient être disponibles. « Ce n’est pas une nouvelle école, il n’y a pas de gymnase, mais comme école de démarrage, une école temporaire, cela pourrait être un point de départ », prévient Henri Lemire. « Cela nous permettrait même d’accueillir la garderie lors de sa première année, soit jusqu’à ce que le centre communautaire soit complété », avance-t-il.

Obtenir un nouvel édifice deviendrait ensuite une priorité du CSCN. « Des fois, cela prend un certain temps. À Red Deer, il a fallu attendre 16 ans avant d’avoir un nouvel édifice et à Jasper, 11 ans. Mais, à Saint-Albert, l’école a vu le jour en 2009 et la confirmation d’un nouvel édifice a été annoncée dans la dernière année », présente M. Lemire.

Ce dernier est catégorique : « Plus il y a d’élèves et plus le lobbying est fort. Et ici, le potentiel est très grand avec tout le comté de Leduc. Nous pourrions même desservir Camrose et Millet », soutient-il.

Il ajoute que pour Beaumont, il n’y a pas de plan B. « L’Académie Saint-André sera libre pour septembre 2014. C’est une possibilité et on n’en voit pas d’autres », a-t-il lancé.

Selon Henri Lemire, un autre élément doit être pris en considération. « Un facteur contentieux que je peux voir est au niveau des parents qui ont présentement des enfants à l’école Sainte-Jeanne d’Arc (SJA). Il y a un attachement à l’école et s’il y a des objections à une école francophone à Beaumont, c’est à ce niveau-là qu’il pourrait y en avoir », informe-t-il.

Le conseil devrait dans un premier temps déterminer la zone de fréquentation. « Peut-être que le CSCN déciderait que les élèves de la 4e à la 6e année ne seraient pas forcés de fréquenter l’école à Beaumont, afin de leur permettre de terminer leur primaire à SJA. C’est quelque chose qu’il faudra regarder. Ensuite, ce sera du cas par cas où un comité décide s’il accorde ou non une dérogation », affirme M. Lemire. « Par contre, on ne pourrait pas refuser un élève du primaire de Beaumont dans une de nos écoles à Edmonton
si le parent décidait de le conduire lui-même », nuance-t-il.

Pour ce qui est du secondaire, aux dires du directeur général, il faudrait quelques années avant de voir tous les niveaux être offerts à Beaumont.

Le CSCN verrait d’un bon œil une école à Beaumont. « Sherwood Park et Beaumont avaient été ciblés par les conseillers, car le gouvernement tend à privilégier des sites qui seraient à l’extérieur des villes comme Edmonton et Calgary. Pour nous, l’avantage serait grand, car SJA compte présentement 450 élèves et cela nous permettrait d’enlever une certaine pression de ce côté », mentionne-t-il.

Par ailleurs, Henri Lemire s’est dit impressionné par les 60 personnes réunies pour la rencontre, alors que les organisateurs estimaient en accueillir une vingtaine. « C’est un début, un excellent début même. Par contre, si au terme de la soirée, il n’y a pas de société de parents de formée, il serait très difficile d’avancer », a-t-il conclu.

Les trois organismes responsables de la session d’information espéraient recueillir le nom de trois personnes pour siéger sur la SPEF de Beaumont. Ce sont finalement 14 parents qui ont manifesté un intérêt, soit Pierre-Alexandre Dion, Marcelle Milolo, Bianca Guénette, Stéphanie Therrien-Messier, Alain Bertrand, Sybille Simard, Mélanie Ringuette, Geneviève L’Heureux, Brigitte Zapisocky, Chantal Dubé-Ménard, Erica Dion, Véronique L’Heureux, Colette Weidl et Martine Landry.

« Quatorze noms, cela dépasse mes attentes. Cependant, j’ai déjà vu des soirées comme celle de ce soir où l’intérêt était grand, mais lorsque nous avons tenu la première rencontre, seulement trois personnes se sont présentées », a lancé Mireille Péloquin, convaincue toutefois que l’histoire ne se répètera pas.

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