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Accès aux services de santé en français chez les ainés

L’accès aux services de santé en français chez les ainés est un sujet qui a réussi à mobiliser la communauté francophone au cours de l’hiver 2012, et c’est avec grand intérêt que les participants de l’atelier présenté au Rond Point sont venus prendre des nouvelles sur l’avancement du dossier.
 

Claudette Proulx de Bonnyville, l’une des participantes, s’est intéressée à l’atelier à cause d’un vécu personnel. Elle a vu sa mère, qui réside au foyer pour ainés Bonny Lodge à Bonnyville, avoir du mal à répondre un questionnaire en anglais qui évaluait son état de santé. « Ma mère n’avait pas bien compris les questions », déplore Mme Proulx, qui est convaincue que son cas est loin d’être unique. « Ma mère n’est pas la seule. Il y a beaucoup de gens qui parlent français dans ce foyer. »


Dans sa présentation, le directeur général du Réseau santé albertain (RSA), Luc Therrien, a dressé le bilan du travail du comité de coordination, formé en janvier 2012 pour faire avancer le dossier. La Fédération des ainés franco-albertains (FAFA), l’ACFA, le Centre de santé Saint-Thomas (CSST) et le Secrétariat francophone du gouvernement de l’Alberta (à titre d’observateur) viennent compléter le comité qui prévoit, d’ailleurs, agrandir son équipe dans les prochains mois.

À la suite d’une séance d’orientation stratégique tenue à la fin septembre, M. Therrien affirme que le comité est bien placé pour poursuivre son travail. « Notre assiette est pleine et nous sommes sur le point de transformer tout cela en plan stratégique pour les cinq prochaines années, de 2013 à 2018 », indique-t-il.

À partir de l’analyse de données d’études menées aux niveaux provincial et national, ainsi que des entrevues avec des personnes du milieu de la santé, le comité a identifié quatre orientations stratégiques : les soins de première ligne, la sensibilisation du personnel de santé à l’importance des compétences linguistique et culturelle, les services de prévention et de promotion de la santé et les ressources humaines.

Le comité propose une liste d’actions et de résultats souhaitables pour chacun de ces secteurs, par exemple, offrir des cours d’autogestion en français pour ceux qui souffrent de maladies chroniques, tel le diabète. Ou encore, l’embauche d’ambassadeurs linguistiques et culturels. « Il est très important d’aider les gens à rester chez eux plus longtemps », fait remarquer Luc Therrien.
 
Une statistique, entre autres, a fait sourciller les participants à l’atelier : parmi les 132 lits disponibles au Centre de santé Saint-Thomas, seulement 17 lits sont présentement occupés par des francophones.

Bien qu’il reconnaisse que le comité aimerait voir un plus grand nombre d’ainés francophones admis au CSST, M. Therrien explique qu’il faut tenir compte de plusieurs facteurs.

« Les ainés sont situés un peu partout dans la province. Il faut les atteindre pour qu’ils sachent (que le CSST existe). En plus, Alberta Health Services (AHS) nous impose de prendre la première personne sur la liste d’attente, qu’elle soit francophone ou non. Il est réaliste de penser qu’il n’y a peut-être pas assez de francophones pour remplirces lits et qu’atteindre un taux de 50 ou 60 % de francophones sera notre maximum. »

Se tournant vers l’avenir, le directeur général du RSA identifie deux défis de taille : la question de financement et le manque de sensibilisation à tous les niveaux dans le système de santé.
« Nous attendons le renouvèlement de la feuille de route pour connaitre notre financement pour les prochains cinq ans », soutient M. Therrien, ajoutant que le Réseau dépend entièrement de ce financement pour mener ses activités.

Selon ce dernier, le manque d’ouverture face aux idées avancées par le comité constitue aussi un défi. « Il y a une résistance et un manque de sensibilisation des gens qui œuvrent dans le système de santé, lance Luc Therrien. Il faut encore les sensibiliser au fait que le français est une des langues officielles du pays. Il faut quasiment y aller une personne à la fois. »

De son côté, la présidente de la FAFA, Simone Demers, se dit très satisfaite du travail accompli par le comité de coordination au cours de la dernière année. « C’est extraordinaire ce qu’ils ont fait, et aussi de voir que toute la communauté s’implique, se réjouit-elle. Il y a beaucoup de chemin à faire, mais, si on est conscient de ce qu’il faut faire au niveau linguistique et culturel, on va continuer à progresser. »

Pour sa part, Claudette Proulx se dit consciente qu’il y a beaucoup de travail à faire avant de voir des résultats concrets pour sa mère, qui vit la réalité anglophone dans un foyer. « Ça vient de loin, mais je crois qu’éventuellement, on va arriver à avoir davantage de services en français. Si ce n’est que d’avoir une personne (qui parle le français) de disponible quand le besoin se présente », espère-t-elle.
 

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