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Santé en français : prendre exemple sur le Nord de l’Alberta

« Beaucoup d’infirmières et de médecins sont bilingues, il y a toujours eu du français dans la région », assure la coordonnatrice de services en français à Alberta Health Services (AHS) pour le Nord-Ouest albertain, Rachelle Bérubé.

Son poste a été créé il y a une quinzaine d’années, à la suite d’une étude menée par l’Association canadienne-française de l’Alberta régionale de Rivière-la-Paix, dont les résultats justifiaient le besoin d’assurer des services de santé en français dans la région.


« À travers les années, les professionnels de la santé francophones se faisaient de plus en plus rares et cela créait des barrières linguistiques », témoigne Mme Bérubé.

Aujourd’hui, elle et une collègue à temps partiel, basée à Grande Prairie, accompagnent les patients à travers le système, souvent à titre de traductrices, et assurent les suivis nécessaires auprès de ces derniers. Elles tiennent également un répertoire du personnel médical francophone de la région.

Mme Bérubé se dit privilégiée pour ce poste puisqu’elle provient elle-même de la communauté. « Cela brise l’isolement des patients », avance-t-elle.

Les fonds pour soutenir cette initiative provenaient, jusqu’à tout récemment, du gouvernement de l’Alberta par l’entremise du Secrétariat francophone. AHS a pris la relève de cette responsabilité en avril 2011.

« Les besoins dépendent des chiffres à travers la province. Les données démontrent l’utilisation d’autres langues ailleurs en province. Ici, on s’assure de développer le français », explique la coordonnatrice.

Adapter et traduire, un pas de plus
Rachelle Bérubé travaille avec les programmes qui existent déjà et les adaptent à la communauté francophone de la région. Beaucoup d’information en ce qui a trait à la prévention et la prise en charge de la santé par les individus est disponible dans la langue de Molière et diffusée à travers la province dans les écoles et par l’entremise d’Internet.

Elle travaille présentement sur des ateliers d’autogestion des maladies chroniques comme le diabète, l’asthme, l’hypertension et l’obésité. « On travaille beaucoup sur les dossiers de la prévention et la promotion de la santé, à tous les stades. Ça commence dès l’accompagnement à la naissance », affirme la coordinatrice.

Un dossier qu’elle aura mis de l’avant est la possibilité d’obtenir des services en français au service téléphonique HealthLink.

« C’est plaisant de voir les développements à travers les années. Avant, il fallait toujours mentionner à AHS d’ajouter une version en français. Aujourd’hui, ils le font systématiquement », se réjouit Rachelle Bérubé.

Grosse machine
Elle admet toutefois qu’AHS est un grand système et que, bien qu’il soit possible d’obtenir des services en français dans les centres de santé de la région de Rivière-la-Paix, il n’y a pas de statut politique francophone associé à ces centres.


L’examen que doivent subir les professionnels de la santé afin de faire reconnaitre leurs compétences et avoir le droit de pratiquer en Alberta n’est disponible qu’en anglais. Une situation qui est dénoncée par Nathalie Duchaine, technicienne en soins infirmiers depuis 20 ans au Québec, mais dont les compétences ne sont pas reconnues depuis son arrivée à Edmonton.

Sa maitrise de l’anglais n’étant pas assez performante, elle ne peut passer l’examen de l’Ordre des infirmières. « Je comprends pourquoi, dans ce domaine, il peut y avoir des ordres verbaux, qui peuvent être donnés par téléphone, et qui parfois sont donnés rapidement, et les dossiers sont d’ordres juridiques. Je ne veux pas nécessairement travailler aux urgences, mais il y a des besoins auprès des francophones que je peux remplir », déplore l’ancienne infirmière.

Mme Duchaine tente de parfaire son anglais avec les différentes ressources qui lui sont offertes dans la communauté.

Selon Rachelle Bérubé, il est possible d’offrir de l’accompagnement auprès des professionnels qui désirent subir l’examen en anglais, mais qu’il s’agit en fin de compte, d’une décision politique.

 

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