Le paludisme étudié au Campus Saint-Jean

Le paludisme ne frappe pas seulement les populations des pays tropicaux. Un millier de cas sont déclarés au Canada, dont une cinquantaine en Alberta. Les voyageurs, les immigrants et les réfugiés sont parmi les populations les plus concernées. Véritable enjeu de santé publique, le problème est étudié au Campus Saint-Jean par les professeurs-chercheurs Sedami Gnidehou, Srilata Ravi et Michael Hawkes qui entendent évaluer les attitudes et pratiques face à la maladie chez les immigrants africains francophones qui sont particulièrement à risque.

Sedami Gnidehou

Fièvre, frissons, fatigue, courbatures… Les symptômes du paludisme sont nombreux et mortels. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 3 milliards de personnes dans le monde y sont exposées et 445 000 en meurent chaque année, en faisant la maladie parasitaire la plus meurtrière au monde. Et le Canada n’est pas à l’abri : 500 nouveaux cas de paludisme sont déclarés chaque année, dont une cinquantaine en Alberta.

Le projet d’étude de la professeure-chercheure adjointe en biologie Sedami Gnidehou vise à aider les responsables de santé à identifier les éléments qui influencent la gestion du paludisme au sein de la communauté africaine francophone à Edmonton.

Regions du monde ou le paludisme est endemiqueQui est concerné ?

Les régions propices à la prolifération du paludisme, ou malaria, incluent l’Afrique subsaharienne, l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est. Il s’agit d’une maladie causée par un moustique femelle infecté par un parasite. Le moustique Anopheles gambiae est le plus connu en raison de son rôle prédominant dans la transmission du parasite le plus dangereux chez l’homme, le Plasmodium falciparum, qui circule surtout en Afrique. Aucun vaccin n’a été trouvé à ce jour.

Aussi, trois groupes sont particulièrement affectés : les Canadiens qui voyagent dans ces pays tropicaux, les réfugiés qui proviennent de pays où la maladie sévit ou qui ont été en transit dans l’un de ces pays, et les immigrants en provenance de ces régions endémiques. Selon des études réalisées en Ontario et au Québec, 65 % des personnes positives au Canada viennent d’Afrique subsaharienne.

Le cycle de transmission du paludismeUn enjeu de santé publique

Qu’on se rassure, la maladie n’est pas contagieuse. « Il n’y a aucun risque de contaminer les gens », souligne Sedami Gnidehou. En revanche, le paludisme reste une maladie mortelle pour ceux qui sont porteurs du parasite et pour qui le diagnostic n’est pas fait assez rapidement. « Dans les 5 dernières années, la population africaine provenant de régions endémiques pour le paludisme a augmenté à Edmonton et Calgary », observe la professeure. Parmi les pays d’origine concernés : le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Burundi, le Mali, le Niger, la Guinée et le Sénégal.

L’objectif de l’étude est non seulement d’évaluer les pratiques et les attitudes des populations touchées, mais aussi de voir l’influence de la langue et de la culture dans la prise en charge de la maladie. « Au Québec, on a démontré que les immigrants africains sont à risque parce que la population ne se soigne pas bien. Avant de faire un voyage dans une région à risque, ils ne consultent pas un professionnel de santé ni ne prennent de médicaments, car ils préfèrent utiliser leur médecine traditionnelle. Ou bien ils disent connaître la maladie et ne s’en soucient pas. Enfin, il y aurait parfois une indisponibilité du personnel médical », rapporte la chercheuse du Campus Saint-Jean.

Lancé le 1er septembre dernier, un sondage a été mis à la disposition de la population cible. En recueillant les témoignages de 384 personnes, l’équipe de recherche pourra analyser les résultats en début d’année prochaine. Des données préliminaires seront rendues publiques fin avril 2019. « Ces données vont nous permettre d’outiller la population, de guider les malades, et d’informer les décideurs des politiques de santé », relève Sedami Gnidehou.

L’étude se réalise en partenariat avec le docteur Denis Vincent à Edmonton, le Centre d’accueil et d’établissement et, évidemment, le Campus Saint-Jean.  Une centaine de réponses ont pour le moment été reçues.

Pour participer à l’étude, il faut avoir 18 ans ou plus, vivre à Edmonton ou dans sa périphérie, être un immigrant francophone originaire d’Afrique subsaharienne, ou avoir un parent répondant à cette description. Lien vers le sondage : https://ee.kobotoolbox.org/x/#whwn4S2U

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