ConnectAînés : briser l’isolement des aînés francophones

La Fédération des aînés franco-albertains (FAFA) est en plein développement d’un projet qui pourrait sortir les aînés de leur solitude. En partenariat avec l’organisme anglophone Seniors’ Centre Without Walls (SCWW), un service d’appel téléphonique en français permettrait d’organiser des discussions de groupe, brisant ainsi l’isolement social.

Un groupe daines devant le Campus Saint Jean pour le programme le Plaisir dapprendre de la FAFA

Le service téléphonique est très important pour Alizé Cook, directrice générale de la FAFA, qui constate que l’isolement social touche durement les aînés francophones. « Beaucoup d’entre eux vivent en région éloignée et l’exode rural n’arrange pas les choses. Ceux qui ont des maladies comme l’Alzheimer perdent leur seconde langue et ne parlent plus que français. D’autres se retrouvent seuls après la mort de leur conjoint. Un aîné peut se retrouver très vite isolé dans sa langue maternelle », avertit la jeune responsable.

D’ailleurs, un rapport publié en 2017 du Conseil national des aînés estime que 16% des aînés canadiens subissent un isolement social. Les plus exposés seraient ceux vivant en milieu rural, les aînés immigrants, et les aînés de langue officielle minoritaire. « Il faut casser le cercle vicieux, lance Alizé Cook. Un contact téléphonique, on pourrait penser que ce n’est pas grand-chose mais c’est très important ». Surtout lorsqu’on sait qu’il n’y a aucun centre communautaire pour les aînés francophones en Alberta.

L’union fait la force

L’idée a germé il y a environ un an lorsque la présidente de la FAFA, Linda Groth, a lu un article dans un journal local au sujet de l’organisme Seniors’ Centre Without Wall (SCWW). Cette association offre un service de conversations téléphoniques aux aînés anglophones, leur permettant de sociabiliser et de briser l’isolement. Plusieurs aînés appellent ainsi à une heure préétablie pour discuter de sujets qui les concernent, le tout coordonné par un modérateur bénévole.

« L’idée est d’étendre ce service aux francophones, afin de rejoindre les aînés qui sont isolés, qui pour certains ne sortent plus de chez eux, pour qui aller dans un centre d’aînés est toute une aventure », explique la directrice. La FAFA souhaite ainsi s’associer à SCWW. « La rencontre a été extraordinaire. On s’est rendu compte qu’on recherchait les mêmes choses. Et ils voulaient déjà offrir ce service en français », rapporte-t-elle.

Appel aux ressources

Si le projet en est encore au stade embryonnaire, la FAFA est déjà à la recherche de deux bénévoles pour animer des sessions d’essai en français. « Ça prend des gens qui ont des qualités très particulières d’écoute et d’empathie, qui ont de l’énergie et de la diplomatie, précise la responsable. On encourage plutôt des aînés à postuler, qui comprennent bien les enjeux et la réalité des appelants ». À raison de quelques heures par mois, ces bénévoles seront d’une grande aide. « Travailler pour les aînés, c’est travailler pour soi : on sera tous des aînés un jour ou l’autre », rappelle Alizé Cook.

La FAFA est aussi à la recherche de financements. « À terme, l’idée est que nous servions seulement de rampe de lancement au service en français et qu’il soit assuré par SCWW sans qu’on n’ait plus rien à faire », indique Alizé Cook. C’est naturellement que l’organisme s’est tourné vers le Secrétariat francophone, « le partenaire le plus logique ». D’autres financements pourraient être envisagés, comme le programme fédéral Nouveaux Horizons pour les aînés.

Les sessions d’essai seront effectuées d’ici à la fin de l’automne, et le programme pourrait voir le jour en 2019.

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