Les interprètes en milieu médical

Le programme « Navigateur en santé » de CANAVUA/Calgary a organisé le 12 juin dernier un premier atelier-formation pour tous les bénévoles, intitulé Droits, limites et responsabilités de l'interprète. Cet atelier a été un bon moyen de faire le point sur les limites du rôle de l’interprète au sein du corps médical. Retour sur cette rencontre.  

 

C’est avec un grand intérêt qu’une dizaine de bénévoles ont répondu présent à l’atelier donné par Michèle Katuku N, coordinatrice du programme Navigateur en santé, et cela, en collaboration avec Sylvie Lebihan, « diversity liaison public health » de Alberta Health Services (AHS). Mettre l’accent sur leur formation, c’est important : « On veut avoir plus d’outils afin d’avoir quelque chose de plus professionnel et pas d’aventuriste », souligne Michèle Katuku.

 

 

 

Le but du CANAVUA, est de promouvoir le bénévolat au sein de la communauté francophone. Le programme Navigateur en santé permet donc l'accompagnement et l'interprétation dans les structures médicales des populations dites vulnérables (personnes âgées, femmes enceintes, familles à faible revenu…). En plus de ces ateliers, il est possible de suivre un cours de Medical Terminology ou Terminologie médicale en français.

 

Le CANAVUA apporte donc sa pierre à l’édifice dans une francophonie où le champ linguistique du médical reste majoritairement en anglais. Si l’ouverture récente de la Clinique francophone de Calgary a été chaudement accueillie par la communauté francophone, l’interprète apporte un rôle de relais utile et complémentaire dans le milieu hospitalier. Cette formation a donc donné un temps de réflexion, afin de s’interroger sur les droits, les limites et les responsabilités de l’interprète.

 

La pertinence des ateliers ; droits, limites et responsabilités

 

L’analyse de la pratique de l’interprète passe d’abord par une bonne connaissance des droits du patient. Par exemple, le patient doit connaître au préalable son état de santé; il serait autrement difficile de rester neutre durant la traduction si le patient était resté dans l’ignorance. « L’interprète n’est qu’une voix, une bouche il faut que le message soit retranscrit le plus fidèlement possible, même dans l’intonation de la voix », et parfois allant même jusqu’à retranscrire les propos grossiers au médecin. Et comme l’explique Mme Katuku, « il faut que le patient soit responsable de sa situation ». Car après viennent les questions d’ordre pratique, comme « où as-tu mal ?».

Le second point important est de connaître ses propres limites. En effet, en tant qu’interprète, il n’est pas toujours évident d’annoncer une mauvaise nouvelle. Et cela peut aussi se retranscrire dans le son de sa voix. Il y a donc les limites que l’on a et celles que l’on doit mettre dans les rapports avec le patient également : « Il ne faut pas devenir trop proche, ni se familiariser avec le patient », explique la coordinatrice de CANAVUA, sinon on ne devient plus un bon aidant.

 

Enfin, si le médecin se doit de respecter son serment d’Hypocrate, l’interprète se doit de respecter une certaine clause de confidentialité. Les critères de recrutement sont donc simples, mais incontournables : être une personne intègre, parler français-anglais et parfois même l’espagnol, posséder un véhicule assuré et enfin remplir le formulaire afin d’effectuer la vérification du casier judiciaire. C’est par l’intermédiaire de différents organismes francophones comme Connexion carrière, l’ACFA Calgary, le PIA, le Calgary Catholic Immigrant service et le Madigan Pharmacy (seule pharmacie francophone qui livre à domicile les médicaments) que l’information est reléguée.      Une sélection se fait, suivie alors d’un entretien professionnel.  

 

Cet atelier a duré près de 2 h 15. La branche de Calgary a commencé en janvier dernier avec plus de 20 bénévoles. « On a senti qu’il y avait un réel besoin à Calgary », explique Michèle Katuku N. Aujourd’hui, la Clinique francophone permet de diriger les patients vers un centre médical où on parle français. Cependant, on a toujours besoin de bénévoles pour les cliniques spécialisées. Le bénévolat fait partie de la culture canadienne et c’est cet engouement qui permet de faire fonctionner le réseau francophone en milieu médical.

 

 
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