La clinique francophone de Calgary ouvre ses portes

La clinique francophone de Calgary a enfin ouvert le 1er mai dernier. C’est un travail de longue haleine, réalisé conjointement par l’équipe de l’ACFA régionale et du Comité Santé qui a permis à ce projet d’aboutir. Cet évènement a rassemblé une cinquantaine de personnes dont plusieurs chefs de file dans la communauté francophone de l’Alberta.

Les efforts ont porté leurs fruits ! Dorénavant, un pôle francophone de la santé dans le quartier de Bridgeland permettra d’accueillir toute personne ayant besoin d’une aide médicale ou psychologique en français. Le but de la clinique est d’assurer des soins médicaux et une aide sociale mais aussi de rediriger au besoin les personnes vers des services francophones plus spécialisés. L’arrivée de cette clinique marque une avancée supplémentaire dans la prestation de services médicaux francophones de la province. Aux dires de l’honorable Claudette Tardif, sénatrice de l’Alberta, « c’est très impressionnant. Ça fait 15 ans que les services de santé en français se développent dans le pays, là où les francophones sont minoritaires. Il était temps que Calgary fasse partie de l’équation ! »


Nicole Buret, présidente de l’ACFA régionale de Calgary, explique que les choses ont fait boule de neige depuis le 1er mars 2014. C’est à la suite d’un exercice de planification stratégique que l’obtention de financement s’est débloquée, provenant de trois sources, soit Santé Canada, le Secrétariat francophone de l’Alberta, et le Community Inititatives Program du gouvernement provincial. Mme Buret n’a pas manqué de rappeler qu’un très grand nombre de personnes et d’organismes ont mis la main à la pâte dans cette réussite, en énumérant pas moins d’une cinquantaine de noms. M. Esdras Ngenzi, directeur général de l’ACFA régionale de Calgary, reste encore ébahi par cette nouvelle : « Le fait que ce dossier ait avancé si rapidement au cours des derniers mois, c’est inespéré ! »

Une réponse à un besoin réel

Ce besoin est abondamment confirmé par les gens présents lors de cette cérémonie d’ouverture. Marc Tremblay, directeur général du Conseil de développement économique de l’Alberta, relate le fait  que « le CDÉA a déjà reçu des demandes pour des services de santé en français ».  Mamady Camara, directeur général du Centre d’accueil des nouveaux arrivants francophones (CANAF) « pense que cela répond aux besoins de la population francophone » et se dit « fier de pouvoir référer les nouveaux arrivants à la clinique ».

En effet, la barrière de la langue peut être un sérieux handicap et s’exprimer dans sa langue maternelle n’est pas du luxe. Suzanne de Courville-Nicol, présidente du Bureau de visibilité de Calgary l’explique : « C’est excellent ! C’est très, très important ! Il y a beaucoup de francophones qui ne sont pas à l’aise en anglais ». Michèle Katuku, coordinatrice du programme Navigateur en santé de l’organisme Volontaires unis dans l’action au Canada (CANAVUA) renchérit : « C’est préférable qu’on s’exprime dans la langue que l’on connaît le mieux ». Les principaux organismes francophones de Calgary sont unanimes à ce sujet.  Lila Kaidomar, directrice de l’Alliance française de Calgary, souligne le fait que « s’exprimer en français avec les professionnels de la santé permet du confort relationnel. La santé, ça touche à l’intimité. La santé en français, c’est essentiel ! »

Céline Bossé, diététiste-nutritionniste et représentante du Sud au conseil d’administration du Secrétariat provincial de l’ACFA, se souvient des premiers balbutiements d’un réseau santé francophone en 2004, et des efforts appréciables qui y ont été faits depuis. « C’est la réalisation d’un rêve que j’entretiens depuis que je suis à Calgary : une infrastructure forte. C’est une réussite pour notre francophonie, et puis ça ne fait que commencer ! »

Une équipe prête à recevoir ses premiers clients

La gestionnaire de la clinique, Susan Stratford, explique qu’à compter de ce 4 mai, quelque 68 rendez-vous d’introduction sont prévus avec l’infirmière praticienne, Marie Grisbrook, qui y travaille à raison de trois jours par semaine. L’on espère un engouement pour l’ensemble des services offerts à la clinique, et Nicole Buret souligne « qu’il est important que les francophones s’inscrivent vite pour que la clinique se remplisse ». Elle ajoute que les familles exogames sont les bienvenues, et qu’il existe une clientèle potentielle intéressante à Calgary avec une population de près de 34 000 francophones et de quelque 70 000 francophiles.

À ce stade-ci, l’équipe de la clinique inclue aussi Sophie Gentilini, psychologue, et Mme Mouna Filali, réceptionniste. Par la suite, la clinique entend accueillir des stagiaires tels que des médecins et des infirmières en formation, et l’on compte référer les clients à divers professionnels de la santé faisant partie du réseau francophone.

Le rôle de l’infirmière praticienne

Mme Marie Grisbrook, qui détient le titre de MNNP (Masters in Nursing Nurse Practitioner) avec une dizaine d’années d’expérience comme infirmière, favorise une approche holistique de la santé où chaque personne est considérée dans sa globalité. Lors des visites initiales, des rendez-vous d’une demi-heure sont fixés afin de favoriser une compréhension des multiples facteurs qui peuvent influencer l’état de santé d’une personne, tels que les aspects psychologiques, émotifs, familiaux, sociaux, économiques et le style de vie.

Bien que le but ultime soit la prévention des maladies, on s’occupe bien sûr des problèmes de santé lorsqu’il y en a. Par exemple, Mme Grisbrook est spécialisée en santé primaire, elle peut «  faire des examens de base en pédiatrie, donner un suivi aux femmes enceintes, faire des tests pour maladies sexuellement transmissibles et prescrire des médicaments. » Bien entendu, son rôle l’amène aussi à référer ses patients à des médecins lorsque cela est approprié. Elle affirme : « Je crois beaucoup à une approche interdisciplinaire. Et l’idée c’est de les référer à des spécialistes francophones autant que possible. »

Une clinique différente grâce à son volet communautaire       

La communauté apporte une contribution substantielle à l’essor de la clinique, notamment grâce aux cinq sous-comités suivants (et les organismes qui les chapeautent): 1. Santé mentale (projet Appartenance du Conseil scolaire FrancoSud); 2. Santé publique (Société de la petite enfance et de la famille du Sud de l’Alberta); 3. Nouveaux arrivants (CANAF); 4. Aînés (Club de l’amitié); et 5. Jeunesse (Conseil scolaire FrancoSud).

C’est ainsi que cette clinique a une importante composante communautaire faisant appel à la prévention, à l’hygiène de vie et à la prise en charge collective de même qu’individuelle de la santé. L’idée c’est de briser l’isolement des personnes et de stimuler l’encouragement mutuel entre ces individus grâce à des activités telles que des présentations, des ateliers et des discussions en groupe, qui auront lieu à la clinique.

Légalement, la clinique est un projet de l’ACFA régionale de Calgary. Elle qui en assure l’encadrement grâce à son « incubateur de services  », dont le coordonnateur est Jonathan Perron-Clow. Les locaux loués comprennent quatre salles d’examen, une salle pour les psychologues, une salle de consultation, une salle de conférence, un bureau et deux stations de travail pour les professionnels. 

La clinique francophone de Calgary se situe dans le quartier Bridgeland, à quelques minutes de marche du C-Train, soit au 1010 1re avenue NE, bureau 306. On peut contacter la clinique en composant le (403) 500-4487, ou encore via le site web cliniquefrancophone.ca.



De gauche à droite : Susan Stratford, gestionnaire de la clinique ; Marie-Thérèse Nickel, agente de projets ; Jonathan Perron-Clow, coordonnateur de l’incubateur de services ; Nicole Buret, présidente de l’ACFA ; Yvan Beaubien, trésorier de l’ACFA ; sénatrice Claudette Tardif ; Marie-Christine Printz, secrétaire de l’ACFA ; Dr. Yvonne Hébert, administratrice ; Dr. Esdras Ngenzi, directeur exécutif ; Mouna Filali, administratrice médicale.


Photo ci-dessus : ©2015 MARIE-HÉLÈNE BILODEAU
Deux premières photos : courtoisie Joris Desmares-Decaux

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