Je poursuis l’argumentaire du “verre à moitié plein” par un retour sur des notions clés afin de montrer que la complétude institutionnelle est insuffisante en soi dans notre contexte et peut ainsi fausser notre conscience d’un avenir assuré.

 

Malgré tous les changements institutionnels significatifs qui permettent un certain modus vivendi en français, nous ne pouvons échapper à la réalité d’une langue anglophone tout enveloppante : nous y sommes submergés, imprégnés par elle, séduits, dominés, en raison de son occupation de l’espace public. Ce qu’il nous faut pour changer le pratique langagière des jeunes dans les écoles, les universités et même chez les jeunes parents, c’est-à-dire leur rapport à la langue française, c’est de rétablir la valeur et le prestige du français dans cet espace public, lui redonner l’élan qu’il a déjà connu pour en faire une des  valeurs identitaires fondamentales du Canada entier, et non l’unique apanage des communautés francophones et d’un Québec qui flirtait jusqu’à récemment avec la souveraineté. « Rétablir » et « redonner » vous dites; cela suppose qu’il a déjà existé !

Je reviens donc dans le présent article sur la batterie de facteurs qui complexifie la donne quant à cette chronique d’une mort annoncée pour la francophonie du Canada telle que présentée dans l’édition du Franco du 4 septembre.

 

D’entrée de jeu, il faut dire que se référer uniquement à la langue maternelle pour évaluer la vitalité de nos communautés, comme le fait Charles Castonguay, est d’ores et déjà problématique dans le contexte de la diversité de nos populations métissées (même indépendamment de la composante immigration). Il a déjà été dit que l’exogamie en soi n’a pas à être un facteur négatif de la francité, car ces mariages mixtes peuvent également représenter un potentiel multiplicateur d’une francophonie élargie.

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