CrayonAprès avoir lancé son premier livre, Le crayon magique, sur le délicat sujet de l’intimidation, l’auteure du livre, Alexandra Roy, présente une fiche pédagogique afin d’aider les élèves à  s’exprimer en classe sur ce sujet  parfois tabou.  Si l’intimidation ne date pas d’hier, certains professionnels du monde de l’éducation se sont penchés sur les mécanismes et les raisons pour lesquelles elle existe.  

 

« Le but c’est de faire réfléchir les enfants sur un sujet », souligne Alexandra Roy, en parlant de la fiche pédagogique de son livre, qui porte sur l’intimidation. Le livre, basé sur une histoire vraie, a pris vie après que l’auteure s’est remémorée ce petit garçon qu’elle connaissait à l’école, qui se faisait régulièrement harceler. « Je me suis imaginée ce qu’il était devenu. Il y a une expression qui dit [n’intimide jamais l’élève le moins populaire de l’école] car un jour, il pourrait être ton patron », dit l’auteure québécoise de 35 ans.

« C’est vraiment mon histoire personnelle », confesse Dianne Woloschuk, la présidente de la Fédération canadienne des enseignants/es (FCE),  qui explique que, adolescente, enfant de deux parents francophones en milieu minoritaire, elle s’est détachée du français et avoue l’avoir presque perdu. Elle précise que malgré les efforts investis pour le « regagner », elle « éprouve encore parfois des difficultés à (s)e sentir à l’aise dans (s)a langue et (s)a culture ». C’est le constat de cette insécurité linguistique chez les jeunes d’aujourd’hui en milieu minoritaire qui a motivé la FCE à développer au cours des quatre dernières années ce projet d’une nouvelle pédagogie dévoilé récemment (l’objet d’un reportage signé Arthur Bayon dans Le Franco de la semaine du 9 au 15 octobre dernier, p. 14).

« On veut encourager les jeunes à parler leur langue, célébrer leur culture, s’engager », signale-t-on encore comme motifs incitant à développer cette nouvelle pédagogie, un projet mandaté par les ministères de l’Éducation des provinces où le français est la langue de la minorité. Les ressources produites pour le projet se trouvent sur le site internet PELF.ca où se trouvent également son but (« offrir au personnel enseignant une pédagogie conçue pour répondre aux besoins du milieu afin d’assurer le succès des élèves tant au niveau scolaire qu’identitaire »), les outils utilisables pour l’atteindre, à savoir les « comment-faire et comment-être », soit « des capsules vidéo » thématiques saisies sur le vif dans la réalité des classes francophones actuelles abordant entre autres des sujets comme « l’identité linguistique et culturelle, la qualité de la langue, les familles exogames, l’autonomie, les accents, (…), la prise en charge personnelle et collective, la place active des jeunes dans la communauté francophone, la diversité culturelle vue par les élèves, les référents culturels francophones », etc., afin de « fournir au personnel enseignant des pistes fructueuses d’intervention ».


Le 26 septembre à Halifax, le projet de Pédagogie à l’école de langue française (PELF) a été officiellement dévoilé à l’occasion du 67e Congrès de l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF). La présidente de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) nous explique de quoi il s’agit.

« C’est vraiment mon histoire personnelle, raconte Dianne Woloschuk, la présidente de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE). J’ai grandi en Saskatchewan, mes parents étaient tous les deux francophones. (…) Cependant, quand je suis devenue adolescente, parler français n’était pas vraiment la chose à faire dans un milieu si anglophone. De plus, on commençait à vraiment voir l’influence croissante de la télévision et de la musique, tout en anglais dans le temps. J’ai presque perdu mon français. Et même si j’ai fait l’effort de le regagner, j’éprouve encore parfois des difficultés à me sentir vraiment à l’aise dans ma langue et dans ma culture. »

Aujourd’hui, Mme Woloschuk estime que beaucoup de jeunes francophones sont en insécurité linguistique. « [Ils] ont peur de mal s’exprimer, ils craignent que leur français ne soit pas assez bon, de choisir les mauvais mots, que ce ne soit pas la bonne expression… Quand on veut encourager les jeunes à parler leur langue, célébrer leur culture, s’engager… ce sentiment de crainte ne les aide pas à développer leur identité francophone. (…) C’est pourquoi on a vu que cette pédagogie était vraiment nécessaire. »

Aller au haut