L’élection albertaine du 5 mai dernier a eu un résultat historique : pour la première fois, notre province est administrée par un gouvernement néo-démocrate. Un cabinet de 12 ministres a été nommé le 24 mai. La première ministre Rachel Notley a choisi la députée de Calgary-Buffalo, Kathleen Ganley, pour être notre nouvelle ministre de la Justice.

Avant l’élection, ne disposant que de quatre sièges, le parti néo-démocrate était le quatrième parti à l’Assemblée législative de l’Alberta. En remportant cinquante sièges de plus, il a surpris tous les observateurs de la scène politique puisqu’il a mis fin à 44 ans de règne du Parti conservateur. Notre province est habituée aux dynasties politiques. Après les libéraux, les fermiers, les créditistes puis les conservateurs, les néo-démocrates réussiront-ils à se maintenir au pouvoir pour plusieurs mandats ? Cela dépendra beaucoup de la façon dont ils utiliseront le pouvoir pour gérer les deniers publics.


Au portefeuille de la Justice, Kathleen Ganley profite du « bénéfice de confiance ». Il est en effet difficile d’imaginer qu’elle puisse faire pire qu’une Alison Redford, qui a notamment prétendu que le bilinguisme est un concept fédéral n’entraînant pas d’exigence juridique ou constitutionnelle, ou encore, faire pire qu’un Jonathan Denis qui s’est même permis d’alléguer « There are no specific obligations relating to the use of French in the Courts. »

« Le français était la première langue européenne parlée en Alberta... Il y a plus de 2 000 villes, villages, monuments et autres sites naturels qui rendent hommage au rôle de la francophonie dans l’établissement de notre province…L’Alberta profite de la plus importante croissance nette de la population francophone au Canada après le Québec et l’Ontario et est la troisième plus grande communauté en situation minoritaire francophone après l’Ontario et le Nouveau-Brunswick. » C’est ce qu’Hector Goudreau, député de Dunvegan-Central Peace-Notley, à l’Assemblée législative de l’Alberta, a rappelé lors de l’ouverture du Congrès annuel de la francophonie albertaine, le 17 octobre dernier, au centre de conférence Shaw, à Edmonton.

Parlant au nom du premier ministre Jim Prentice, de la ministre Maureen Kubinec (ministre de la Culture et du Tourisme et ministre responsable du Secrétariat francophone) et de tous ses collègues du gouvernement, il a signalé que le gouvernement de l’Alberta s’est engagé à bâtir un lieu accueillant et inclusif pour tous les Albertains par l’entremise de ses programmes et initiatives et par son soutien aux opportunités culturelles et linguistiques.  Le gouvernement veut ainsi contribuer à créer un sentiment d’appartenance et d’identité pour la francophonie en Alberta.

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