L’élection albertaine du 5 mai dernier a eu un résultat historique : pour la première fois, notre province est administrée par un gouvernement néo-démocrate. Un cabinet de 12 ministres a été nommé le 24 mai. La première ministre Rachel Notley a choisi la députée de Calgary-Buffalo, Kathleen Ganley, pour être notre nouvelle ministre de la Justice.

Avant l’élection, ne disposant que de quatre sièges, le parti néo-démocrate était le quatrième parti à l’Assemblée législative de l’Alberta. En remportant cinquante sièges de plus, il a surpris tous les observateurs de la scène politique puisqu’il a mis fin à 44 ans de règne du Parti conservateur. Notre province est habituée aux dynasties politiques. Après les libéraux, les fermiers, les créditistes puis les conservateurs, les néo-démocrates réussiront-ils à se maintenir au pouvoir pour plusieurs mandats ? Cela dépendra beaucoup de la façon dont ils utiliseront le pouvoir pour gérer les deniers publics.


Au portefeuille de la Justice, Kathleen Ganley profite du « bénéfice de confiance ». Il est en effet difficile d’imaginer qu’elle puisse faire pire qu’une Alison Redford, qui a notamment prétendu que le bilinguisme est un concept fédéral n’entraînant pas d’exigence juridique ou constitutionnelle, ou encore, faire pire qu’un Jonathan Denis qui s’est même permis d’alléguer « There are no specific obligations relating to the use of French in the Courts. »

Le 7 aout dernier, au lendemain de la troisième démission de l’ancienne première ministre de l’Alberta, Alison Redford - cette fois à titre de députée pour la circonscription Calgary-Elbow - le vérificateur général de l’Alberta a rendu son rapport sur les dépenses du cabinet de la première ministre et le service de transport aérien de l’Alberta (ATS). 
 
« La première ministre Redford et son bureau on fait un usage inapproprié de fonds publics » : c’est avec cette phrase que le bureau du vérificateur général (VG) entame la longue liste de conclusions du rapport demandé par Mme Redford elle-même en mars 2014, alors qu’elle était toujours la première ministre de l’Alberta, chef du parti progressiste-conservateur de l’Alberta et députée pour Calgary-Elbow. 
 
« De façon constante, les documents fournis par la première ministre et son entourage n’ont pas été en mesure de démontrer que l’usage qu’ils avaient fait des fonds publics était raisonnable et adéquat, notamment en ce qui a trait à certains voyages, à l’utilisation de biens publics [les avions gouvernementaux] et des choix d’hébergement », a expliqué le vérificateur général, Merwan N. Saher, en conférence de presse. (traduction libre)
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