Sylvestre photo couvertureLa romancière Michèle Matteau a inventé le village franco-ontarien de Villery, entre Ottawa et Montréal, et a campé toute une brochette de personnages colorés que nous suivons dans trois tomes : Du chaos pour une étoile, Avant que ne tombe la nuit et Le long hiver du jardinier. Je vous présente le dernier tome qui vient toute juste de paraître. Nous pouvons le savourer sans avoir lu les deux premiers car l’auteure rappelle subtilement l’action antérieure.

Villery est situé sur les bords de la rivière des Outaouais. Le personnage principal est le septuagénaire Léandre Arcand qui vient de perdre sa compagne Florence Santerre. Nous retrouvons une infirmière burundaise qui travaille dans un Centre des soins de longue durée, une enseignante en dépression, un couple de lesbiennes qui tient un restaurant, un curé congolais, un garagiste, un commerçant-dépanneur, une artiste visuelle et j’en passe.

 Léandre Arcand est un jardinier hors pair (peut-être comme l’auteure ?) et à travers sa passion horticole nous découvrons les qualités de tout bon jardinier, qualités qui sont celles de quiconque veut mener une vie saine et équilibrée. La première qualité est « la capacité d’émerveillement »; il faut, dans la vie, avoir un esprit ouvert et pouvoir rejeter les filtres. Une autre qualité du jardinier est la tolérance ou la flexibilité : dans la vie, il faut savoir consentir à travailler avec la nature humaine.

La mort mene le balAprès Chère voisine et Louise est de retour, où la romancière Chrystine Brouillet nous avait fait connaître le serial killer Louise Desbiens, nous retrouvons ce personnage coloré dans La mort mène le bal. Elle travaille au chic restaurant Carte Noire, dirigé par le chef Guido Botterini. Attendez-vous à ce que Louise reprenne du service… avec la détermination qu’on lui connaît !

Au début du roman, il y a une multitude de personnages qui se croisent sans liens apparents. Ça prend un peu de temps avant que tout ne s’emboîte et qu’on réussisse à démêler les membres de la dangereuse famiglia Secatto, de Venise. L’action se passe cependant presque entièrement à Montréal.

Alberto Secatto, surnommé le Mammouth en raison de son excès de poids, est un homme paranoïaque ; il voit partout la trahison. « Cela faisait partie de son boulot de se méfier de tout, de tous, Tout le temps. » Il n’hésite pas à tuer son frère Livio, père de Rafaele qui ne croit pas que les liens familiaux garantissent la loyauté. « Dès qu’il aurait trouvé comment exécuter Alberto sans être accusé, il le tuerait. »

La Piste de limaginaireSi vous connaissez un peu la ruée vers l’or au Yukon et le Klondike, le nom de Robert William Service (1874-1958) vous dira peut-être quelque chose. Les œuvres de ce poète et romancier sont enseignées dans les universités anglophones mais peu connues au Canada français. Son arrière-petite-fille, Charlotte Service-Longépé, a publié la première partie d’une biographie de son illustre ancêtre : Robert W. Service : La Piste de l’imaginaire.

Né en Écosse, Robert William Service obtient un premier emploi dans une banque, mais ne s’y plaît pas puisqu’il rêve de liberté. En 1896, à 22 ans, il part pour le Canada, se rend jusqu’à Victoria, puis Cowichan Bay où il travaille pour divers fermiers écossais. Ensuite il explore la côte Pacifique en ayant des boulots de misère à San Francisco, Los Angeles et San Diego. Il revient à Cowichan Bay, devient boutiquier, puis trouve un emploi à Victoria… dans une banque. De là il est promu à Kamloops, puis à Whitehorse et Dawson (Yukon).

Durant toutes ces pérégrinations, Service « voit l’ordinaire avec émerveillement ». Il est de ceux qui croient que, souvent, « ce n’est pas ce que nous sommes, mais ce que nous pensons être qui importe ». À ces yeux, la volonté rend tous les rêves possibles. «Aussi longtemps que je pourrai suivre mon chemin, moissonner ma récolte de rêves […], je ne demanderai rien d’autre à l’existence. »

Annette Saint-Pierre a réuni des voix connues et d’autres plus nouvelles autour d’une thématique assez interpelante, la naissance/renaissance. Cela donne douze nouvelles ou
Naissances, titre du recueil paru aux Éditions des Plaines.


Selon Claudia Labrosse, professeure adjointe en études françaises à l’Université de Winnipeg et auteure de la préface, ce recueil illustre que «la jeune littérature de l’Ouest canadien est une littérature universelle, apte à transcender ce qu’il y a de commun chez l’humain : la souffrance et l’euphorie».

On se promène dans les plaines de l’Ouest, dans les rues de Saint-Boniface, dans les villes de l’Est, mais aussi au Japon et dans une favéla du Brésil où s’affronte une bande de revolucionarios et de justiceiros. Cette bande est mise en scène par Marcien Ferland dans un texte intitulé «Ces petits rats». Connu comme chef de chœur et compositeur, Ferland fait résonner ici le chant d’un enfant «certainement plus heureux mort que vivant».

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