Lorsque Stephen Harper s’est présenté devant la presse le matin du dimanche 2 août pour annoncer le déclenchement de la plus longue campagne électorale de l’histoire moderne du Canada, tous s’accordaient pour y voir une façon de gagner un avantage stratégique face à ses adversaires. Avec un parti dont les coffres sont encore mieux garnis que ses concurrents et une machine électorale rodée qui était en campagne depuis déjà un bon moment, les conservateurs paraissaient avoir une bonne longueur d’avance. Or, après plus d’un mois de campagne, les sondages indiquent que le scénario prévu ne se produit pas. Au contraire, les conservateurs se retrouvent maintenant en troisième position derrière les libéraux et les néo-démocrates,sauf avec le dernier sondage paru au moment de terminer cet article.

Tout budget est un exercice comptable complexe, mais le degré de complexité atteint parfois des niveaux beaucoup plus importants lorsqu’une dimension politique vient s’y greffer. C’était le cas du budget de jeudi dernier avec Jim Prentice qui, depuis la fin de l’année 2014, annonçait que la difficile situation économique de l’Alberta exigeait un coup de barre radical pour remettre la province sur le droit chemin financier. Plus précisément, il s’agissait de briser la dépendance du gouvernement aux revenus du pétrole et du gaz. Nous savons maintenant comment le gouvernement entend y parvenir avec un budget pas aussi drastique qu’on aurait pu le croire, mais qui n’est tout de même pas sans conséquence, loin de là. Essentiellement, le premier ministre propose un budget qui le distingue notamment de Ralph Klein, même si dans ses premières interventions, il n’a pas voulu le reconnaître.

En effet, Jim Prentice a rejeté l’héritage de Klein de deux façons. D’une part, il a refusé de procéder à des coupes budgétaires massives, l’idée de couper de 5% voire 9% comme on l’avait entendu ayant été rejetée. Certes, et le fait est important, le système de santé a vu ses budgets diminuer de 0,8%, ce qui conduira à des mises à pied à Services de santé Alberta, l’organisation étant frappée par une diminution de budget (286 millions). D’autre part, Prentice a rompu avec Klein en mettant de côté le taux d’imposition unique qui était devenu la marque de commerce albertaine, ce fameux Alberta Advantage. En établissant des paliers d’imposition qui permettront, d’ici trois ans, de modestes augmentations du taux d’imposition, maximum 2% pour ceux gagnant plus de 250 000$, le gouvernement conservateur a ainsi brisé un tabou de la politique albertaine.

L’année qui se termine illustre bien le paradoxe qui loge au cœur de la politique albertaine : celui du changement dans l’immobilisme.

 

Derrière l’image de calme qui, de l’extérieur, colle à l’Alberta avec un parti au pouvoir depuis près de 45 ans, on trouve aussi une scène politique en constant état d’ébullition. Car les premiers ministres conservateurs se succèdent à un rythme plutôt rapide et la dernière année n’a pas fait exception à la règle avec le rejet, le mot est faible, d’Alison Redford. Et c’est sans oublier la défection en masse survenue cette semaine et qui a vu le Wildrose perdre neuf députés, dont son chef, au profit des conservateurs. Du jamais vu! La scène politique est maintenant complètement différente de celle du début de l’année. Comment expliquer cela?

Il se passe rarement une journée, en Alberta, sans qu’on ne parle des soubresauts qui agitent l’industrie pétrolière, notamment des incessantes fluctuations du prix du baril de pétrole. Or, les deux dernières semaines ont été fertiles en événements touchant les projets de développement de pipelines. D’abord, c’est le vote qui s’est tenu, il y a maintenant deux semaines, à la Chambre des représentants américaine qui a remis l’Alberta au cœur des débats.

En effet, la construction du Keystone XL y a été approuvée une énième fois par les représentants, suivi quelques jours plus tard par le même exercice au Sénat, sans succès dans ce dernier cas. Mais ce fut de justesse puisque qu’il ne manquait que le vote d’un seul sénateur pour atteindre le nombre de 60 qui aurait obligé Barack Obama à se prononcer sur la construction du pipeline. Or, un nouveau vote devrait se tenir au début de l’année 2015 et probablement avec succès, car les républicains détiendront alors la majorité au Congrès à la suite des élections de mi-mandat.

Les élections partielles ont souvent peu de signification, mais les quatre qui viennent de se terminer représentaient en quelque sorte une élection générale en miniature. 

 

Les efforts déployés au cours de la campagne par les partis ont d’ailleurs été à la mesure de l’enjeu. Du côté des conservateurs, le nouveau premier ministre nommé attendait avec impatience de recevoir l’assentiment des électeurs de sa circonscription de Calgary-Foothills. Surtout, il n’espérait rien de moins qu’un balayage, question de prouver que son arrivée et la cascade de mesures annoncées qui s’en est suivie signifiaient bien le changement que lui et son équipe cherchent à incarner pour se distinguer de l’administration précédente. Mission accomplie, car les résultats de lundi dernier confirment, aux yeux de Prentice et son équipe, qu’ils sont effectivement en mesure de renouveler le parti. Et même si ce fut serré dans Calgary-West (Mike Ellis) et Calgary-Elbow, où la division du vote a probablement favorisé Gordon Dirks, les victoires de Mandel et Prentice sont nettes. Globalement, le pourcentage de voix accordé aux conservateurs a peut-être décru par rapport aux belles années du parti, mais rien n’indique qu’il continuera de baisser. On peut même penser l’inverse, que l’appui au PC pourra seulement remonter lorsqu’Alison Redford ne sera plus qu’un souvenir.

 
Réponse à l'article du journaliste Guillaume St-Pierre, publié dans l'édition du 7 août 2014 du quotidien Le Droit.
 
Monsieur le maire Jim Watson,
 
Le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue, lancé publiquement la semaine dernière, réclame que le français et l'anglais aient un statut d'égalité totale et ce, à temps pour célébrer le 150e anniversaire de la Confédération du Canada en 2017.
 
« Une ville officiellement bilingue. Mais pour quoi faire ? », demandez-vous. 

Au printemps dernier, une revue d’analyse politique a demandé à un groupe de spécialistes de déterminer le meilleur premier ministre des 40 dernières années. L’honneur est revenu, à juste titre, à Peter Lougheed pour l’ensemble de ses nombreuses réalisations.

S’il en est ainsi, c’est parce que Lougheed appartient à la famille des modernisateurs politiques. Cette famille est composée de premiers ministres provinciaux qui, comme Jean Lesage au Québec et Louis J. Robichaud au Nouveau-Brunswick, ont initié de profondes réformes politiques, économiques et sociales qui ont permis à leur province respective de prendre une nouvelle direction.

On a beaucoup dit, non sans raison, que la course à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD) avait été trop longue, mais le congrès a montré que l’attente en valait la peine. Car le NPD a réussi avec brio sa course à la direction. Pas de mauvaise surprise comme cela a été le cas lorsque Stéphane Dion est devenu, en décembre 2006, pratiquement par accident, chef du Parti libéral du Canada (PLC).

En effet, lorsque les résultats du premier tour de scrutin ont été révélés, tôt samedi matin, ceux-ci venaient corroborer ce à quoi la plupart des observateurs s’attendaient, c’est-à-dire à une lutte entre Thomas Mulcair et Brian Topp.

Dans la grande majorité des discussions qu’on pouvait entendre depuis des semaines à propos du budget fédéral révélé la semaine dernière, une question était constamment sur toutes les lèvres : le gouvernement conservateur, majoritaire, montrerait-il ses vraies couleurs en procédant à une réduction draconienne de l’État?

Finalement, le budget s’est révélé plutôt modeste à cet égard. Certes, il y a bien une restriction du rôle de l’État, les coupes à Radio-Canada/CBC et la réduction du nombre de fonctionnaires en étant de bons exemples. Pratiquement tous les ministères devront restreindre leur appétit financier. Toutefois, le gouvernement continue d’investir dans certains domaines, comme c’est le cas pour l’éducation pour les Autochtones.

À l’heure où le Parti libéral du Canada est à la recherche d’un nouveau chef pour le mener à la victoire, un petit détour par le passé pourrait se révéler instructif. Non pas pour y trouver une recette, mais pour examiner comment leur dirigeant le plus charismatique après 1945, à savoir Pierre Elliott Trudeau, s’était intensément préparé avant son arrivée en politique, en 1965.

C’est en effet ce qu’une toute récente biographie, parue en français et en anglais, permet de constater (Trudeau. Fils du Québec, père du Canada, tome 2, 2011).

Page 1 sur 2
Aller au haut