Un gouvernement albertain, deux discours ?

« Le français était la première langue européenne parlée en Alberta... Il y a plus de 2 000 villes, villages, monuments et autres sites naturels qui rendent hommage au rôle de la francophonie dans l’établissement de notre province…L’Alberta profite de la plus importante croissance nette de la population francophone au Canada après le Québec et l’Ontario et est la troisième plus grande communauté en situation minoritaire francophone après l’Ontario et le Nouveau-Brunswick. » C’est ce qu’Hector Goudreau, député de Dunvegan-Central Peace-Notley, à l’Assemblée législative de l’Alberta, a rappelé lors de l’ouverture du Congrès annuel de la francophonie albertaine, le 17 octobre dernier, au centre de conférence Shaw, à Edmonton.

Parlant au nom du premier ministre Jim Prentice, de la ministre Maureen Kubinec (ministre de la Culture et du Tourisme et ministre responsable du Secrétariat francophone) et de tous ses collègues du gouvernement, il a signalé que le gouvernement de l’Alberta s’est engagé à bâtir un lieu accueillant et inclusif pour tous les Albertains par l’entremise de ses programmes et initiatives et par son soutien aux opportunités culturelles et linguistiques.  Le gouvernement veut ainsi contribuer à créer un sentiment d’appartenance et d’identité pour la francophonie en Alberta.


Hector Goudreau a aussi affirmé que, par l’entremise du Secrétariat francophone, « nous sommes engagés à appuyer l’augmentation du nombre de services en français disponibles dans la province ».

Bien accueillis par les congressistes, ces propos sont toutefois aux antipodes des positions du ministre de la Justice de l’Alberta. En effet, chaque fois qu’il en a l’occasion, Jonathan Denis poursuit l’attitude de Redford et traite le français comme une langue étrangère. La situation est tellement étouffante pour la francophonie que le premier ministre Prentice doit intervenir pour s’assurer qu’en matière de services en français, le gouvernement qu’il dirige ne tient pas en même temps deux discours opposés.

Une façon d’y parvenir consiste à mettre en place un groupe de travail pour promouvoir l’accès à la justice dans les deux langues de nos tribunaux. Dès le début de ses travaux, un tel comité devrait proposer a) les modifications à apporter aux directives pour la préparation des transcriptions judiciaires afin que celles-ci tiennent compte du fait que le français est une des deux langues de nos tribunaux et non une langue étrangère; b) les façons de déposer les requêtes de divorce en français sans traduction en langue anglaise; c) tous les formulaires judiciaires en français et sous format bilingue; d) un processus d’homologation des testaments rédigés en français sans traduction en anglais de ces testaments…

Pour cela, il ne s’agit pas d’inventer de toute pièce ce qui devrait être fait mais plutôt de s’inspirer de ce qui a été réalisé ailleurs et qui fonctionne depuis des décennies dans les autres juridictions du pays. Il y a toutefois un pré-requis : l’Alberta doit agir en matière de droits linguistiques en conformité avec les enseignements du plus haut tribunal du pays.

Pour plus de renseignements :

Texte de l’allocution du député Hector Goudreau

 

Hector Boudreau a participé à un panel sur l’implication politique de la francophonie albertaine, lors du Congrès annuel de la francophonie le 17 et 18 octobre. Il a également reçu le nouveau prix Georges A. Arès pour le leadership politique.

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