Opinion | Ottawa bilingue, c'est l'affaire de tous !

 
Réponse à l'article du journaliste Guillaume St-Pierre, publié dans l'édition du 7 août 2014 du quotidien Le Droit.
 
Monsieur le maire Jim Watson,
 
Le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue, lancé publiquement la semaine dernière, réclame que le français et l'anglais aient un statut d'égalité totale et ce, à temps pour célébrer le 150e anniversaire de la Confédération du Canada en 2017.
 
« Une ville officiellement bilingue. Mais pour quoi faire ? », demandez-vous. 

La réponse est claire et simple ; parce que la ville d'Ottawa a la responsabilité, l'honneur et le privilège d'être la capitale du Canada, et qu'elle doit être officiellement bilingue non seulement pour toutes les raisons qui vous ont déjà été fournies, mais au moins par respect pour notre pays officiellement bilingue et pour toutes ses citoyennes et ses citoyens. It's just common sense !
 
Je suis une très fière Canadienne qui demeure à Calgary en Alberta depuis 1978. Née à Wrightville (aujourd'hui Gatineau), élevée à Ottawa et parfaitement bilingue, la question de la dualité linguistique et de l'égalité pour tous surtout en matière d'éducation ne m'a pas marquée avant mon arrivée dans l'Ouest. Le destin a voulu que je me retrouve très impliquée avec la francophonie de l'Ouest canadien depuis 1983 et je lis vos commentaires avec grande stupéfaction et profond chagrin, car vous semblez croire que ce sont seulement les résidents de la ville d'Ottawa qui sont touchés par votre refus de répondre à la demande du Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue. 
 
Cette demande de statut officiellement bilingue pour la ville d'Ottawa ne devrait même pas être nécessaire ! C'est évident que le statut officiellement bilingue pour la capitale de notre Canada aurait dû être proclamé et officialisé depuis des décennies.
 
Le statut de bilinguisme officiel pour la ville d'Ottawa n'est pas seulement un symbole tel que vous semblez le croire; c'est un statut légal respectueux de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens du pays et du statut officiellement bilingue de notre Canada.
 
C'est une question de respect pour toutes les Canadiennes et tous les Canadiens de notre pays. De déclarer que votre « politique sur le bilinguisme marche bien » démontre malheureusement que vous connaissez mal votre public et que votre connaissance de l'histoire et des besoins du Canada français semble tristement faible et restreinte. 
 
Vous dites que « Même d'un point de vue symbolique, les 150 000 francophones d'Ottawa n'ont rien à gagner d'un statut officiellement bilingue pour leur Ville. » Je vous réponds que plus de 15 000 000 citoyennes et citoyens parlent ou comprennent le français au Canada dont 238 000 parlent français en Alberta. 
 
Je vous réponds aussi que ce n'est pas une question de satisfaire seulement aux besoins des francophones de la ville d'Ottawa mais de répondre aux attentes de toutes les Canadiennes et tous les Canadiens du pays en ce qui concerne le statut officiellement bilingue pour la capitale du Canada.
 
Si l'objectif de faire d'Ottawa une ville officiellement bilingue ne veut pas mourir, c'est que cet objectif est juste, raisonnable et bien enraciné non seulement dans l'histoire mais dans les réalités du quotidien. Ce n'est pas en tournant la sourde oreille que la demande disparaîtra. 
 
L'obligation la plus fondamentale d'un élu et d'un représentant du peuple est de demeurer à l'écoute de ses électrices et électeurs et de donner suite à leurs demandes. N'est-ce pas là un des fondements les plus importants de la démocratie?
 
Il ne faut plus se tourner les pouces à l'Hôtel de ville d'Ottawa ! 
 
Qu'ils soient francophones, francophiles ou anglophones, le statut officiellement bilingue pour la ville d'Ottawa, notre capitale canadienne, c'est l'affaire de tous !
 
Cordialement,
 
Suzanne de Courville Nicol, présidente-fondatrice du Bureau de visibilité de Calgary.
 
 
Photo : Wikipedia
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1 Commentaire

  • Martin

    Martin - lundi 25 juillet 2016

    Ottawa n'appartient pas uniquement aux supposés deux peuples fondateurs mais aux sourds, aux autochtones et aux autres allophones. Comme habitant de la capital, je favorise l'unilinguisme officiel pour la ville d'Ottawa, ce qui ouvre la Porte à une plus grande diversité de bilinguisme personnel, que ce soit dans une langue des signes, dans la langue autochtone locale ou dans une autre langue officieuse. Le bilinguisme officiel ne peut qu'exclure toute ces communauté du service civil de la ville d'Ottawa. De plus, ce n'est pas juste les anglophones et les francophones mais les sourds, les autochtones et les autres allophones aussi qui sont contribuables. Le respect demander l'inclusion.

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