On me pose souvent la question : Est-ce un bon temps pour s’acheter une maison? Je crois que c’est en 2003 que j’ai dû considérablement me pencher sur la question. À cette époque, l’argument comme quoi le prix des maisons ne pouvait pas diminuer était couramment accepté, tout comme celui que louer un appartement était équivalent à une hypothèque, mais sans jamais prendre possession de la propriété.

Je faisais malheureusement partie de la minorité qui se méfiait du marché immobilier. Avec l’apparition des prêts hypothécaires sans mise de fonds, à peu près tout le monde avec un emploi stable pouvait maintenant se permettre une propriété. Évidemment, en 2008, on s’est rendu compte de ces erreurs et on en paie encore le prix aujourd’hui.


Mais voilà qu’aujourd’hui on semble revenu au même point qu’en 2003. Retour des taux d’intérêts avantageux, prix des maisons qui semble vouloir recommencer sa progression, prix du pétrole à la hausse, bref, tout pour nous faire voir l’avenir en rose. On pourrait même ajouter la récente étude de Recherche économique RBC qui donne à Edmonton l’indice d’accessibilité la plus faible de toutes les grandes villes canadiennes.

Selon cet indice, les habitants d’Edmonton auraient l’accès le plus facile à la propriété, puisqu’ils n’auront besoin que du tiers (31,5 %) de leur revenu brut pour se procurer une maison de type bungalow. Cette proportion passe à 19,5 % pour les appartements en copropriété et à 35,8 % pour les maisons à deux étages. Toujours selon l’indice d’accessibilité, il semble clair que c’est à Vancouver que les maisons sont le moins abordables alors que c’est en Alberta qu’elles sont le plus facilement disponibles.

Autre constat intéressant, on pourrait dire que les copropriétés à Montréal sont tout aussi abordables que les maisons à deux étages à Calgary ou Edmonton. Encore une fois, tout cela semble concorder avec la sous-estimation du prix des maisons à Edmonton.

Malgré tout, cela ne veut pas nécessairement dire qu’il faut s’acheter une maison à tout prix. Une des causes de la crise de 2008 était, après tout, l’achat de maisons par des gens qui ne pouvaient se permettre de tels achats. Les banques sont très positives quant à la capacité d’emprunter d’un individu, mais cela ne signifie pas que cet individu se doit d’emprunter au maximum de ce à quoi il a droit.

Une nouvelle intéressante qui ne semble pas reliée a priori est la parution des données sur l’inflation pour la période de d’avril 2010 à avril 2011.

Selon les données de Statistique Canada, le taux d’inflation calculé selon l’IPC est passé à 3,3 % sur cette période, ce qui se situe un peu au-dessus de la limite que se donne la Banque du Canada de 3 %. Évidemment, l’IPC dépend lui-même du prix des maisons, mais c’est principalement la hausse des coûts des transports qui a fait bondir l’indice. Cette hausse du taux d’inflation pourrait forcer la banque centrale à augmenter le taux d’intérêt canadien.

La conséquence serait importante pour le marché immobilier, où le taux d’intérêt est à la base des remboursements du prêt hypothécaire. Si l’Alberta serait en quelque sorte protégée par la hausse des prix du pétrole, ce n’est pas le cas des autres provinces qui elles pourraient se retrouver de nouveau plongées en récession.

Ainsi, on pourrait tout simplement dire que la situation en Alberta au niveau de l’accessibilité est la réalité et que ce sont les autres grandes villes canadiennes qui devront se rap-procher du niveau albertain.

Faut-il s’acheter une maison en Alberta? Ma réponse sera la même qu’en 2003. Votre propriété personnelle ne devrait pas être vue comme une façon de réaliser un profit rapide. Tant mieux pour vous si vous le réussissez.

Mais sachez que cela est de la spéculation et non une garantie. Mieux vaut opter pour une propriété qui convient à la fois à vos besoins et à votre budget. La banque ne sera jamais totalement dans vos souliers. Vous seuls pouvez savoir comment vous pouvez vivre avec un paiement d’hypothèque donné.

Et gardez en tête que ce paiement n’est que la première étape de votre budget à laquelle il faudra par la suite ajouter les taxes foncières, les services publics et une réserve pour la rénovation de votre propriété, sans quoi elle perdra sa valeur de toute façon.
 

 

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