La génération « X »-ténuée

Inutile de se le cacher : je fais partie de ce groupe que l’on appelle la Génération X. Si cette appellation ne fait pas l’unanimité, elle n’en regroupe pas moins un groupe d’individus ayant vécu des évènements et des réalités similaires.

Et je dois avouer qu’en y considérant plusieurs de ses caractéristiques, mon appartenance à ce groupe d’individus n’en devient que plus claire. Mais ce qui m’intéresse particulièrement cette fois-ci est la réalité économique de ce groupe d’individus.


Tout d’abord, replaçons cette génération dans le temps. Les sociologues (comme William Strauss et Neil Howe) indiquent que cette génération est née entre les années 1960 et 1980. Ces gens suivent donc les baby-boomers; et c’est pourquoi on réfère aussi à eux comme la période du baby-bust. Cette génération est également celle où les femmes ont grandement augmenté leur présence sur le marché du travail, laissant de côté le travail ménager.

Ces individus ont été les premiers à bénéficier des différents programmes sociaux nouvellement offerts par le gouvernement, comme un accès plus important à l’éducation supérieure. On constate ainsi que 31 % d’entre eux ont obtenu un diplôme universitaire (contre 2 4% pour les baby-boomers).

Le niveau d’éducation plus élevé est associé à une entrée tardive sur le marché  du travail.  Ainsi, on constatait un taux d’activité de 64,3 % en 1976 chez les 15-24 ans (dernière année avant l’entrée de la génération X dans ce groupe d’âge) contre 62,7 % en 1995 (dernière année où ils sont les seuls membres). (La zone ombragée du graphique représente approximativement l’entrée des « X » sur le marché du travail.) Cette entrée tardive est associée à un délai dans le cycle des promotions. Plusieurs décisions relatives à la carrière sont ainsi prises un peu plus tard dans la vie que c’était le cas pour la génération précédente.

Ces études supplémentaires ont également un impact sur les décisions familiales, de sorte que l’âge moyen avant d’avoir le premier enfant est à la hausse pour la génération X. On constate en effet que l’âge moyen des mères est passé de 26,9 ans en 1983 (donc nées en 1957) à 29,6 ans en 2003 (donc nées en 1973).

On retrouve ainsi une génération d’adultes qui ont davantage d’éducation, ont choisi d’avoir leur famille un peu plus tard et font face à ce même moment à des défis au niveau de leur carrière.  Ajoutez à cela des travailleurs ayant déjà vécu trois crises économiques (1982 pour les premiers membres; 1991 pour le groupe du milieu et 2007 pour les touts derniers) et vous avez des gens qui craignent de perdre leur travail. Et je passe l’important changement technologique qu’est la venue de l’ordinateur qu’une grande partie de ces gens ont du vivre sur le marché du travail et non à l’école.

Tout pour obtenir une génération exténuée. Ces membres ont de la difficulté à concilier travail et famille. Est-ce donc si surprenant d’apprendre que pour ces individus, on note davantage de surmenage, de nombreuses dépressions et un nombre important de séparation ou de divorces?

La génération « Y », qui suit celle des X semble mieux placée pour faire face à ces défis. Ils ont environ le même niveau de scolarité que les X tout en étant à l’origine du mini-baby-boom que l’on connait aujourd’hui. Finalement, peut-être que notre société a vécu une transition importante entre les années 1960 et 2000 et que ce sont simplement les X qui en auront subi les principales conséquences.
 

 

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