Plaisir d’apprendre : les aînés sur les bancs d’école

Plaisir d’apprendre 2011, la 6e édition de l’Université du troisième âge, a eu lieu du 2 au 6 mai derniers au Campus Saint-Jean.

L’activité, organisée conjointement par la Fédération des aînés franco-albertains (FAFA) et le Centre d’enseignement et de recherche en français (CERF), avait attiré 17 participants, âgés de 50 ans et plus, lors de sa première édition en 2006. Cette année, quatre fois plus de gens sont de l’aventure. « Hier, j’ai signé 75 certificats », annonce la présidente de la FAFA, Simone Demers, après la cérémonie de remise des diplômes. Elle ajoute que plus de gens s’étaient inscrits, mais ont dû annuler à la suite d’évènements imprévus. Notons que Plaisir d’apprendre avait réuni 88 personnes en 2010.


Pendant la semaine du 2 au 6 mai, les aînés franco-albertains ont eu l’occasion d’assister à des cours universitaires, des conférences et des activités sociales. Ils pouvaient aussi se rassembler aux pauses pour échanger. Invités à se comporter en vrais universitaires, ils étiraient parfois ces pauses de quelques minutes. « C’est un bel évènement, affirme Simone Demers. On se rassemble souvent dans des contextes sérieux, dans des réunions ou sur le perron de l’église. Cette semaine, c’est différent, on s’amuse. Il se crée ici une énergie spéciale. »

Pour l’enseignante Anne-Marie Goggin, c’était une grande première que d’enseigner aux aînés franco-albertains. Après avoir donné son cours de sociolinguistique Le français d’Amérique, anémique ou dynamique?, elle a parlé avec enthousiasme de son expérience. « Je veux le refaire c’est sûr, assure-t-elle. Mes élèves de la semaine, les aînés, ils participent beaucoup. Ils sont nettement plus actifs en classe que mes étudiants réguliers. C’est sûr qu’ils sont très impliqués aussi, parce que mon sujet leur touche autant le cerveau que le cœur. Ils sont francophones vivant dans un milieu minoritaire et ils se sont battus parce que la langue est très importante pour eux », explique Mme Goggin.

Bien qu’elle ait été très occupée dernièrement entre la correction des examens de ses élèves réguliers et le travail qu’elle effectuait pour la campagne électorale de la néo-démocrate Linda Duncan, elle a pris le temps de créer un cours de sociolinguistique exclusif pour Plaisir d’apprendre.

« Je touche rapidement à la sociolinguistique dans mon cours régulier d’introduction, mais ce n’est rien de semblable. J’ai monté le cours spécialement pour cette semaine, indique Anne-Marie Goggin. D’ailleurs, comme c’était ma première année et que je ne savais pas à quoi m’attendre, j’ai vraiment préparé beaucoup de matériel. Je pourrais presque en faire un cours de trois crédits maintenant. »

En procédant à un vote à main levée dans sa classe, Mme Goggin a pu constater que contrairement à elle, la plupart de ses étudiants n’en étaient pas à leur première expérience de l’Université du 3e âge. C’est d’ailleurs le cas de Maurice Bourgoin, natif de Bonnyville, qui participe à sa quatrième édition et compte bien revenir tous les ans, tant qu’il le pourra. « C’est une activité très intéressante, on peut apprendre beaucoup, explique-t-il. Le cours sur l’Alzheimer, par exemple, était un peu compliqué, mais il était particulièrement intéressant pour quelqu’un de mon âge. » M. Bourgoin faisait par ailleurs partie de la distribution de la pièce Les Montaigne et les Chaput, mise en scène par France Levasseur-Ouimet et présentée par la troupe de l’Ensemble des Sages le 4 mai en après-midi, en marge de la semaine de cours.

Si certains cours se sont avérés plus techniques ou spécialisés, comme L’Alzheimer : Espoir donné par David Vergote, les étudiants n’ont pas trouvé leur session universitaire particulièrement ardue. « C’est facile, il n’y a pas de devoirs, explique Rose Lavoie, qui en est à sa cinquième participation. Il y a des textes qu’on peut lire le soir pour se préparer au cours du lendemain, mais il n’y a pas de devoirs. S’il y en avait ce serait différent, peut-être même qu’il y aurait moins de monde. » Mme Lavoie a bien l’intention de revenir elle aussi au Campus Saint-Jean l’an prochain.

Même son de cloche chez Suzanne Slevinsky, originaire de Saint-Paul. « C’est intéressant, je vais revenir l’année prochaine. S’il y en avait deux par année, je viendrais deux fois », assure-t-elle. Mme Slevinsky avait été approchée par la présidente sortante de la FAFA, Germaine Lehodey, lors de la fête franco-albertaine à Saint-Paul en 2009. La femme s’était alors laissée convaincre de joindre la fédération, et participe pour la deuxième fois cette année à Plaisir d’apprendre. « Je remercie Germaine de m’avoir enjôlée avec son membership. C’était un 10 $ bien investi. »

Au terme de cette 5e édition, Simone Demers s’est dite bien satisfaite du déroulement de la semaine. « On avait peur l’an passé parce Normand Fortin [le directeur du CERF] prenait sa retraite, mais ça a marché quand même, et l’année prochaine ça sera encore mieux. »

Le succès annuel de Plaisir d’apprendre montre bien l’intérêt de telles initiatives. « Je voudrais qu’il y ait plus d’activités pour les aînés, termine Mme Demers. Par exemple, c’est une idée comme ça, il pourrait y avoir des conférences une fois par mois, pour qu’on se réunisse plus souvent pour apprendre. »

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