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La pharmacie Medi Drugs, tout près de la Cité francophone d’Edmonton, est établie dans le quartier depuis 18 ans. Sa directrice, Aileen Jang, est une véritable passionnée. Bien décidée à rejoindre notre communauté, elle a embauché plusieurs francophones au fil des années afin de bâtir une relation de confiance avec ses clients, dont certains ne parlent pas du tout anglais.  

 

 

Le Franco : Saviez-vous, à l’époque, que vous vous établissiez dans un quartier avec une population francophone importante?

Aileen Jang : Non, pas du tout! Mais nous nous sommes rapidement adaptés. À l’époque, nous étions affiliés à un Medicentre, qui a quitté le quartier depuis. Nous avons choisi de rester, car nous avons établi une bonne clientèle avec les résidents. J’emploie depuis longtemps des étudiants du Campus Saint-Jean. La communauté francophone est très importante pour nous, et nous tentons toujours de mieux développer nos relations avec celle-ci. Nous avons aussi des clients qui proviennent du Centre Saint-Thomas pour aînés.

IMG 7960LF : Justement, en ce qui concerne les soins de santé, pourquoi pensez-vous qu’il est important de pouvoir offrir un service dans la langue maternelle du patient?

AJ : Pour la fluidité de la communication, bien entendu. Je suis de descendance chinoise, et mes parents ne parlent pas beaucoup anglais. Je suis très consciente du fait qu’il est primordial qu’ils comprennent tout ce qui se dit lors d’une consultation avec un professionnel de la santé. Ce n’est pas suffisant de dire : « un comprimé, trois fois par jour », si on ne comprend pas pourquoi on le prend, et surtout, quelles sont les conséquences si on oublie!

LF : Comment est-ce que cela se traduit au quotidien?

AJ : Peu importe la langue maternelle de nos clients, c’est important pour nous qu’ils comprennent entièrement la portée de leur traitement. Nous sommes responsables des soins de santé que nous offrons, et si les gens ne comprennent pas pourquoi ils prennent un tel médicament, alors nous faisons fausse route.

LF : Quels services de pharmacie offrez-vous?

AJ : Nous offrons un large éventail de services, comme les vaccins pour la grippe, qui arrivent vers la fin d’octobre. Nous prenons aussi la pression sanguine de façon professionnelle, et c’est important, car les maladies cardiovasculaires représentent un tueur silencieux.

LF : Trouvez-vous que la profession de pharmacien a beaucoup évolué récemment?

AJ : Absolument. Je dirais qu’au cours des trois dernières années, il y a une évolution par laquelle nous devenons partenaires du patient et du médecin dans la prescription de soins de santé. À ce titre, nous pouvons, dans la mesure du possible, renouveler des prescriptions sans que le patient n’ait à revoir le médecin. De cette façon, nous contribuons à désengorger le système de santé.

LF : Vous jouez donc un plus grand rôle dans le système de santé en général?

AJ : L’Alberta dépense une large partie de son budget sur les soins de santé. À ce rythme-là, ce n’est pas rentable. Il est donc important que tous les citoyens s’investissent de plus en plus dans leur propre santé, et ce, afin de vivre une vie saine. Je ne veux pas que les gens aient recours aux médicaments lorsqu’il y a des solutions de rechange. Si je peux convaincre un client de perdre du poids, par exemple, sa pression artérielle va baisser et sa santé s’en trouvera améliorée. Or tout cela commence par une relation de confiance entre le pharmacien et le client.

LF : Est-ce difficile de trouver des pharmaciens qui peuvent s’exprimer en français?

AJ : Je le crois. À court terme, j’aimerais embaucher une pharmacienne qui parle français, afin de jouer un plus grand rôle dans la communauté. Pour l’instant, nous pouvons compter sur l’aide de Martine Nyemb (voir plus bas). De plus, il nous faut faire des campagnes de recrutement au Québec, car ce n’est pas l’idéal de recruter hors Canada.

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Des cartes de souhaits en français

D’origine camerounaise, la Française Martine Nyemb est atterrie à Edmonton en 2012. Elle a eu l’initiative de proposer à sa patronne, Aileen Jang, de vendre des cartes de souhaits en français afin de mieux desservir la communauté du quartier.

« J’ai travaillé au Carrefour pendant deux ans. À la fermeture, tout le monde se demandait ce qui arriverait de la papèterie. Les gens semblaient réellement concernés », se rappelle-t-elle. Par la suite, elle a été embauchée chez Medi Drugs, et le fait qu’elle parle français s’est révélé un véritable atout, car elle ne possède aucune expérience en pharmacie, ni dans le monde médical.

« En février, je lui ai mentionné que selon moi, la meilleure façon de faire un pas vers la communauté francophone, c’est de proposer un service qu’elle ne trouverait nulle part ailleurs. On a donc pensé aux cartes de souhaits, comme à l’époque du Carrefour », raconte-t-elle. L’idée a visiblement tapé dans le mille. « Aujourd’hui, il y a des gens qui ne viennent que pour cela, et ce, presque sans publicité », se réjouit Martine Nyemb. Elle affirme que quelques affiches ont été collées dans le quartier, mais sans plus. « Ça va vite! Nous vendons beaucoup plus de cartes en français qu’en anglais, dans un ratio de 3 pour 1. Comme quoi la communauté francophone est tissée serrée! », observe la principale intéressée.

Par ailleurs, Martine Nyemb est aussi appelée à agir à titre d’interprète. « Nous avons quelques patients qui ne parlent que français. Je peux donc intervenir et aider les médecins en ce sens », termine-t-elle.

 Comment se rendre à Medi Drugs ?

9117 82 Ave., Edmonton, AB, T6C 0Z4

780-440-4365

www.medi-drugs.ca

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