Voici mon échauffement d’avant-match.
 
La Coupe du monde de hockey 2016 aura lieu du 17 septembre au 1 octobre, tandis que la saison régulière 2016-2017 de la Ligue nationale de hockey (LNH) débutera le mardi 12 octobre.  Votre cher Raisin inaugure cette nouvelle saison de hockey en partageant quelques pensées avant ces premières mises-au-jeu.
Le capitaine Sidney Crosby soulève la Coupe du monde de hockey comme si elle était la Coupe Stanley.
Le jeudi 29 septembre passé au Centre Air Canada de Toronto, le Canada a remporté la troisième Coupe du monde de hockey. 
 
Je ne réfère pas au Championnat du monde, un tournoi qui a lieu annuellement depuis 1920, mais plutôt au tournoi géré par la LNH qui a succédé la Coupe Canada en 1996.
 
Que le Canada soit champion du tournoi, ce n’est rien de nouveau.  En plus de ce dernier exploit, les hommes de Mike Babcock sont les champions-en-titre des deux derniers tournois internationaux de la sorte : les Olympiques de Vancouver en 2010 et de Sotchi en 2014.  Pour les trois compétitions, le noyau de Sidney Crosby, Jonathan Toews, Patrice Bergeron, Joe Thornton, Corey Perry, Shea Weber et Drew Doughty est resté intacte.
 
Si le calibre du hockey est aussi fort entre les Olympiques et la Coupe du monde, pourquoi la nécessité de deux tournois ?
 
Premièrement, il a question de politiques au niveau institutionnel.
 
À l’époque ou seulement que des joueurs amateurs avaient droit de participer aux jeux olympiques, la Coupe du monde fut le tournoi international du plus haut calibre.  Tout cela a changé aux Olympiques de Nagano lorsqu’on a invité les joueurs professionnels de la LNH.  Depuis 1998, nous avons vu cinq Olympiques d’hiver (1998, 2002, 2006, 2010 et 2014) et deux Coupes du monde (2004 et 2016).
 
D’après les dernières indications, la LNH remet en question sa participation aux jeux olympiques d’hiver de 2018 à Pyeongchan en Corée du Sud.  La LNH se sert-elle de la Coupe du monde comme tactique de négociation contre le Comité international olympique ?  Ou est-ce une coïncidence ?
 
Deuxièmement, les approches pour la qualification des équipes sont différentes.
 
Aux derniers jeux olympiques, 12 équipes sont invités selon le classement de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF).  Les neuf premières équipes masculines sont qualifiés directement, tandis que les équipes classées de la 10e à la 12e place disputent un tournoi de qualification.  L’écart du talent peut être très prononcé, notamment lorsqu’on compare les pays dominants du « grand six » (Canada, République tchèque, Finlande, Russie, Suède et États-Unis) et des pays de qualification comme l’Autriche et la Lettonie.
 
La dernière Coupe du monde a réuni huit équipes.  Le « grand six » s’est ajouté à deux nouvelles formations : l’équipe Europe, composée des équipes de l’Allemagne, la Slovaquie et de douze autres pays européens, ainsi que l’équipe Amérique du Nord, regroupant de jeunes Nord-Américains sous l’âge de 24 ans.  Est-ce un stratège pour mieux balancer les équipes ?  Ou est-ce une astuce pour essayer de vendre plus de gilets de leur nouveau commanditaire, Adidas ?
 
Troisièmement, c’est quoi la meilleure approche pour déterminer un vainqueur ?
 
Aux jeux olympiques, l’équipe qui remporte l’unique match final remporte la médaille d’or, tandis qu’à la Coupe du monde, la finale se joue au meilleur de trois matchs.  Quel format est le plus apte pour déterminer le mérite du champion ?
 
Quatrièmement, les différences au niveau du jeu.
 
Contrairement à ce que l’on peut penser, le jeu est plus rapide sur une surface de glace de la LNH (comme dans la Coupe du monde) que sur une surface de glace internationale (comme aux jeux olympiques). 
Alexandre Radulov, l’attaquant du Canadien du Montréal qui vient de rentrer de la Ligue continentale de hockey en Russie, en témoigne pour autant : « Je pense qu’ici, le jeu est plus vite et tu peux générer plus de chances de marquer à cause de la taille de la glace…  Ce n’est pas bien large.  Lorsque tu déjoues un joueur, tu as une chance de marquer à 100 % des occasions.  Là-bas, si tu réussis ton positionnement contre un adversaire dans un coin, il reste quatre autres joueurs devant toi ».
 
Le jeu est plus robuste, aussi. 
 
Tenez, par exemple, le match préliminaire entre le Canada et les États-Unis.  Logan Couture s’est fait sonner à la tête par l’américain T. J. Oshie, ce qui mériterait automatiquement une inconduite antisportive selon les règles de l’IIHF.  Ryan Kesler s’est quand même mérité une pénalité majeure et une éjection du match pour avoir fait de la bande contre Shea Weber. 
 
C’était du hockey qui ressemblait au style des années 1980-1990.  Est-ce un style toujours pertinent aujourd’hui ?
 
Ce sont tous des points à considérer.  Si vous aimez la vision internationale du hockey proposée par la LNH, vous auriez certainement aimé la Coupe du monde.  Par contre, si vous aviez toujours de la misère à justifier son existence, peut-être qu’il vaudrait mieux le comparer au Match des étoiles.
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Plus dans cette catégorie :

Aller au haut