Le tourisme albertain élargit ses horizons : place aux Économusées !

Quelle place occupe l'économie sociale et solidaire dans le secteur du tourisme en Alberta ? Rencontre avec Julie Fafard, fervente de ce nouveau modèle économique.

Le Franco : Quel poste occupez-vous au sein du Conseil de développement économique de l'Alberta ?

Julie Fafard : J'occupe le poste de Directrice du développement touristique et entreprenariat depuis maintenant six ans. Mon rôle est d'aider les partenaires touristiques, voire les petites entreprises à avoir une belle visibilité sur le marché francophone. Il est dans mon mandat d'attirer les visiteurs ici. Le principal marché est le Québec, mais aussi la France et la Belgique. Bien entendu, il y a d'autres francophones dans le reste du Canada. C'est pourquoi on prépare chaque année des outils d'information touristique en français, pour mieux préparer les voyageurs et avoir une belle carte de visite lors des salons touristiques à l'extérieur de la province.

LF : Le Centre de la francophonie des Amériques a participé au Forum de l'économie sociale pour présenter l'idée d'un développement de circuit touristique francophone. Étiez-vous au courant ?

JF : Oui, absolument. Nous sommes en étroite collaboration avec le Centre et on échange avec eux à ce sujet. On travaille d'ailleurs de concert avec différentes autres organisations comme la Société historique francophone de l'Alberta.

LF : Que pensez-vous de ce projet de bâtir un circuit touristique traversant les villes francophones et francophiles des Amériques ?

JF : Non seulement ça aiderait la province, mais ça mettrait sur la carte tous les francophones des Amériques. Plus il y aura d'acteurs politiques qui embarquent dans les projets porteurs comme celui-ci, mieux ça sera.

LF : Êtes-vous familière avec l'économie sociale et solidaire ?

JF : C'est assez nouveau comme terme, et assez tendance. L'économie solidaire, sociale, durable... Ce sont tous des termes qui vont de pair selon moi. C'est tout à notre honneur et à notre avantage de fonctionner de cette façon-là.

LF: Pensez-vous que cette façon de penser a une place de choix dans l'avenir de la province ?

JF : Que ce soit pour démarrer une entreprise ou encore la réorienter, c'est profitable d'opter pour ce type d'économie puisqu'il y a un retour dans la communauté. C'est pourquoi je trouve ce modèle très intéressant à observer.

LF : Et dans l'avenir du tourisme ?

JF : Selon moi, en tourisme, c'est sûr que ça peut éventuellement devenir plus qu'une tendance. Il y a plusieurs projets qui sont possibles sous ce modèle économique, que ça soit des petits restaurateurs, des locations de vélo, etc. Les possibilités sont très vastes.

LF : Est-ce que ce type d'entreprises existe déjà dans le secteur du tourisme en Alberta ?Tugwell creek farm

JF : Probablement qu'il y en a, mais on ne le sait pas encore - elles ne doivent même pas le savoir elles-mêmes ! Je pense aux artisans entrepreneurs, par exemple. Justement, on tente un nouveau concept avec les économusées pour faire connaître davantage ces artistes et leurs créations.

LF : Qu'entendez-vous par « économusée »  ?

JF : C'est un beau réseau qui a commencé au Québec. Il y en aussi quelques-uns dans l'Ouest canadien, en Colombie-Britannique entre autres. Ce concept vient en aide aux petites entreprises, aux artisans qui sont passionnés par l'objet qu'ils produisent, mais qui manquent de ressources pour se faire connaître. Les économusées vont non seulement augmenter leur visibilité sur la route, mais aussi à leur lieu de travail avec des enseignes en français et en anglais. L'établissement comprend aussi un espace boutique et les profits reviennent aux artistes. C'est donc un endroit qui expose ce que l'artisan fabrique et qui, du même fait, lui offre des services de visibilité.

Tugwell Creek FarmLF : Quel type d'entreprise peut recevoir cette aide ?

JF : Ce n'est pas n'importe quel artisan qui peut devenir un économusée. Il faut que ça soit un métier traditionnel qui utilise uniquement des matériaux naturels.

LF : Êtes-vous optimiste face à la concrétisation de ce projet ?

JF : Bien sûr, ça m'apparaît comme un très beau modèle d'économie sociale et solidaire. Le Conseil de développement économique de l'Alberta souhaite d'ailleurs mettre ce concept de l'avant dans le secteur du tourisme dans les 18 prochains mois. Pour l'instant, on commence cette phase exploratoire dans le nord-est de la province. À suivre !

 

 

Les photos proviennent de Tugwell Ceek Honey Farm and Meadery, un économusée situé en Colombie Britanique. 

winefromhoney

 Dana and Bobpurehoney

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