Parti conservateur : une course ouverte

Qui deviendra, dans trois semaines, le prochain premier ministre de l’Alberta? Chose certaine, il faut se méfier des couronnements hâtifs. Souvenons-nous qu’en 2005, on avait un peu trop rapidement cru que Jim Dinning remportait la mise.

Celui que plusieurs députés appuyaient et sur qui on écrivait d’élogieux articles, dans la défunte revue Western Standard notamment, s’était fait coiffer par celui dont on entendait alors peu parler, Ed Stelmach.

En outre, la course a tardé à prendre son envol, celle-ci ayant été éclipsée par d’autres événements politiques, notamment l’élection fédérale du 2 mai et, plus banalement, par les vacances d’été. C’est ainsi que le sondage mené par le Edmonton Journal (26 juillet) et qui, en manchette, proclamait que Gary Mar était en avance se révélait quelque peu trompeur.


Certes, il était le candidat en tête mais avec seulement 12 % d’appuis contre 8 % pour Ted Morton. La véritable manchette aurait dû être que la course suscitait encore peu d’intérêt.

Aujourd’hui encore, il est encore trop tôt pour dire qui remportera la course. Par contre, on peut soupeser les forces et les faiblesses des candidats en lice.

Trois candidats ne semblent pas vraiment dans la course : l’un est inconnu du grand public (Doug Griffiths), l’autre (Rick Orman), lui aussi peu connu, est un revenant de l’ère Don Getty et qui joue à l’outsider venu sauver le parti (il a dit que s’il ne gagnait pas, il quitterait la vie politique).

Doug Horner représente certainement le candidat de la continuité avec M. Stelmach. Pourtant, l’impression prévaut que les conservateurs doivent prendre un nouveau départ, ce qui affaiblit sa candidature. La course semble donc se jouer entre Gary Mar, Alison Redford et Ted Morton.

Gary Mar est de tous les candidats celui qui dispose de plus de ressources. Il a d’ailleurs même pu se payer une campagne de publicité avec sa photographie sur les autobus. Ancien représentant de l’Alberta à Washington, M. Mar est bien branché dans les milieux financiers.

D’une certaine manière, il représente le même genre de candidature que celle de Jim Dinning en 2005, c’est-à-dire un candidat plus proche du centre. Par contre, son absence de l’Alberta peut l’avoir éloigné des membres du parti, ceux qui, en bout de ligne, décideront du gagnant.

Prétendant malheureux en 2005, Ted Morton est plus fort aujourd’hui qu’hier puisqu’il est devenu, comme ministre des Finances, l’homme fort du gouvernement. En fait, il est perçu comme le champion de la droite du parti, celui qui est en mesure de résister à la poussée du Wildrose, et qui pourra ramener les conservateurs déçus par M. Stelmach, ceux partis du côté de la formation de Danielle Smith.

Par contre, ses adversaires affirment qu’il est inutile de voter pour lui, un sondage ayant montré l’effritement de l’appui au Wildrose. M. Morton tente cependant d’adoucir son image de Cowboy de droite de Calgary. Ainsi, il s’est prononcé en faveur de la construction d’un aréna au centre-ville d’Edmonton avec un appui des fonds publics.

Quant à Alison Redford, la seule femme du lot, elle se positionne comme étant la candidate de la gauche du parti. Jouant la carte de la rupture, c’est elle qui, avec Rick Orman a le plus vigoureusement critiqué les actions du gouvernement auquel elle a appartenu comme ministre de la Justice.

Pas plus tard que la semaine dernière, elle s’est prononcée pour un nouvel examen des salaires et autres avantages salariaux offerts aux députés. Celalui permettait de rappeler qu’unde ses adversaires, Gary Mar, avait reçu près de 500 000 $ après avoir quitté son poste en 2007.

Cependant, à trop critiquer le parti, elle pourrait s’aliéner les plus fidèles partisans de M. Stelmach. En somme, chacun des candidats présente des forces et des faiblesses et c’est pourquoi plusieurs partisans du
PC sont certainement dans la perplexité quant au choix qu’ils doivent faire. C’est ce qui fait que la course est toujours ouverte.

Rappelons que le choix du prochain chef conservateur se fera le 17 septembre. Si lors du dépouillement, aucun candidat n’obtient 50 % des appuis, un deuxième scrutin aura lieu et le prochain premier ministre se-ra proclamé le 1er octobre 2011.
 

 

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