Nouveau gouvernement albertain, nouvelle ministre de la Justice

L’élection albertaine du 5 mai dernier a eu un résultat historique : pour la première fois, notre province est administrée par un gouvernement néo-démocrate. Un cabinet de 12 ministres a été nommé le 24 mai. La première ministre Rachel Notley a choisi la députée de Calgary-Buffalo, Kathleen Ganley, pour être notre nouvelle ministre de la Justice.

Avant l’élection, ne disposant que de quatre sièges, le parti néo-démocrate était le quatrième parti à l’Assemblée législative de l’Alberta. En remportant cinquante sièges de plus, il a surpris tous les observateurs de la scène politique puisqu’il a mis fin à 44 ans de règne du Parti conservateur. Notre province est habituée aux dynasties politiques. Après les libéraux, les fermiers, les créditistes puis les conservateurs, les néo-démocrates réussiront-ils à se maintenir au pouvoir pour plusieurs mandats ? Cela dépendra beaucoup de la façon dont ils utiliseront le pouvoir pour gérer les deniers publics.


Au portefeuille de la Justice, Kathleen Ganley profite du « bénéfice de confiance ». Il est en effet difficile d’imaginer qu’elle puisse faire pire qu’une Alison Redford, qui a notamment prétendu que le bilinguisme est un concept fédéral n’entraînant pas d’exigence juridique ou constitutionnelle, ou encore, faire pire qu’un Jonathan Denis qui s’est même permis d’alléguer « There are no specific obligations relating to the use of French in the Courts. »


Le défi à relever est grand pour la ministre Ganley. Mais, en s’entourant de gens aptes à la conseiller adéquatement en matière d’accès à la justice dans les deux langues officielles, la ministre laissera sans doute une empreinte positive dans l’administration albertaine de la justice. Par où commencer ? Par le mémoire sur l’accès à la justice en langue française, envoyée à son ministère… en 2008.

Parmi la vingtaine de recommandations qu’Alison Redford avait alors refusé de discuter, il y avait celle visant la création d’un Groupe de travail sur la pratique du droit dans les deux langues officielles. Nos juges en chef avaient bien accueilli la possibilité d’avoir un forum regroupant des représentants de la magistrature, de la fonction publique et du Barreau francophone et bilingue pour travailler ensemble à l’élimination des obstacles à l’accès à la justice.

Et, on n’a pas besoin de tout inventer. Avant nous, les autres provinces ont fait face à des défis similaires. Elles nous ont devancés dans la mise en œuvre de politiques et de procédures favorisant l’exercice des droits linguistiques des justiciables. On peut certes s’inspirer de ce qui a bien réussi ailleurs, tout en évitant ce qui a eu moins de succès. Tant que la volonté politique sera de respecter la dualité linguistique, tous les espoirs sont permis.

(Photo : Connor Mah, Creative Commons)

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