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Des élections budgétaires?

Le parti conservateur a pris un pari : celui que le budget proposé aux Albertains le 26 mars dernier rallierait suffisamment la population pour qu’elle porte au pouvoir le parti pour un autre mandat. Si les sondages laissent planer un doute sur cette possibilité, ce qu’il faut remarquer est qu’on a décortiqué un budget, analysé son effet sur l’économie de la province pour finalement aller en élection sans que celui-ci soit adopté.

Cela laissera en même temps la liberté d’agir au prochain gouvernement qui pourra ainsi faire table rase de cette proposition de budget pour y aller de ses propres suggestions.

Quelles sont donc les options auxquelles le prochain gouvernement fera face?


1-Modification au niveau des sources de revenus :

Selon plusieurs analystes, le gouvernement touche trop peu de revenus pour payer ses dépenses une fois les redevances provenant des ressources non-renouvelables éliminées. C’est la principale cause du déficit budgétaire cette année et, vraisemblablement, de celui de l’an prochain.

En tant que tel, le gouvernement devrait considérer des hausses d’impôts, via l’imposition de nouveaux paliers ou seuils d’imposition, avant les autres types de taxes. L’idée est que l’impôt sur le revenu est progressif, c’est-à-dire que plus notre revenu est élevé, plus on paie de cet impôt.

Une taxe à la consommation est plutôt régressive. Ainsi, un ménage à faible revenu dépensant tout son argent pour vivre paierait, en pourcentage de son revenu, exactement le taux de taxe de vente. Par contre, un ménage avec un revenu plus élevé paierait certes un montant de taxe plus élevé s’il consomme davantage que le ménage pauvre, mais une proportion plus faible de son revenu s’il épargne. Le tableau ci-dessous illustre ce phénomène.

 



Ainsi, malgré un niveau de consommation trois fois plus élevé, le ménage riche paie deux points de pourcentage de moins d’impôts. D’où le fait qu’il se sente moins affecté par cette taxe. Notons que la taxe santé agit davantage comme un impôt progressif.

2-Ajustement des postes de dépenses :

Pour d’autres analystes, les dépenses de la province sont trop élevées, l’Alberta se retrouvant en tête de liste au niveau des dépenses publiques par habitant. L’ajustement au niveau des dépenses serait ainsi favorisé car il est en effet plus facile de dire aux gens qu’un programme ne sera plus pris en charge pour certains que d’augmenter les impôts pour tous. Cela étant dit, si le but est d’avoir, à long terme, une économie qui dépend moins des ressources non-renouvelables, donc une économie plus diversifiée, il faut choisir de couper dans les programmes associés à cette industrie.

Ainsi, ce n’est pas l’éducation qui devrait écoper autant que le ministère de l’Énergie par exemple.

3-Ne rien faire :

Si cela peut sembler choquant comme proposition, l’idée est qu’en effet il pourrait être préférable de regarder le train passer et garder toute la marge de manœuvre si l’économie devait s’engouffrer plus profondément. Également, si on considère que la population a besoin de la meilleure information possible pour faire les bons choix, garder tout en place est une façon de lui dire qu’elle connaît déjà sa réalité et qu’ainsi elle peut se baser là-dessus.

Arriver en poste et tout chambouler est déstabilisant pour une population. Combien de taxes de plus aurais-je à payer? Quel sera l’impact sur ma consommation? Quels programmes seront coupés? Que devrais-je payer par soi-même désormais? Tant de questions difficiles à analyser a priori. Et autant de raisons pour être incertain envers qui voter…

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