Des routes, des trains et des taxes

La construction de la nouvelle ligne du LRT à Edmonton va bon train (sans mauvais jeu de mots…) et deux nouvelles lignes sont en cours de planification. À Calgary, une ligne est en construction et 10 nouvelles stations sont prévues pour 2012. Ces futures installations ont un but commun : donner une alternative à la voiture pour les déplacements en milieu urbain.

Évidemment, ces infrastructures ne sont pas gratuites. Les dépenses en infrastructures routières sont généralement payées par les impôts des contribuables. Tout dépendant du système en question, le réseau de transport peut être du ressort du municipal, du provincial ou du fédéral. L’importance du réseau (une avenue résidentielle ou la route transcanadienne) nous indiquera qui a la responsabilité de celui-ci.


Dans le contexte actuel, où le prix du pétrole (et donc du transport) est à la hausse et où les gouvernements tentent un peu partout dans le monde de restreindre leurs dépenses, la question du réseau de transport revient sur la table. Il est en effet très simple de reporter les dépenses d’entretien des routes. L’option moins considérée est plutôt celle d’augmenter les taxes sur le carburant.

Les taxes sur l’essence au Canada sont présentement très faibles, comptant pour moins de 25 sous le litre, tandis que les pays européens paient facilement trois fois plus. Il y a donc une marge de manœuvre pour une telle taxe. Celle-ci aurait deux effets principaux; sur l’offre et la demande. Commençons par la demande.

Le faible prix de l’essence fait que l’essence est plus accessible aux consommateurs. Ce haut niveau de consommation se répercute sur une utilisation plus importante du réseau routier et sur la popularité des nouveaux projets d’infrastructures visant à augmenter son étendue.

Un plus grand réseau de routes signifie plus de routes à entretenir, réparer, nettoyer et déneiger. Donc, plus de dépenses de l’État pour ce secteur. Et si le budget de ce secteur n’augmente pas, cela signifie un même montant divisé sur un plus grand nombre de kilomètres de route. Augmenter le prix de l’essence via une taxe diminuerait donc ce phénomène.

Augmenter les taxes sur le carburant aurait également un impact sur l’offre. En effet, plus les taxes sur l’essence sont élevées, plus le gouvernement récoltera de revenus sur ce bien de consommation et plus il aura d’argent pour payer ses différentes infrastructures; dont les routes, mais aussi les différents transports en commun.

On en revient donc à un choix de société important : est-on prêt à supporter les taxes nécessaires au réseau de transport auquel on désire avoir accès?

En effet, si on demandait aux gens s’ils étaient prêts à payer une taxe sur l’essence, la réponse serait probablement non, disant qu’ils ont besoin de leur voiture puisque le réseau de transport en commun est inadéquat selon eux. En plus, le réseau routier étant dans un état douteux, les gens préféreront mettre de l’argent de côté pour des réparations potentielles.

En même temps, les gens n’ont pas la motivation de prendre le transport en commun tant que leur revenu leur permet de se payer leur plein d’essence hebdomadaire. Et la ville n’a pas intérêt à améliorer son système de transport en commun puisque les gens ne l’utilisent pas à son plein potentiel.

À qui le blâme? À notre grand pays? À notre faible densité de population? À notre désir de liberté? Au manque de vision des décideurs publics? Peut-être un peu de tout. À quand un train à grande vitesse entre Calgary et Edmonton? Peut-être lorsque l’essence sera à 5 $ le litre.

Mais il est à prévoir que l’on aura beaucoup plus de manifestations contestant le prix élevé de l’essence avant que celui-ci ne voit le jour.
 

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