Le prix du baril de pétrole divisé par deux en six mois

L’année 2014 s’annonçait tout ce qu’il y a de plus calme pour l’Alberta : un prix du pétrole stable, une croissance économique soutenue et un taux de chômage toujours aussi faible.

 

L’année se termine avec un baril de pétrole qui a perdu plus de la moitié de sa valeur en six mois et une croissance économique incertaine pour 2015. Le chômage devrait se maintenir à un niveau relativement stable étant donné le délai existant entre le déclin de la production et son impact sur le marché du travail.

 

Ce qu’il y a de plus surprenant avec cette chute soudaine du prix du pétrole est que plusieurs croyaient plutôt que l’instabilité en Syrie, en Irak et en Libye aurait un effet perturbateur sur l’offre de pétrole et ainsi pousserait le prix à la hausse.

Ainsi, on peut identifier trois facteurs principaux à ce choc : une hausse importante de la production de pétrole de schiste aux États-Unis, un ralentissement économique en Europe et l’éclatement d’un « super-cycle ».

 

Tout d’abord, les États-Unis apporteraient une forte augmentation au niveau de l’offre mondiale, de l’ordre de un à deux millions de barils par jour selon le mois. Cette surproduction a eu comme impact de diminuer l’importation de pétrole du plus grand consommateur mondial de pétrole.

 

Ensuite, le ralentissement économique en Europe s’associe à une diminution de la demande. Encore une fois, rien pour soutenir le prix du Brent, l’indice de référence en Europe. La croissance moins importante en Chine serait également un frein pour la demande.

 

Mais la principale cause de cette chute de prix serait la présence d’un super-cycle au niveau du marché des ressources naturelles. Cette théorie suppose qu’il existe un délai d’ajustement assez important dans ce marché. Ce délai proviendrait de la complexité associée à l’entrée de nouveaux producteurs, que ce soit la découverte de la ressource ou l’investissement avant de commencer la production.

 

De façon similaire, les consommateurs auraient besoin de temps pour s’ajuster à la nouvelle réalité des prix du marché.

 

Ce phénomène fait en sorte que, même dans une période de prix croissants, on peut observer une augmentation du nombre de consommateurs. De façon identique, il est possible que, même dans une situation de prix décroissants, la production augmente.

 

Cela peut sembler contre-intuitif, mais il en est ainsi dans plusieurs marchés, que ce soit le fer, le cuivre ou le pétrole.

 

Le refus des producteurs de réduire la production malgré la chute du prix rend d’autant plus difficile à prévoir jusqu’à quel point le prix peut diminuer. En effet, il faut qu’il diminue suffisamment pour faire sortir du marché les producteurs inefficaces, c’est-à-dire ceux dont les coûts d’extraction sont les plus élevés.

 

Par contre, comme il peut parfois s’agir d’investissements se chiffrant dans les milliards de dollars, cela peut prendre plusieurs mois avant que ce choc ne se fasse sentir.

 

La réalité demeure que les sables bitumineux font partie des méthodes d’extraction du pétrole comportant le coût de production le plus élevé. Ainsi, sans une reprise importante de la demande ou un choc plus important diminuant la production ailleurs dans le monde, c’est la production albertaine qui écopera le plus. Le super-cycle affectera donc l’Alberta plus que d’autres producteurs. Quel sera donc le thème économique pour 2015?  Probablement le nouveau déficit du gouvernement albertain et la façon de l’éliminer…

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