Vendredi 1er mai, la sergente Josée Valiquette, chargée des relations avec les médias au sein de la Gendarmerie royale du Canada albertaine, a présenté son parcours professionnel au Forum Génération’elles de la Coalition des femmes de l’Alberta.

Entrée à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à 18  ans en tant que secrétaire, la Québécoise Josée Valiquette a dû retranscrire des enregistrements d’écoutes téléphoniques liées à des trafics de drogue. Fascinée par cet univers et par le travail d’enquête, elle décide de devenir elle-même policière et se fait engager en 1990. Sa première affectation sera à Regina. 25 ans plus tard, Josée Valiquette est désormais responsable des communications avec les médias à Edmonton, après avoir occupé de nombreux postes de terrain ou de bureau dans différents coins du Canada, de Prince Rupert (Colombie-Britannique) à Ottawa en passant par Whitecourt. C’est ce parcours mouvementé que la sergente a raconté vendredi 1er mai en ouverture du Forum Génération’elles de la Coalition des femmes de l’Alberta.

Direction la côte ouest

Au début de sa carrière, Josée Valiquette ne maîtrise pas encore l’anglais. Elle peine parfois à comprendre les messages radio lorsqu’elle patrouille au volant de sa voiture de service, à Salmon Arm (Colombie-Britannique). « Mais quand je croisais des véhicules avec des sirènes, je suivais ! », raconte avec humour la policière. Sur le terrain, alors que son anglais s’améliore, elle réalise le pouvoir de la parole. « Il y avait une femme dont j’arrêtais toujours le mari pour violences conjugales. Dans ces années-là, on le laissait aller quand il était sobre et que la femme ne voulait pas porter plainte », se souvient Mme Valiquette, ce qui ne l’empêchait de discuter avec elle à chaque fois, pour la pousser à faire le bon choix. Un jour, la policière recroise cette dame qui lui avoue avoir enfin laissé son mari. « Elle m’a dit que j’avais eu un impact sur elle  », se rappelle la sergente. Et cela peut aussi fonctionner avec des criminels endurcis : « À un moment donné, on peut les toucher et ils décident de prendre un chemin différent… »

Le 7 novembre à la Cité francophone, le Centre d’accueil et d’établissement et la Coalition des femmes de l’Alberta ont réservé un moment de la Semaine nationale de l’immigration francophone aux femmes de l’Alberta.

« Le monde est porté par les femmes », a tenu à souligner la présidente de la Coalition des femmes de l’Alberta, Gioia Sallustio-Jarvis. Elle a ensuite mentionné l’importance de ses amies auxquelles elle peut se confier. « Sans elles, je ne serais pas là aujourd’hui devant vous », a-t-elle dit. Ce miniforum était donc l’occasion de réfléchir à ce en quoi consiste le bien-être de la femme, dans des circonstances de déracinement notamment, mais aussi de se retrouver et de créer des amitiés.

Après avoir fait le portrait fictif de trois types de femmes, qui ont réussi à réaliser un aspect de leur bien-être tout en constatant certaines lacunes au niveau physique ou psychologique, Jeanne Lehman a conclu en disant que « chacune de nous doit définir ce qu’est le bien-être ». Celle qui travaille au jour le jour avec des immigrants au Africa Centre, et présidente de la nouvelle association Francophonie albertaine plurielle (FRAP), donne un conseil aux femmes présentes : qu’elles prennent au moins une journée à elles pour leur permettre de souffler. « Si vous avez eu le courage de tout quitter pour venir ici, vous devriez arriver à trouver votre bien-être », finit-elle.

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