Aimé Déry, accordeur et réparateur de pianos

Il accorde et répare des pianos depuis plus de 40 ans. Aimé Déry nous a ouvert les portes de sa maison et de son atelier, à Edmonton.

« En 1970, j’étais commis-voyageur. Je représentais une grosse compagnie pour les appareils ménagers, les radios, les télévisions… Mes enfants étaient jeunes et je n’étais jamais à la maison. Une nuit,  je me suis réveillé, et j’ai décidé que c’était assez. »

C’est à ce moment-là qu’Aimé Déry apprend le métier d’accordeur-réparateur de pianos.  Il s’inscrit à une école d’Orlando, en Floride, et se forme auprès de deux professionnels « considérés comme les meilleurs, dans le temps ». En 1971, il obtient son diplôme. Pour Aimé, c’est le début d’une nouvelle vie. Et depuis, « [il] sème de l’harmonie partout où [il] passe », se plaît-il à dire pour décrire son métier.


« Au début, il a fallu que je fasse un peu d’annonce pour me présenter mais aujourd’hui, c’est surtout le bouche-à-oreille. » Ses clients ? « Des familles, des particuliers, des salles communautaires, des églises, des salles de concert… » Et comme un piano doit se réaccorder environ tous les ans – la faute aux changements de température ou d’humidité, notamment –, certains clients deviennent des fidèles.

Pianos droits, à queue, mécaniques…
Bien qu’il ait accordé des orgues à tuyaux pendant 25 ans, Aimé se consacre désormais aux pianos – droits, à queue… et même mécaniques (ceux-là jouent de la musique préenregistrée sur des rouleaux perforés) – et aux harmoniums. Mais en plus de l’accordage, il faut parfois réparer les complexes mécanismes internes et remplacer certaines pièces.  

Pas un souci pour Aimé. Très habile de ses mains, il est capable de retaper un piano de A à Z… enfin presque. « Je ne m’occupe pas des finitions », nuance-t-il. Dans son jardin, il s’est construit un atelier avec des machines pour travailler le bois, plein d’outils en tous genres et des dizaines de gros bocaux de pièces de rechange fixés au plafond. Ingénieux. Ceux avec un couvercle vert sont d’anciens pots de beurre d’arachide. « J’ai élevé cinq enfants », se justifie-t-il dans un sourire.

Quand on lui demande de nous parler d’un piano mémorable, Aimé évoque un Decker Brothers de 1868 qui lui est passé entre les mains en 2004. « Il a fallu que je change les pièces qu’il y avait dedans pour les remplacer par des pièces plus modernes. C’était tout obsolète ! » Après avoir fait le tour de la quasi-totalité des fournisseurs, il dégotte des pièces japonaises qui, finalement, feront l’affaire. Cout des réparations : plus de 12 000 dollars. « Encore aujourd’hui, je ne comprends pas que ces gens-là aient dépensé tant d’argent pour refaire un piano de cet âge-là. C’était une affaire émotionnelle, je crois. »



 

« Je ne suis pas pianiste »
Et la musique dans tout ça ? « Moi je suis accordeur-technicien, je ne suis pas pianiste », répond Aimé. Ah bon ? Même après toutes ces années à chouchouter des pianos ? « Je pioche là-dessus tous les jours, c’est assez ! », argumente-t-il. « Mais mon épouse joue très bien. » Le superbe piano dans le salon, c’est donc pour elle. Il n’empêche qu’Aimé aime la musique depuis tout petit. « Ma mère jouait du violon jouait du violon et chantait tout le temps », se rappelle-t-il. D’ailleurs, lui aussi adore chanter. Une passion qu’il partage avec sa femme.

Aujourd’hui, Aimé n’a pas tellement envie de s’arrêter de travailler. « Je continuerai aussi longtemps que me santé le permette. Ça peut être 6 mois, ça peut être 6 ans, ou plus. En ce moment ça va très bien, alors je m’amuse ! »

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