Un caviste francophone passionné et passionnant

Lorsque Richard Harvey, caviste et propriétaire de l’établissement Metrovino, vous parle d’un vin, il ne s’arrête pas là. Il vous raconte une histoire. Celle du vin, mais aussi celle des mains qui l’ont façonné.

Richard Harvey connaît les vins, et connaît personnellement ceux qui leur donnent vie. Il rapporte de ses voyages en France son amour pour cette culture et l’envie de la faire partager au plus grand nombre, en anglais aussi bien qu’en français.


Si bien que lorsque vous goûterez un vin qu’il aura sélectionné pour vous, lors, par exemple, d’une soirée dégustation com-me celle du 18 avril dernier au River Cafe, vous vous sentirez plongé dans un terroir parfumé, peut-être même amené, en fermant les yeux, à retrouver les souvenirs d’une promenade ensoleillée à Château-Neuf du Pape. Rencontre avec un fin connaisseur et amoureux généreux des vins et de la culture.

Pouvez-vous nous parler de vous et de votre histoire?
J’habite à Calgary depuis plus de 20 ans, et je suis originaire de la côte ouest de la Colombie-Britannique. J’ai beaucoup voyagé et je pense que mon amour du vin provient de mes séjours dans le nord de la Californie, dans la vallée de Sonora, où j’étais ami avec des gens dont les parents étaient vignerons. Cela a peut-être influencé mon subconscient! Je me suis lancé dans le vin via la restauration à Vancouver et j’ai été sommelier pour une chaîne hôtelière.

Je suis venu en Alberta au milieu des années 80 pour travailler pour un importateur. J’ai été fortement intéressé par ce qui se passait ici, c’est-à-dire les débuts de la privatisation de la vente de vin en Alberta, le « private wine boutique program ». Avec la privatisation en 93, tout a changé, et moi je voulais faire quelque chose de différent. J’avais un grand ami qui tenait une boutique de livres de cuisine et il m’a dit : « Écoute, j’ai l’intention d’ouvrir, pas seulement une librairie, mais une école de cuisine, une épicerie fine et j’aimerais bien que tu sois associé dans le même projet, avec ton magasin de vin ».

Ça s’est déroulé comme ça, et depuis 15 ans, je tiens la boutique Metrovino à côté de la Cookbook Company. Entre temps, j’ai beaucoup voyagé, et ce, depuis l’âge de 17 ans. À la surprise de mes parents qui étaient du nord de l’Angleterre, j’ai été attiré par la France et la culture française, le patrimoine gastronomique, la nourriture et le vin.

C’est à ce moment-là que vous avez commencé à voyager dans toute la France et, via Metrovino, à rencontrer des producteurs?
Ça a commencé discrètement, mais dès que j’ai eu trouvé mon métier, j’ai voyagé et je me suis rendu compte que j’allais plus en France qu’ailleurs. J’ai été attiré par la France parce que j’ai trouvé une variété énorme de vins et aussi des vins considérés comme des modèles par tout le monde.

Par exemple, quand quelqu’un fait un vin de cépage cabernet-sauvignon, il se dit « je veux être le concurrent des grands Bordeaux ». Que ce soit justifié ou pas, ce sont des modèles pour tout le monde. J’y ai trouvé beaucoup d’intérêt, de plaisir, de qualité et de diversité.

C’est cela vous avez envie de transmettre aujourd’hui?

Ça et plus! Je veux défaire l’image des vins français com-me quelque chose qui serait réservé aux riches. C’est un produit agricole.

Il y a beaucoup de vins dont on entend les noms, mais qu’on ne peut pas goûter parce qu’ils sont vraiment chers. Mais la France a beaucoup de vins qui sont abordables pour tout le monde et qui sont d’une très haute qualité.

Nos vins français sont destinés aux gens qui s’intéressent vraiment au vin, qui ne sont pas juste des collectionneurs ou des gens avec de grands moyens financiers. Il faut constater que le vin fait vraiment partie du quotidien de beaucoup de Français et de beaucoup de Canadiens, et je ne veux pas avoir que des vins pour des occasions spéciales.

Et vous amenez aussi les producteurs français à la rencontre des Calgaréens?
Oui, parce que j’ai la chance de pouvoir voyager en France assez souvent, et à chaque fois, c’est une espèce de renaissance. Ça renouvelle les raisons pour lesquelles je travaille dans le vin et je veux, autant que possible, faire venir ici les gens qui représentent ces domaines. La bouteille parle beaucoup, mais il faut aussi avoir quelqu’un qui vous donne l’esprit du pays d’où elle vient.

Tous les vins français de qualité ont cette expression du terroir et quoi de mieux pour l’exprimer que quelqu’un qui vient de la région et qui connaît intimement le vin? Je connais 90 %
des producteurs des vins que je vends, c’est très personnel.

Nous aimons raconter l’histoire familiale de tous nos vins. Ce sont des familles plutôt que des compagnies. Et nous racontons ce qu’il y a derrière les vins.

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut