Un Franco-Albertain détrône Michael Ignatieff

Lors des élections fédérales du 2 mai dernier, en Ontario, un Franco-Albertain de naissance a défait celui qui était alors chef de l’Opposition officielle.

Bernard Trottier, le nouveau député conservateur de la circonscription torontoise d’Etobicoke-Lakeshore, est natif de Saint-Paul. Celui qui a battu l’ancien chef libéral par plus de 3000 votes a quitté l’Alberta en 1990. Il habite actuellement la ville de Toronto avec sa femme et ses deux enfants.


À l’âge de 18 ans, il a quitté la région du centre-est albertain pour étudier à l’Université de l’Alberta, à Edmonton. « J’habitais alors avec des francophones, se remémore-t-il. J’ai d’ailleurs habité avec Claude Bernatchez de Radio-Canada. »

Il se souvient aussi qu’il y avait beaucoup d’activités organisées par la communauté francophone et qu’il jouait régulièrement, entre autres, au soccer en français. C’est pour compléter une maîtrise en administration des affaires (MBA) qu’il a déménagé en Ontario en 1990. 

« Il y a une grande communauté francophone à Toronto, mais à la différence de celle où j’ai grandi, les francophones ici sont éparpillés, fait-il remarquer. Il y a moins ce sentiment de communauté comme à Edmonton. »

M. Trottier souligne qu’il est quand même possible d’y faire des activités en français, comme d’aller au théâtre français de Toronto par exemple, bien que ce soit en général moins facile de joindre les francophones de la région. « Il y a une excellente école française ici, où mes enfants vont d’ailleurs », précise-t-il.

Le député a aussi constaté en faisant du porte-à-porte lors de sa campagne que régulièrement le citoyen sur le pas de la porte était francophone.

Avant les élections, Bernard Trottier était consultant en affaires, un métier qui l’a aidé à développer des qualités qui lui ont été utiles dans la campagne et qui le seront dans son nouveau rôle de député.

« Les talents que l’on développe quand on est consultant en affaires, c’est d’abord la capacité d’offrir un service à la clientèle impeccable, ce qui inclut de se souvenir du nom des gens avec qui on travaille. C’est une habileté qui se développe, assure-t-il. Nous apprenons aussi à approcher les problèmes selon le dicton dans vie, il n’y a pas de problèmes, seulement des opportunités. C’est comme ça qu’il faut aussi penser quand on fait de la politique. »

Quant à ce qui l’a propulsé devant Michael Ignatieff, M. Trottier pointe la plateforme conservatrice comme principale responsable. D’après lui, les préoccupations sociales des autres partis étaient certes importantes, mais à l’heure actuelle, la population a davantage envie de se préoccuper de l’économie du pays, de ce qui finance les projets sociaux.

Ensuite, sa présence au sein de la circonscription d’Etobicoke-Lakeshore aurait aussi fait la différence pour les électeurs. « J’ai fait du porte-à-porte, j’ai été présent lors de quantités d’événements sociaux, là où mes opposants étaient absents. Je ne peux pas indiquer combien d’électeurs ont voté pour moi pour cette raison, mais j’ai reçu des feedbacks de gens qui ont voté pour moi parce qu’ils me voyaient partout et que, pour eux, je donnais l’impression de vraiment vouloir représenter ma communauté », explique Bernard Trottier.

Si c’était la première fois qu’il se présentait comme candidat, il s’est depuis longtemps impliqué dans la politique, notamment en aidant les candidats locaux. M. Trottier se dit prêt à relever les défis de son nouveau poste. Il travaillera par ailleurs avec une équipe qui a déjà cinq ans d’expérience au pouvoir.

De plus, il est à Ottawa depuis le 10 mai pour y recevoir, lors des prochaines semaines, une formation afin de devenir un membre efficace du Parlement. Il rencontrera par la suite ceux qui forment le gouvernement provincial afin de discuter de projets communs.


En ce qui a trait à la communauté francophone de l’Alber-ta, qu’il revisite au moins une fois par année en allant notamment voir sa mère à Saint-Albert, Bernard Trottier estime qu’il s’agit d’une communauté très fière et qu’elle a raison de l’être, parce qu’elle est un beau bassin de talents.

 

 

Source photo : www.conservateur.ca
 

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