Francine Ricard : éducatrice et mentor reconnue

L’éducatrice Francine Ricard, qui travaille depuis 17 ans avec les enfants de la prématernelle francophone Bobino Bobinette, a reçu le mois dernier le prix d’excellence 2011 de l’Alberta Child Care Association (ACCA) dans la catégorie Pratiques culturelles.


Depuis 2006, le prix d’excellence de l’ACCA est remis annuellement aux professionnels des soins à l’enfance qui ont contribué de façon remarquable à l’avancement de leur domaine et à l’amélioration de la qualité de leurs services. Il a été décerné le 8 avril dernier à 12 professionnels à travers la province, parmi lesquels on retrouvait Francine Ricard, seule finaliste d’Edmonton.

Elle était en nomination aux côtés d’une autre éducatrice franco-albertaine, Monique Juliat-Krupa (prématernelle La Boîte à surprises de Saint-Albert). Profondément touchée par la reconnaissance des parents qui ont proposé sa nomination, Francine Ricard a aussi tenu à féliciter sa collègue, ainsi qu’à mentionner que la qualité de ses classes était assurée par ses « deux excellentes aides », Micheline Sylvestre et Béatrice Lucot-Gardener.

Sa candidature avait été soumise par le Comité de parents de la prématernelle Bobino Bobinette. « Ce n’est pas un hasard si Francine a gagné, soutient la présidente du Comité, Adel Mwika. Elle méritait grandement cet honneur. Nous avons suggéré sa candidature parce qu’elle assure sa fonction avec un très grand professionnalisme, qu’elle fait preuve d’un leadership impressionnant et que tous les parents lui font confiance. Le prix reconnaît son dévouement, son amour du travail et son amour des enfants. Nous sommes très contents qu’elle ait gagné », termine-t-elle.

 

Native de Yamachiche en Mauricie, Francine Ricard est arrivée à Edmonton en 1978. « Quand je suis arrivée, je parlais autant anglais qu’on pouvait en apprendre au Québec », raconte-t-elle en souriant. Aujourd’hui, elle s’ennuie un peu de sa terre natale. « La culture, la langue me manquent, confie l’éducatrice. Ici, quand on entend parler français, on se retourne pour voir c’est qui! »

Forte de 28 ans d’expérience de travail avec les enfants, Francine Ricard est aussi responsable depuis quelques années du programme gouvernemental de mentorat en francisation pour le Conseil scolaire Centre-Nord. Elle assure ainsi l’accompagnement pédagogique d’éducateurs et d’éducatrices qui travaillent en francisation auprès des enfants.

« Partir du Québec pour venir enseigner en français ici c’est une chose, explique l’éducatrice chevronnée, mais comme certains petits arrivent sans parler un mot d’anglais, d’autres arrivent et ne parlent pas un mot de français. Mon rôle en tant que mentor est de former des éducateurs pour ces conditions qu’ils ne connaissent pas. »

Il s’agit d’une tâche dont elle s’acquitte volontiers, en plus de son travail à la prématernelle, où elle a actuellement à sa charge 46 petits de 3 et 4 ans. Ses classes s’y déroulent exclusivement en français, et ce même si certains enfants n’ont aucune connaissance de la langue. « Pour eux, je ne parle que le français. Bien sûr, ils savent que je comprends l’anglais et l’utilisent parfois quand ils me parlent. Mais si une petite fille me parle de son baby dog, je lui réponds en parlant de son bébé chien. Ils apprennent vite du vocabulaire. »


Par ailleurs, lorsqu’il est question de sécurité, les consignes sont données en anglais pour s’assurer la compréhension de tous les enfants. « J’ai une marionnette qui parle anglais sur mon doigt. Je l’utilise si je dois parler de choses de la première importance, ce qui touche la sécurité, par exemple, ou si je dois m’adresser à un parent anglophone », souligne Francine Ricard.


Les enfants apprennent en s’amusant, à travers le jeu et le bricolage. « Très vite, fait-elle remarquer, ils entendent la différence entre les sons anglais et les sons français. Comme l’enfant francophone qui prétend chanter en anglais en faisant des woudouyoudou, ceux qui n’ont pas encore de mots sont capables de produire des sons français. »


Toujours aussi passionnée par son travail au quotidien avec les élèves de demain, Francine Ricard confie avoir le désir de demeurer chez Bobino Bobinette aussi longtemps qu’elle le pourra. Quand elle voit les parents venir chercher leurs enfants avec un petit frère ou une petite sœur, elle ne peut s’empêcher de penser combien elle a hâte de les avoir à leur tour dans sa classe.

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