San Benito, une communauté en plein essor

À la fin du mois de mars, un groupe s’est rendu au Nicaragua afin de découvrir les projets humanitaires initiés par le prêtre franco-albertain, Denis Hébert. Cet article est le second d’une série de reportages qui seront publiés dans Le Franco.

Malgré l’accablante chaleur de la saison sèche, les fenêtres de l’autobus dans lequel se trouvaient les voyageurs devaient rester fermées. La poussière soulevée sur les chemins de terre de San Benito aurait envahi le véhicule.

« Un projet de paver les routes de la communauté a été proposé par le Japon. Pour l’instant, il y a beaucoup de tractations avec la mairie », explique la guide du voyage, Orlane Machaob Brenes.


La communauté agricole de San Benito située à 35 kilomètres à l’extérieur de Managua, la capitale, est formée d’environ 700 familles. Le père Denis Hébert, par l’entremise de Fundacco, y a instauré quelques projets afin d’aider au développement social et économique de ses habitants.

Coopérative agricole
Les huit membres du collectif de la ferme Dolorèse cultivent des tomates, des melons, du maïs et de la citrouille sur une ferme de 13 hectares. Ils vendent leurs produits organiques au marché local. L’agriculture est la principale source de développement à San Benito.

Harold Osmany Andrade, employé de Fundacco, se rend régulièrement à San Benito pour appuyer les projets de développement. Le jeune homme explique que le climat trop aride de la saison sèche, d’octobre à mai, ne permettait pas aux agriculteurs de cultiver pendant cette période.

Fundacco a aidé les membres à mettre en place un système d’irrigation. Le lac Managua se trouve à environ cinq kilomètres. « Depuis trois ans, la fondation soutient le collectif. Maintenant il y a deux récoltes par années. Cela a apporté beaucoup de bénéfices et nous continuons l’effort », avance Harold Osmany Andrade, confiant. Le collectif commencera sous peu la culture du poivron.

Les membres ont également appris à produire leur propre engrais organique à l’aide de compost et de fumier. « Avant, les membres utilisaient des pesticides chimiques. Il y a plus de travail à faire, mais aujourd’hui, ils produisent leurs propres ressources durables », ajoute M. Andrade.

Un des membres du collectif, Harold Durán Masisi, doit tout de même se rendre en ville pour acheter quelques produits qui composent l’engrais. « Pour acheter, il faut aller dans les endroits où la production est plus grande qu’ici. Pour l’instant, les gens sont trop pauvres pour tenir un commerce, donc j’en profite pour ramener des choses qu’on ne trouve pas à San Benito », explique ce dernier.

Selon lui, l’appui de Fundacco a permis au collectif de réduire les pertes des récoltes.

Créer l’économie
Père Hébert admet qu’il a fallu beaucoup d’imagination pour remédier au problème de chômage et d’accès à l’emploi qui existe dans des communautés comme San Benito.

Fundacco y a récemment mis sur pied un centre de couture comptant neuf machines à coudre. Le père Denis Hébert espère que d’ici un an, ce centre comptera une dizaine d’employées et pourra être autosuffisant. Le centre est présentement en recrutement pour les femmes qui désirent apprendre le métier.

« Si on veut augmenter les conditions de vie, il faut que les gens soient eux-mêmes les activistes du changement. Nous leur apportons un support modéré. Pour les aider, il faut trouver un marché où ils pourront vendre leurs produits. Le problème c’est que les gens n’ont pas d’argent pour acheter », fait remarquer le Franco-Albertain.

Juana Pineda, responsable de l’équipe de couture, affirme qu’il est difficile de recruter des employées. « Il faut attendre un mois avant que le travail ne rapporte de l’argent. Et le salaire de 70 cordobas par jour (l’équivalent de 3 $ américains) n’est pas une grande motivation au travail », déplore Mme Pineda.

La dernière idée du père Denis Hébert est d’encourager les femmes à former une coopérative d’investissement et d’épargner une vingtaine de Cordobas par mois (23 cordobas équivaut à 1 $ américain).

« Le centre de couture pourrait alors offrir des ristournes. Nous cherchons un moyen de le mettre en marche. Les gens sont intéressés, mais il faut en parler longuement afin qu’il n’y ait pas de malentendus. Ce sont eux qui doivent prendre les décisions », rappelle Père Hébert.
 

 

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