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Designeure franco-albertaine à l’honneur

La Franco-Albertaine Rachelle Bugeaud a été mise en nomination pour l’édition 2012 de l’Avenue’s Design Contest, un concours qui reconnait les designeurs locaux d’Edmonton, pour sa table de travail, The Workforce. Même si elle n’a pas été choisie comme grande lauréate, celle-ci se dit tout de même satisfaite d’avoir été l’une des cinq finalistes.

Détentrice d’un baccalauréat en design industriel à l’Université de l’Alberta en 2011, la jeune designeure a soumis une œuvre qu’elle avait conceptualisée durant ses études et sur laquelle elle a continué à travailler depuis presque un an.


La table de travail qu’elle a créée comporte des sillons où se glissent des plaques amovibles qui permettent d’organiser son espace de travail en fonction des tâches à accomplir.

« Je ne voulais pas juste créer une table, mais améliorer ce qui existe déjà. C’est un concept différent qui n’a pas été exploré auparavant. Elle est basée sur moi parce que j’aime organiser mon espace en fonction de ce que je fais. C’est une beauté fonctionnelle et efficace », explique la jeune femme.

Encore au stade du prototype, Rachelle Bugeaud sait que son idée a du potentiel et aspire à ce qu’une compagnie produise sa table et la rende accessible au grand public. La designeure avoue que construire une table accapare beaucoup de son temps qu’elle aimerait plutôt dédier à conceptualiser de nouveaux projets. Une trentaine d’idées, élaborées durant ses études, dorment encore en suspend dans sa tête.

Elle se dit toutefois concernée par la question des droits d’auteurs, qu’elle déplore ne pas mieux maitriser. « Les gens peuvent se voir utiliser ma table et si elle était fabriquée en chaine de production elle pourrait être vendue à un prix plus bas, mais je dois m’informer avec les designeurs locaux parce que nous n’avons pas appris beaucoup sur les droits d’auteurs à l’université et je sais que les compagnies vont sur Internet pour chercher des concepts et les produire sans payer pour l’idée », met-elle de l’avant.

L’expérience, un atout précieux
Mme Bugeaud travaille présentement à temps plein comme designeure d’intérieur au Ziola Studio, un bureau d’architecte au centre-ville d’Edmonton, où elle acquiert une expérience pratique du métier de designeur, tout en se forgeant une idée du côté commercial de la profession.

La jeune femme s’implique aussi bénévolement auprès de l’organisme M.A.D.E. in Edmonton (Media, Art, Design Expose) qui organise des évènements à Edmonton afin de promouvoir le design. Cet organisme lui permet de rester en contact avec d’autres artistes designeurs et des acteurs clés du milieu du design, qui est quelque peu laissé pour compte, selon la designeure.

« À Edmonton, nous investissons beaucoup dans les arts visuels, mais nous n’avons pas de galerie ou de musées pour le design et l’Université de l’Alberta pourrait pousser son curriculum qui est un peu désuet. Il y a un exode des designeurs d’Edmonton. J’ai des amis qui sont partis à Vancouver ou New York où cette discipline est plus reconnue », fait remarquer celle qui a également étudié en Allemagne, pays où le design est manifeste. Son but est tout de même de s’impliquer dans sa ville afin que sa discipline soit mieux établie.

Rachelle Bugeaud se dit autant artiste que designeure. Elle peint, dessine et fait de la couture, entre autres choses, et dit aimer mélanger les différents médiums. Elle fait toutefois la différence entre son côté designeur et son côté artiste qui sont deux mondes différents lorsqu’elle travaille.

Alors que son côté artistique se veut beaucoup plus intuitif dans sa recherche d’esthétique, la designeure en elle cherchera plutôt à exploiter le côté fonctionnel, concret et utile des produits, concepts ou système qu’elle conçoit.

Maitriser son art
« Nous n’avons pas besoin d’autres belles chaises, mais plutôt d’explorer ce que les gens ont vraiment besoin et créer quelque chose qui améliore la situation », affirme l’artiste designeure, à propos de l’avenir du design.

Elle regrette que, trop souvent, les designeurs créent des objets qui ne cherchent pas à combler les besoins des gens, mais répondent plutôt à un désir personnel de créer pour ensuite tenter de l’appliquer à la vie de tous les jours. La démarche de la jeune femme serait de repérer les habitudes des gens et cerner leurs besoins pour adapter les produits à leur réalité. Le design lui permet d’aborder différents domaines complètement disparates.

Ce qui l’intéresse ne réside d’ailleurs pas nécessairement dans le design d’objets en soi. Mme Bugeaud songe à entreprendre une maitrise en design interdisciplinaire. Cette branche intègre plusieurs concepts de design qui vont même jusqu’à concevoir de nouvelles façons pour les gens d’interagir avec leur environnement.

« C’est poussé au-delà du design, il ne s’agit pas juste de créer des objets, mais de penser aux habitudes des gens et des différentes cultures et de créer de nouvelles expériences d’interactions avec le service que tu as à offrir », conclut-elle.

 

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