Imprimer cette page

Jour du Souvenir : souvenons-nous des vétérans

Le lieutenant Sylvain Bouliane fait partie de cette nouvelle génération de vétérans qui, pour la plupart, n’ont pas fait de guerre, mais des missions de paix. En ce jour du Souvenir, il célèbre les victoires, mais se remémore les pertes subies au sein des Forces canadiennes au fil des ans.

« C’est une journée spéciale pour moi parce que mon père a participé à la Deuxième Guerre mondiale », affirme le lieutenant Bouliane, basé à Calgary et qui a accumulé 32 années de service.

Il enseigne aujourd’hui à des étudiants. Les écoles le sollicitent aussi à venir parler de sa participation aux différentes missions de paix de l’ONU en Égypte et des missions de l’OTAN en Bosnie et en Serbie. « C’est important d’expliquer aux jeunes ce qu’on fait, que ce n’est pas juste la guerre, on défend nos droits et notre pays », explique le vétéran.

 

Vétérans nouveau genre
Ce dernier précise toutefois qu’il existe une grande différence entre un vétéran qui a fait la guerre et un autre qui a servi au sein des missions de paix. « Les jeunes de ma génération ne sont pas entrés dans l’armée pour être militaires, ils étaient intéressés par les missions de paix, c’était un choix de métier », atteste-t-il.

Le membre des Forces canadiennes admet, tout de même, qu’une rigoureuse sélection est effectuée quant aux participants qui iront en missions. « Ça dépend de ta formation. Tu es choisi d’après ton niveau de connaissance et ton
métier militaire », déclare celui qui œuvrait dans l’entretien de bâtiment durant son service.

Sylvain Bouliane se rappelle sa première mission de paix, en Égypte, en 1976. L’ONU avait dû y renvoyer des troupes gardiennes de la paix parce que des factions ennemies persistaient à rester au pays. « C’était très soudain et on avait peu de préparation puisque ce n’était pas une mission en cours depuis longtemps. C’était pratiquement la première fois que je sortais du Canada, ça a été un choc culturel », se rappelle l’ancien soldat.

Des missions différentes
Si les années 1970-80 étaient marquées par les missions de paix de l’ONU, l’engagement du Canada en Afghanistan en 2001, sous l’OTAN, aurait changé la façon d’entrainer les membres des Forces. « Il n’y avait pas d’affrontements entre factions que l’on pouvait pratiquer à l’époque », fait observer ce dernier.

Le Canada a, en effet, changé la nature de son entrainement depuis que le pays participe de plus en plus aux missions de l’OTAN, où l’armée n’est pas gardienne de paix, mais une force défensive.

Les différents scénarios d’interventions vécus par les Forces canadiennes en Afghanistan sont recréés par les vétérans qui vont jusqu’à se faire pousser la barbe et s’habiller comme des talibans afin d’atteindre un niveau de réalisme le plus fidèle à la réalité possible.

« Même si les gens de l’armée étaient aussi entrainés pour des temps de guerre, l’entrainement est beaucoup plus intensif aujourd’hui qu’auparavant. Ils (les soldats) sont définitivement bien préparés », fait observer le membre des Forces.

Le vétéran
L’homme originaire de Montréal assure qu’il s’agit d’un bon choix de carrière pour ceux qui sont prêts à relever des défis. « Ça te fait voir des pays, j’ai dû en visiter 35 donc, ça développe des connaissances. On vient que l’on connait aussi tout le Canada », ajoute-t-il.

Sylvain Bouliane réside aujourd’hui à Calgary. Après avoir pris sa retraite des Forces en 1997, il a réintégré l’uniforme en 2003. Cette fois-ci, en tant qu’instructeur pour les cadets de la marine où il enseigne la discipline du genre militaire et joue un rôle de leadership. Il s’implique également au sein de plusieurs associations, telle l’Association canadienne des vétérans des forces de la paix pour les Nations Unies.
 

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)