Vincent Bonisoli, ou l'art pour la paix

Installé à Fort McMurray depuis 2008, Vincent Bonisoli est un designer français qui se décrit comme « un extra-terrestre » dans son domaine. Connu en Alberta pour avoir créé le compte à rebours des Western Summer Games de 2015 qui se sont déroulés à Fort McMurray, il produit depuis d’autres œuvres pour la communauté et se passionne en ce moment pour la création de jeux pour enfants. Portrait d’un artiste au parcours atypique.

vbVolubile et passionné, Vincent Bonisoli raconte son parcours, ses déboires, ses sources d’inspiration sans détour. Mais il est aussi modeste : « j’étais un peu connu en France », dit-il.

Spécialiste de la chaise haut-de-gamme sur mesure, il a notamment été lauréat du concours jeunes talents de Genève en 2001, avec le fauteuil Maxx, qui a aussi été exposé à Manhattan pendant deux ans.

Il décide cependant de tout arrêter en 2003, lorsque son père décède. C’est dans l’entreprise familiale que Vincent avait tout appris : « je suis tombé dedans tout petit », nous raconte-t-il.

Arrivé au Canada en 2005, il tente l’aventure montréalaise. « Mais je n’ai pas du tout aimé Montréal », confie-t-il. Et comme il est aussi soudeur professionnel, il décide de venir à Fort

McMurray, où il travaille comme soudeur pendant plusieurs années.

C’est en 2013 que l’organisation des Western Summer Games le contacte et lui demande de dessiner le compte à rebours des jeux. « J’ai vraiment hésité », dit Vincent, qui n’était pas sûr de vouloir se remettre à la création artistique après tant d’années.

Il en parle donc à sa fille, alors âgée de 6 ans et qui vit en France. Elle était contente de cette perspective, souligne Vincent, alors j’ai accepté.  « J’étais moi-même content à l’idée de savoir que son nom de famille, Bonisoli, serait présent sur un édifice à Fort McMurray », a-t-il ajouté.

vb2Agé de 45 ans, Vincent travaille aujourd’hui à la fois comme soudeur et designer artistique. La soudure, c’est une porte de secours, dit-il, un moyen de gagner sa vie. Il est d’ailleurs en train de déposer un brevet dans ce domaine. Mais sa passion, c’est de créer.

Créer, mais avec un objectif social : « je veux un projet qui réconcilie les gens », dit-il. Ancien militaire et mordu d’histoire, il dit en avoir marre des guerres, des conflits.

En ce moment, l’artiste développe un projet destiné aux enfants, en partenariat avec l’école Boréal. « Il s’agit d’un mini-banc à assembler, en forme de papillon, sur le modèle de ceux que j’ai créés pour la ville de Fort McMurray », explique-t-il. Les enfants devront monter le banc, le peindre, etc, c’est-à-dire à apprendre à gérer un projet. Le banc sera livré avec un livre sur le thème du papillon, de telle sorte qu’ils apprendront aussi des choses sur cet insecte.

Ces livres seront d’abord disponibles en français, et ensuite en anglais et dans une langue autochtone, pour favoriser le vivre ensemble, dit-il.
Profitant de sa connaissance du monde des compagnies pétrolières, Vincent a entrepris des démarches pour que celles-ci financent la fabrication de ces meubles en métal. De cette manière, les écoles pourront acquérir des jeux gratuitement, et les compagnies pétrolières verront leurs noms apposés sur les bancs. « C’est une situation win-win, comme on dit », poursuit Vincent.

L’ancrage dans l’économie locale est une autre cause chère à Vincent : « au lieu d’ « importer» d’Edmonton, de Calgary, ou même de Chine, j’ai envie de faire du ‘made in Fort McMurray’ », a –t-il expliqué.

Et l’environnement local inspire l’artiste, qui travaille également sur un projet de totem pour la communauté de Janvier, et de mini-forêt. « Les idées, je ne sais pas d’où ni comment elles me viennent », dit-il, mais à l’écouter, elles sont nombreuses !

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