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Colin Piquette : un lourd héritage à porter

Rares sont les Franco-Albertains qui n’ont jamais entendu parler de Léo Piquette, fier défenseur de la langue française dans la province, notamment lors de son mandat comme élu du Nouveau Parti démocratique (NPD)  de 1986 à 1989. Fraîchement élu dans la circonscription d’Athabasca-Sturgeon-Redwater, mais moins connu de la communauté francophone, son fils Colin Piquette est un homme impliqué dans son milieu et un francophile assumé.

« J’ai joint le NPD lorsque j’avais 14 ans », se souvient le nouveau député, qui s’était aussi présenté en 2001. Aujourd’hui âgé de 45 ans, Colin Piquette est agent d’assurance et un ancien professeur d’éthique de droit à l’Université de l’Alberta, en plus de s’être impliqué entre autres dans son village de Boyle à la Chambre de commerce, à la Société d’agriculture et à la Boyle Betterment Society. Il jumelle le travail, ses nombreuses implications et la famille, lui qui élève avec sa femme ses deux fils, dont un est autiste.

« À la maison, nous parlons anglais, même si ma femme parle très bien français, [parce que] ce serait difficile pour mon deuxième fils d’apprendre une nouvelle langue. Alors je suis moi-même un peu rouillé! », reconnaît avec humilité Colin Piquette, qui a été élevé dans une famille francophone à Plamondon, mais qui n’a bénéficié que d’un enseignement en anglais. « Mon plus vieux parle très bien français, alors je crois qu’il gardera l’héritage francophone vivant dans la famille !»


Diversité de choix

M. Piquette insiste sur l’importance d’une éducation et de soins de santé accessibles pour l’Alberta. Sa priorité comme nouveau député est de protéger ces pôles, en plus des programmes aux aînés. Les coupures du précédent gouvernement l’ont vraisemblablement convaincu de replonger dans l’arène. « J’étais très inquiet de voir les projets des Conservateurs et je crois que les gens ont besoin de

choix », résume-t-il en passant d’une langue à l’autre.

Le défi principal pour une circonscription comme Athabasca-Sturgeon-Redwater? « Réussir à représenter tout le monde !», estime celui qui a battu le député sortant avec une avance de 1778 voix. Colin Piquette espère parvenir à répondre aux besoins divers de sa circonscription, une zone essentiellement rurale au nord d’Edmonton. Dans l’attente de savoir le rôle qu’il pourra jouer au sein du nouveau gouvernement néo-démocrate, il est en transition à son emploi afin de se consacrer pleinement à sa nouvelle tâche de député. « Et je vais m’assurer de pratiquer un peu plus mon français », affirme-t-il à la blague, en ajoutant que les Franco-Albertains n’ont pas à s’inquiéter de leur représentativité dans l’Assemblée législative, où l’on retrouve « un nombre surprenant de gens qui parlent très bien français ».

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