« Là où il y a un besoin, je vais agir ! »

Classée parmi les 40 femmes les plus inspirantes du Canada par le magazine Canadian Living et dans le Top 25 des immigrants canadiens de RBC, l’Albertaine Vivian Abboud voit son implication communautaire récompensée. Retour sur le parcours de cette Libanaise trilingue « née pour vivre au Canada ».

« L’année 2014 était une année de nominations pour moi », sourit Vivian Abboud. Difficile de lui donner tort. Le magazine Canadian Living l’a classée parmi les 40 femmes les plus inspirantes du Canada et lui consacre un portrait dans son édition de janvier. Par ailleurs, elle fait partie du dernier Top 25 des immigrants canadiens de la Royal Bank of Canada (RBC).

Actuellement chef d’équipe au département langues officielles du gouvernement de l’Alberta à Edmonton, Vivian Abboud préfère se définir comme une défenseuse de la communauté. Investie bénévolement dans la lutte contre la pauvreté et la valorisation des femmes, elle est notamment membre fondatrice de la Women’s Advocacy Voice of Edmonton (WAVE). Elle siège par ailleurs au comité de l’Institute for Canadian Citizenship afin de « rappeler aux nouveaux citoyens l’importance d’être impliqué dans la ville », notamment les francophones.


De façon plus informelle, Vivian Abboud a organisé en 2014 un premier Viva Cross Networking for Women Leaders. « J’avais invité 70 femmes chez moi, on a parlé ensemble, on a mangé ensemble, raconte la Libanaise. J’ai encouragé les femmes à partager leur expertise, leur volonté. » Elle espère renouveler l’expérience chaque année.

« Privée d’enfance et d’adolescence »

Vivian a grandi dans un Liban déchiré. « J’ai vécu la guerre civile au Liban avec les bombardements, les voitures piégées, mon père qui était forcé d’aller en prison pour deux ou trois jours…, se souvient celle qui a aujourd’hui 37 ans. Je dirais que j’ai été privée d’enfance et d’adolescence. J’ai toujours vécu une vie mature, je n’avais pas le choix. […] La guerre et son contexte m’ont aidée à développer une résistance psychologique, mentale et physique. »

Une fois, durant un de ces interminables bombardements, elle s’est même changée en institutrice de fortune. « C’était notre cinquième journée dans l’abri en sous-sol…  J’ai commencé à enseigner à un petit groupe d’enfants. Je les aidais avec leurs devoirs, comme si c’était une classe. »

À l’école francophone catholique de la maternelle à la 12e année, Vivian est une bonne élève. Acceptée en faculté de médecine, elle traverse finalement l’Atlantique à 17 ans lorsqu’elle tombe amoureuse de son futur mari, un Canadien d’origine libanaise. Elle se marie et commence alors ses études post-secondaires à Edmonton.

« Le Campus Saint-Jean m’a tellement aidée »

 « Je tiens à dire que j’ai fait mes études au Campus Saint-Jean, que ce soit mon baccalauréat (en éducation, NDLR) ou ma maîtrise (leadership en bilinguisme, NDLR), insiste Vivian Abboud. Le Campus Saint-Jean m’a tellement aidée pour établir ma carrière… » Sa rencontre avec la doyenne de l’époque Claudette Tarif, désormais sénatrice, l’a beaucoup inspirée.

« J’avais un plan d’action : je voulais améliorer mon français, garder ma langue libanaise et en même temps avoir un anglais de bonne qualité », explique-t-elle. En parallèle de ses études, elle travaille donc un tant que professeure particulière de mathématiques et dans une boulangerie, afin de maîtriser la langue de Shakespeare. Pendant ce temps, son mari anglophone la soutient à 100%. « Il m’a toujours appuyée, on s’est vu comme une équipe dès le début. »

« Ce que j’aime ici, c’est qu’on te valorise »

Professeure en immersion pendant sept ans, Vivian devient ensuite conseillère pédagogique au ministère de l’Éducation de l’Alberta puis gestionnaire du programme de maths, avant d’obtenir son poste actuel.

En 20 ans, elle n’est retournée que deux ou trois fois au Liban, mais sa famille lui rend visite de temps en temps. « Plusieurs personnes m’ont dit : ‘’Vivian, tu es née pour vivre au Canada !’’ », s’amuse-t-elle. « Quand je suis revenue au Liban pour parler d’investissements, les hommes ne me regardaient pas, ils me disaient : où est ton mari ? », plaisante la Canadienne d’adoption.

« Ce que j’aime ici, c’est qu’on te valorise », affirme-t-elle. Elle apprécie le fait de pouvoir mener de front une vie de famille (elle a trois enfants), une carrière et un engagement communautaire. Elle refuse l’étiquette de féministe malgré son engagement auprès des femmes. « Là où il y a un besoin, je vais agir ! », résume-t-elle avec entrain.

Vivian complète aujourd’hui sa formation universitaire par un doctorat en gouvernance et leadership à la Simon Fraser University, en Colombie-Britannique.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut