Rares sont les Franco-Albertains qui n’ont jamais entendu parler de Léo Piquette, fier défenseur de la langue française dans la province, notamment lors de son mandat comme élu du Nouveau Parti démocratique (NPD)  de 1986 à 1989. Fraîchement élu dans la circonscription d’Athabasca-Sturgeon-Redwater, mais moins connu de la communauté francophone, son fils Colin Piquette est un homme impliqué dans son milieu et un francophile assumé.

« J’ai joint le NPD lorsque j’avais 14 ans », se souvient le nouveau député, qui s’était aussi présenté en 2001. Aujourd’hui âgé de 45 ans, Colin Piquette est agent d’assurance et un ancien professeur d’éthique de droit à l’Université de l’Alberta, en plus de s’être impliqué entre autres dans son village de Boyle à la Chambre de commerce, à la Société d’agriculture et à la Boyle Betterment Society. Il jumelle le travail, ses nombreuses implications et la famille, lui qui élève avec sa femme ses deux fils, dont un est autiste.

« À la maison, nous parlons anglais, même si ma femme parle très bien français, [parce que] ce serait difficile pour mon deuxième fils d’apprendre une nouvelle langue. Alors je suis moi-même un peu rouillé! », reconnaît avec humilité Colin Piquette, qui a été élevé dans une famille francophone à Plamondon, mais qui n’a bénéficié que d’un enseignement en anglais. « Mon plus vieux parle très bien français, alors je crois qu’il gardera l’héritage francophone vivant dans la famille !»

Jean JohnsonMardi 5 mai, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a gagné. C’est un moment historique dans la politique albertaine, puisque cette victoire met fin au règne du Parti conservateur. Selon Rachel Notley, la future nouvelle première ministre de l’Alberta, de nouveaux changements sont à prévoir. Et c’est précisément le mot changement qui est suspendu aux lèvres des Albertains. Fera-t-il une différence pour la francophonie et sera-t-il bénéfique à l’ensemble de la province ? Les paris sont ouverts.

Un tsunami orange a déferlé mardi 5 mai sur l’Alberta. 54 députés néo-démocrates ont été élus sur un total de 87, chassant les conservateurs au pouvoir depuis 1971. Pour le président de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) Jean Johnson, il ne fait aucun doute que le peuple a parlé : « C’est une nouvelle réalité, je trouve ça motivant. Les Albertains ont livré un message fort. Pour nous, l’ACFA, c’est intéressant de voir comment on va travailler avec le NPD ».

Les dés sont jetés. Toute la spéculation concernant la valeur d’une prédiction basée sur les sondages d’intention de vote s’est estompée avec une victoire écrasante du NPD lors des élections du 5 mai dernier. Ces élections ont aussi mis fin à la dynastie de 44 ans du Parti progressiste-conservateur, relégué à troisième place dans la hiérarchie de la représentation parlementaire.

Pourquoi ce changement si radical? Deux sortes de raisons pourraient être avancées pour l’expliquer. D’abord, il y aurait les facteurs immédiats, émanant de la campagne électorale : le charisme de la cheftaine néo-démocrate Rachel Notley, les erreurs des Conservateurs, et une campagne du NPD bien menée. En effet, le NPD a martelé dans ses messages le manque de crédibilité des Conservateurs, la promesse de préservation de l’État-providence albertain, auquel tout le monde devrait contribuer, y compris les grandes entreprises, et l’offre d’une alternative crédible de gouvernement.

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