NPD

Le 7 avril dernier, le député François Choquette, porte-parole du NPD en matière de Langues officielles, était de passage à la Cité francophone. Une visite qui ne pouvait pas mieux tomber, puisque les enjeux et les défis ne font que s’accentuer, notamment depuis le rejet définitif de la cause Caron. Voici un état des lieux auprès d’un représentant des langues officielles très à l’écoute lors de cette journée.

L’actuelle ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, avait annoncé en février dernier l’obligation pour les compagnies pharmaceutiques de dévoiler leurs pénuries de médicaments, chose qui avait longtemps été réclamée par le milieu de la santé à travers le pays. Environ cinq mois plus tard, les problèmes de pénuries ne semblent toujours pas réglés.

Cette réglementation récente rappelle le projet de loi C-523, battu en chambre une année plus tôt : le projet, déposé par le Nouveau Parti démocratique (NPD), suggérait déjà de rendre la divulgation des pénuries de médicaments obligatoire, imposant des sanctions à quiconque omettrait d’en informer les services de santé. C’est la députée de  Saint-Bruno–Saint-Hubert, Djaouida Sellah, qui était derrière le projet de loi. « J’avais présenté le projet de loi qui avait demandé au gouvernement de rendre la divulgation des pénuries de médicaments obligatoire, chose qui était faite auparavant de façon volontaire », confirme la députée néo-démocrate. Or, un an plus tard, les conservateurs ont ramené le projet sur le tapis, l’adoptant « en grande pompe », au dire de la députée.

L’élection albertaine du 5 mai dernier a eu un résultat historique : pour la première fois, notre province est administrée par un gouvernement néo-démocrate. Un cabinet de 12 ministres a été nommé le 24 mai. La première ministre Rachel Notley a choisi la députée de Calgary-Buffalo, Kathleen Ganley, pour être notre nouvelle ministre de la Justice.

Avant l’élection, ne disposant que de quatre sièges, le parti néo-démocrate était le quatrième parti à l’Assemblée législative de l’Alberta. En remportant cinquante sièges de plus, il a surpris tous les observateurs de la scène politique puisqu’il a mis fin à 44 ans de règne du Parti conservateur. Notre province est habituée aux dynasties politiques. Après les libéraux, les fermiers, les créditistes puis les conservateurs, les néo-démocrates réussiront-ils à se maintenir au pouvoir pour plusieurs mandats ? Cela dépendra beaucoup de la façon dont ils utiliseront le pouvoir pour gérer les deniers publics.


Au portefeuille de la Justice, Kathleen Ganley profite du « bénéfice de confiance ». Il est en effet difficile d’imaginer qu’elle puisse faire pire qu’une Alison Redford, qui a notamment prétendu que le bilinguisme est un concept fédéral n’entraînant pas d’exigence juridique ou constitutionnelle, ou encore, faire pire qu’un Jonathan Denis qui s’est même permis d’alléguer « There are no specific obligations relating to the use of French in the Courts. »

 

 

 

Son nom la trahit peut-être un peu : Marie Renaud est québécoise de naissance, ayant passé sa jeunesse dans la région de Montréal. Elle a encore de la famille au Québec, mais son cœur est depuis longtemps en Alberta, où elle a déménagé à l’âge de 17 ans. Connue dans le milieu communautaire pour son implication auprès des personnes souffrant de handicaps, la voilà maintenant députée pour le NPD albertain à St. Albert.

Son principal fait d’armes est la fondation Lo-Se-Ca (pour Love, Service, Care), où elle est directrice exécutive depuis 14 ans. Il n’est alors pas étonnant de connaître ses priorités comme nouvelle députée : « On ne donne pas assez de place à l’éducation, à nos enfants. Aussi, le service est trop lent dans nos hôpitaux », mentionne Marie Renaud. C’est en partie « grâce » au Parti progressif conservateur qu’elle a décidé de se lancer en politique. « Depuis quelques années, c’était plus difficile avec le Parti conservateur. Le Parti a cessé d’écouter nos besoins depuis longtemps. Mais Mme Notley a aidé et j’avais envie de travailler avec pour arriver à faire un changement. » Elle s’est dite « séduite par le programme inclusif » du NPD. Œuvrant depuis longtemps à Saint-Albert, elle connaît bien sa circonscription. « Les gens de St. Albert voulaient ce changement ». Les 53,9 % de vote en sa faveur semblent bien confirmer son affirmation. « Je suis toujours dans la communauté, je pense apporter une voix différente », mentionne-t-elle par rapport à ce qu’elle peut apporter au caucus néo-démocrate.

Mme Renaud, malgré son éducation en français jusqu’à la fin de la 6e année, s’avoue un peu rouillée en français : au travail comme à la maison, c’est l’anglais qui prédomine. Cela n’empêche pas que ses enfants de 29 et 20 ans, qui vont tous deux à l’université, parlent selon elle très bien la langue de Molière. La nouvelle élue espère bien avoir l’occasion de retravailler un peu plus en français.

Rares sont les Franco-Albertains qui n’ont jamais entendu parler de Léo Piquette, fier défenseur de la langue française dans la province, notamment lors de son mandat comme élu du Nouveau Parti démocratique (NPD)  de 1986 à 1989. Fraîchement élu dans la circonscription d’Athabasca-Sturgeon-Redwater, mais moins connu de la communauté francophone, son fils Colin Piquette est un homme impliqué dans son milieu et un francophile assumé.

« J’ai joint le NPD lorsque j’avais 14 ans », se souvient le nouveau député, qui s’était aussi présenté en 2001. Aujourd’hui âgé de 45 ans, Colin Piquette est agent d’assurance et un ancien professeur d’éthique de droit à l’Université de l’Alberta, en plus de s’être impliqué entre autres dans son village de Boyle à la Chambre de commerce, à la Société d’agriculture et à la Boyle Betterment Society. Il jumelle le travail, ses nombreuses implications et la famille, lui qui élève avec sa femme ses deux fils, dont un est autiste.

« À la maison, nous parlons anglais, même si ma femme parle très bien français, [parce que] ce serait difficile pour mon deuxième fils d’apprendre une nouvelle langue. Alors je suis moi-même un peu rouillé! », reconnaît avec humilité Colin Piquette, qui a été élevé dans une famille francophone à Plamondon, mais qui n’a bénéficié que d’un enseignement en anglais. « Mon plus vieux parle très bien français, alors je crois qu’il gardera l’héritage francophone vivant dans la famille !»

Êtes-vous né en Alberta ? Est-ce que votre date de naissance est postérieure au 30 août 1971 ? Si les réponses à ses questions sont oui et oui, vous n’avez connu qu’un seul parti à la tête du gouvernement provincial. Le 30 août 1971, Peter Lougheed et le Parti progressiste-conservateur de l’Alberta ont remporté les élections générales en Alberta et ont vaincu de manière décisive le Parti Crédit social. Les conservateurs ont maintenu cette position pendant près de 45 ans jusqu’au 5 mai 2015, où les néo-démocrates de Rachel Notley ont à leur tour renversé une dynastie politique albertaine. Cependant, ce changement de gouvernement, malgré la majorité confortable qu’il détient, est reçu avec du scepticisme, de la peur et même de la panique.

La monté importante en popularité du Nouveau Parti démocratique en Alberta est décrit comme un « chinook orange » semblable à la « Vague orange » ou l’« Orange crush » qu’a causée le NPD fédéral avec Jack Layton. Certes, un chinook est un vent chaud agréable mais, à entendre parler certaines personnes et certains « experts », le ciel tiendrait par un fil et Rachel Notley s’apprêterait à le couper pour qu’il nous tombe sur la tête. On se croirait dans une bande dessinée d’Astérix et Obélix.  Notre potion magique (le pétrole) ne nous donne pas, semble-t-il, le courage d’affronter notre peur du changement et puisque tout le monde est soudainement devenu expert politique ou devin (ou les deux), nous devrions tous construire des abris et cacher nos billets de banque sous nos matelas.

Jean JohnsonMardi 5 mai, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a gagné. C’est un moment historique dans la politique albertaine, puisque cette victoire met fin au règne du Parti conservateur. Selon Rachel Notley, la future nouvelle première ministre de l’Alberta, de nouveaux changements sont à prévoir. Et c’est précisément le mot changement qui est suspendu aux lèvres des Albertains. Fera-t-il une différence pour la francophonie et sera-t-il bénéfique à l’ensemble de la province ? Les paris sont ouverts.

Un tsunami orange a déferlé mardi 5 mai sur l’Alberta. 54 députés néo-démocrates ont été élus sur un total de 87, chassant les conservateurs au pouvoir depuis 1971. Pour le président de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) Jean Johnson, il ne fait aucun doute que le peuple a parlé : « C’est une nouvelle réalité, je trouve ça motivant. Les Albertains ont livré un message fort. Pour nous, l’ACFA, c’est intéressant de voir comment on va travailler avec le NPD ».

Les dés sont jetés. Toute la spéculation concernant la valeur d’une prédiction basée sur les sondages d’intention de vote s’est estompée avec une victoire écrasante du NPD lors des élections du 5 mai dernier. Ces élections ont aussi mis fin à la dynastie de 44 ans du Parti progressiste-conservateur, relégué à troisième place dans la hiérarchie de la représentation parlementaire.

Pourquoi ce changement si radical? Deux sortes de raisons pourraient être avancées pour l’expliquer. D’abord, il y aurait les facteurs immédiats, émanant de la campagne électorale : le charisme de la cheftaine néo-démocrate Rachel Notley, les erreurs des Conservateurs, et une campagne du NPD bien menée. En effet, le NPD a martelé dans ses messages le manque de crédibilité des Conservateurs, la promesse de préservation de l’État-providence albertain, auquel tout le monde devrait contribuer, y compris les grandes entreprises, et l’offre d’une alternative crédible de gouvernement.

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