Le Canada doit envisager le recours au financement social

Chaque semaine, par le biais de Francopresse, un sénateur ou une sénatrice présente un texte d’opinion sur un sujet pertinent pour les lecteurs de Francopresse et des journaux membres de l’Association de la presse francophone. Les opinions exprimées dans ces textes n’engagent que leurs auteur(e)s.

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Le temps est venu de développer le financement social au Canada.

Dans un monde en constante évolution, il faut trouver des solutions évolutives. Au Canada, nombreux sont les enjeux sur lesquels le gouvernement doit se pencher et les solutions dans lesquelles il doit investir, qu’il s’agisse d’eau potable dans les réserves autochtones, de logements abordables ou encore de l’élaboration de produits qui appuient une économie à faibles émissions de carbone. Il faut de toute urgence envisager de nouvelles solutions et de nouvelles sources de revenus et le financement social offre cette possibilité.

Voyez ceci comme un profit à des fins sociales. Au moyen d’investissements du secteur privé, on réunit les capitaux nécessaires pour réaliser des projets qui servent une cause sociale, comme la construction de logements abordables ou la réalisation de projets d’infrastructure dans des communautés plus démunies.

Les fonds de financement social sont semblables à des instruments de placement traditionnels en ce sens que l’on obtient un rendement de l’investissement. Là où ils diffèrent, réside dans le fait que plutôt que de maximiser les profits pour le simple fait de faire des profits, les fonds de financement social permettent d’investir ces profits dans la communauté en appuyant des projets qui répondent aux besoins les plus pressants.

Notre rapport, le rôle du gouvernement fédéral dans la création d’un fonds de financement social, contient six recommandations qui feraient en sorte que le financement social devienne la norme et serve à appuyer et à adapter des solutions présentées par des organismes de bienfaisance, des organismes sans but lucratif et d’autres.  

Malheureusement, le soutien nécessaire pour élever le financement social à de nouveaux sommets n’existe tout simplement pas au Canada parce qu’il n’y a pas suffisamment de capital pour élargir la portée des projets. Comme le capital est limité, de nombreux projets ne prennent jamais suffisamment d’expansion pour avoir des répercussions plus grandes.

Pour créer le soutien nécessaire, le gouvernement fédéral doit établir et financer un fonds de financement social pancanadien. Mis en œuvre indépendamment du gouvernement, ce fonds optimiserait les capitaux d’investisseurs partout au Canada, et ces capitaux serviraient à la réalisation de projets sociaux. Ce genre de fonds réunira des investisseurs du secteur privé et des investisseurs institutionnels et offrira des solutions pouvant être appliquées par des organismes de bienfaisance, des organismes sans but lucratif et d’autres. Les projets auront ainsi une portée plus vaste et des répercussions plus profondes.

Les Canadiens sont aux prises avec divers enjeux sociaux. Dans la plupart des cas, l’argent représente un élément clé de la solution. Le Canada est un pays riche et possède d’importantes réserves de capitaux, qui peuvent être utilisés pour résoudre ces enjeux sociaux.

Nous devons faire preuve de créativité pour arriver à trouver les fonds nécessaires pour résoudre les enjeux sociaux. Un fonds de financement social financé par le gouvernement fédéral constituerait un moyen efficace de réunir le capital inexploité du secteur privé afin de résoudre d’importants enjeux sociaux.

Le sénateur Art Eggleton est président du Comité sénatorial des affaires sociales, des sciences et de la technologie. Il représente l’Ontario au Sénat.

La sénatrice Ratna Omidvar siège au comité. Elle représente l’Ontario au Sénat.

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