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11e Journée du droit pour l'AJEFA

La Journée du droit se tient chaque année en avril, donnant la chance au public de se familiariser avec le système juridique. Samedi 21 avril, l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA) était présente à Calgary et Edmonton avec des kiosques d’information.

Les etudiants bilingues en droit de lUniversite de lAlberta pour le proces simule a Edmonton

« C’est vraiment une journée portes ouvertes », résume Denise Lavallée, directrice générale de l’AJEFA. Le 21 avril aura permis au grand public, jeunes et moins jeunes, de se familiariser avec le processus judiciaire, les carrières en justice, et l’information juridique de façon générale. Beaucoup se déplacent pour assister pour la première fois de leur vie à un procès au sein d’une cour, se faisant ainsi une meilleure idée de son déroulement.

Lun des kiosques de lAJEFA pour la Journee du droitPour la 11e année consécutive, l’AJEFA était présente à Calgary et Edmonton avec deux kiosques d’information juridique, offrant de nombreuses ressources en français. « Les gens ont posé des questions sur le processus judiciaire, sur le rôle de chacun dans un procès », relate Denise Lavallée.

La Journée du droit revêt un caractère profondément démocratique en facilitant l’accès au monde parfois intimidant de la justice. « Ça a été une excellente expérience positive, observe la directrice de l’AJEFA. C’est important d’avoir une présence francophone, il faut continuer à le faire davantage ».

Le bilinguisme dans la justice

Pour la première fois, le procès simulé bilingue qui a eu lieu à Edmonton était organisé par des étudiants de l’Université de l’Alberta. « C’est notre vice-président Justin Kingston, avocat pour la firme McCuaig Desrochers, qui a organisé le procès cette année », explique Denise Lavallée. Professeur de droit à l’Université, il a invité ses étudiants à jouer les rôles d’avocats, de greffiers ou de juges le temps d’un procès fictif.

Le procès traitait d’un cas imaginé de pension alimentaire, donc dans le domaine du droit de la famille. L’occasion pour ses étudiants de se frotter à la réalité du métier. Au total, quatre étudiants se sont prêtés au jeu et recevront une évaluation qui comptera dans leur parcours.

La participation d’étudiants bilingues de l’Université de l’Alberta est inédite. « Ça montre le fait que la Faculté de droit de l’Université s’intéresse beaucoup plus à faire des activités en français », relève Denise Lavallée. D’ailleurs, des étudiants bilingues ont même fondé l’Association des étudiants francophones en droit, forte d’une vingtaine de membres dont plusieurs ont participé au procès simulé. « On dirait qu’il y a un engouement qui n’était pas là avant », remarque la directrice de l’AJEFA.

Justin Kingston enseigne son cours de Common Law en français à l’Université de l’Alberta depuis maintenant deux ans. C’est le résultat d’un programme pancanadien mis en place par l’Université d’Ottawa, l’une des deux seules facultés avec Moncton à offrir des programmes de Common Law en français. « Des ententes ont été passées avec la Faculté de droit de l’Université de l’Alberta afin d’inciter les étudiants à pratiquer la justice dans les deux langues officielles ». Le but ultime : « améliorer l’accès la justice pour la minorité francophone ».

Dans ce cours, les étudiants apprennent le droit entourant les langues officielles, comme la décision Beaulac, les causes Caron et Mahé, ou encore la Loi sur les langues officielles. La moitié des élèves est francophone, l’autre de langue française seconde. « Ils sont intéressés par le bilinguisme dans la justice, peut-être pour poursuivre une carrière dans les deux langues », exprime l’avocat-enseignant.

L’intérêt des anglophones est crucial à l’heure où la Politique en matière de francophonie va faire son entrée dans la province. « Pour pouvoir offrir des procès en français en Alberta, ça prend des avocats, des juges, des greffiers bilingues, rappelle Denise Lavallée. Les universités prennent conscience de l’importance du bilinguisme chez les étudiants en droit ».

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