Nicole Buret pour une plus grande inclusion des régions et du bilinguisme

Forte de sa longue expérience dans la francophonie albertaine, et plus particulièrement de son implication dans le domaine de l’éducation et de la santé sur Calgary, Nicole Buret souhaite plus de représentativité des régions au sein de l’ACFA provinciale. Elle milite aussi pour un bilinguisme inclusif qui permettrait à la francophonie albertaine de poursuivre sur la voie de la réussite.

Le Franco : Pouvez-vous revenir sur votre parcours et la façon dont vous êtes arrivée en Alberta ?

Nicole Buret : Je suis arrivée en Alberta en 1981. Originaire de Suisse, je suis citoyenne canadienne depuis 1987. C’est mon métier d’ébéniste qui m’a amenée en Alberta. Étant enfant, j’avais toujours voulu vivre au Canada, ce pays m’a toujours fait rêver. J’ai vécu sur quatre continents mais Calgary est ma ville d’accueil. Mariée et mère de deux enfants, je suis toujours restée à Calgary. En tant que travailleuse indépendante depuis toujours avec l’entreprise familiale, je suis très flexible dans ma gestion du temps, ce qui me permet de beaucoup voyager et de me déplacer pour les événements.


Nicole Buret site webLF : Quelle est votre expérience au sein de la francophonie albertaine ?

NB : Ce qui m’a poussée à m’impliquer, ce sont mes enfants. Lorsque j’ai placé mon fils en immersion, car je voulais garder notre langue, je me suis rendue compte que ce n’était pas adapté aux francophones. D’où l’opportunité d’ouvrir une école francophone. Je suis l’un des parents qui a mis en place la première école publique francophone en Alberta. J’ai travaillé pour établir la gestion francophone dans des écoles du sud de la province, et j’ai fait partie des premiers conseillers du Conseil scolaire FrancoSud. J’ai aussi présidé la Fédération des conseils scolaires de l’Alberta et j’ai été la vice-présidente de la Fédération au niveau national. Ces expériences m’ont permis de prendre connaissance des enjeux et des défis dans l’éducation aux niveaux provincial, national et municipal. En 2012, je suis devenue vice-présidente de l’ACFA de Calgary et depuis 2013 j’en suis la présidente. Présider une régionale permet de comprendre non seulement les enjeux de Calgary mais aussi de ses régions. Enfin, je suis aussi présentement présidente du Comité directeur pour l’Espace Franco de Calgary.

LF : Qu’apporterez-vous à la communauté si vous êtes élue à la présidence de l’ACFA provinciale ? En quoi consiste votre vision ?

NB : Mes divers postes de présidence ont développé mon leadership. Je peux écouter tous les membres du CA. C’est important que tout le monde puisse s’exprimer, que le CA fonctionne de manière transparente. J’aimerais voir beaucoup plus d’implication des régionales dans les décisions. Je déplore le fait qu’on ne puisse pas faire partie d’une régionale et de la provinciale en même temps. Ce serait très bénéfique, afin d’avoir une discussion franche. Je cherche à établir une ACFA qui fonctionne et soit solide. Je suis pour une représentation active des régionales sur le CA.

 

LF : Quelles sont les priorités en termes de dossier pour vous ?

NB : La priorité, c’est la mise en place de la politique de services en français. J’ai participé à l’ouverture de la clinique francophone de Calgary en mai 2015. C’était un immense défi financier car elle n’est pas insérée dans l’Alberta Health Services. Il faut aussi continuer les discussions sur le postsecondaire et le collégial. Les métiers sont sous-utilisés de manière générale. En ce qui concerne l’immigration, je crois vraiment en l’inclusion. Il faut améliorer la représentativité de la diversité de la francophonie. D’autre part, c’est important de comprendre le système canadien lorsqu’on est un immigrant. Il faut donc maintenir ce qu’il y a de bien ici avant de le modifier. Enfin, j’ai de l’empathie pour la langue majoritaire. Le bilinguisme est important. J’ai fait en sorte que l’hymne officiel soit chanté dans les deux langues au Stampede. C’est primordial pour un bilinguisme équilibré.

LF : Comment comptez-vous faire suite à la politique de services en français annoncée par le gouvernement en juin dernier ?

NB : Il faut s’assurer que l’ACFA soit présente à toutes les étapes du développement et pousse le dossier en tant que priorité. Je voudrais vraiment travailler de près avec le Secrétariat francophone ainsi qu’au niveau politique. Il faut continuer de maintenir une excellente relation avec le gouvernement. Il faut pouvoir amener le bilinguisme de façon différente.

LF : En quoi votre présidence sera-t-elle différente de celle de votre prédécesseur si vous êtes élue ?

NB : Par rapport à Jean Johnson, je voudrais favoriser une ACFA qui communique beaucoup plus entre régionales et provinciale. Je veux établir une véritable communication et une vraie participation des régionales au sein de la provinciale. De plus, je suis une personne qui comprend la diversité et l’immigration, étant moi-même une immigrante.

LF : Vous êtes la seule femme parmi tous les candidats. Est-ce selon vous un atout ou un handicap ?

NB : C’est une excellente question. J’ai été la première ébéniste de mon canton en Suisse et j’étais la seule femme à l’école. C’était extrêmement difficile d’être une femme dans ce métier d’homme mais ça m’a beaucoup aidée. On parle beaucoup d’égalité et avoir une femme comme présidente de l’ACFA serait la démonstration que les femmes peuvent le faire ! Je crois donc que c’est un avantage. Ça me plaît d’être une femme en 2017.

LF : Un dernier mot pour les lecteurs du Franco ?

NB : Je suis vraiment là pour inclure tout le monde, pour respecter le travail qui a été accompli et améliorer ce qui peut l’être. Je veux resserrer la communauté francophone, pour qu’elle se sente unie du nord au sud. Toutes les voix comptent. Il faut tenir compte de tous les avis car ils donnent un mélange de couleurs qui va se fondre en quelque chose de spécifique. La francophonie a le vent dans les voiles et je veux la mettre en avant de façon positive, notamment avec un bilinguisme inclusif. Je suis prête à relever les défis.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Édition de la semaine

Abonnez-vous à la version électronique ici.

Abonnez-vous à la version papier ici.

L'annuaire francophone 2017

Aller au haut