Marc Arnal a côtoyé bien des chefs de file de la francophonie albertaine. Il entend désormais à son tour reprendre le flambeau et continuer leur travail. Grâce aussi à une longue expérience dans l’enseignement et la fonction publique, le candidat souhaite s’inscrire dans la continuité de ses prédécesseurs pour affirmer sa vision de la francophonie.

Le Franco : Pouvez-vous revenir sur votre parcours et la façon dont vous êtes arrivé en Alberta ?

Marc Arnal : Je suis arrivé en Alberta en 1984 et je suis originaire du Manitoba. J’ai passé aussi une dizaine d’années à Ottawa. J’ai un doctorat en éducation, j’ai travaillé pendant 10 ans comme cadre professionnel au sein de l’Alberta Teachers’ Association, puis j’ai été pendant 10 ans doyen au Campus Saint-Jean. Je suis maintenant à la retraite et je m’implique dans le bénévolat.


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Marc ArnalF : Quelle est votre expérience au sein de la francophonie albertaine ?

MA : J’ai eu affaire à la francophonie comme directeur régional du Secrétariat d’État du Canada pour l’Alberta et les Territoires du Nord-Ouest. J’ai été le premier francophone à ce poste. J’ai travaillé avec tous les organismes en place, avec Guy Lacombe et Paul Poirier, des leaders de la francophonie. Par la suite, je suis devenu président de la Fédération des parents francophones de l’Alberta et vice-président de l’ACFA. J’ai également participé à la négociation de conventions collectives au sein de l’Alberta Teachers’ Association où j’étais le seul francophone. En tant que doyen du Campus Saint-Jean, j’ai voulu augmenter le nombre d’étudiants, donner un autre statut à la Faculté en la renommant Campus, ce qui reflète mieux la nature diversifiée de l’université. De plus, Paul Denis, ancien président de l’ACFA, est un très bon ami à moi. Je travaille présentement à offrir des structures alternatives pour l’autonomie éventuelle du RIFA. Enfin, au niveau national, je suis très actif puisque j’ai présidé la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures qui gère les Rendez-vous de la francophonie, et j’ai présidé pendant 10 ans le Comité directeur national sur l’immigration en milieu minoritaire francophone et acadien.

LF : Qu’apporterez-vous à la communauté si vous êtes élu à la présidence de l’ACFA provinciale ? En quoi consiste votre vision ?

MA : J’ai une vision très claire de la francophonie. Tous les gens qui me connaissent savent que j’ai toujours été prêt à la partager. Je crois beaucoup dans la diversité. Les communautés francophones ont eu un rôle dans le façonnement du Canada. On fait appel encore à nous pour continuer de croître. Présentement, il y a des influences négatives qui nous arrivent des États-Unis et il est plus important que jamais de réaffirmer notre engagement pour la diversité. Nous devons assumer notre rôle. Ce qui a beaucoup changé au fil des ans, c’est que la communauté francophone elle-même a beaucoup évolué avec l’immigration. Il y a de la place pour tout le monde mais il y a encore des améliorations à apporter sur la participation de certains groupes. Il s’agit de s’assurer que tout le monde soit impliqué au sein des communautés de nouveaux arrivants.

LF : Quelles sont les priorités en termes de dossier pour vous ?

MA : La priorité numéro un est de bien asseoir le rôle de l’ACFA vis-à-vis des autres organismes. L’ACFA est l’organisme porte-parole et doit entretenir des relations avec tous les secteurs, que ce soit en développement économique, en éducation ou en santé. Elle doit intervenir, rencontrer et voir comment améliorer la performance de ces secteurs. Elle doit aussi développer des relations aux niveaux fédéral, provincial et municipal. Quant aux ACFA régionales, il faut une relation d’appui pour les priorités régionales qui présentent des défis particuliers. Par exemple, pour la région de Wood Buffalo et de Fort McMurray, il faut que l’ACFA vienne en aide pour rebâtir les infrastructures communautaires.

LF : Comment comptez-vous faire suite à la politique de services en français annoncée par le gouvernement en juin dernier ?

MA : Il faut accroître les services aux francophones ainsi que la perception de la valeur de la langue. De plus en plus de personnes apprennent le français. Il faut faire des rencontres, essayer de jauger ce que le gouvernement est prêt à faire, essayer de négocier le plus possible des choses importantes pour la francophonie albertaine. C’est un processus de négociation et de consultation, qui va nécessiter le développement ou l’amplification des rapports politiques avec les gouvernements.

LF : En quoi votre présidence sera-t-elle différente de celle de votre prédécesseur si vous êtes élu ?

MA : Ma présidence sera dans la continuité en ce sens qu’elle va donner suite à l’implication de la nouvelle politique de services en français. Il faudra aussi régler certaines questions qui sont encore en voie d’être réglées. Tout l’appareil va continuer de fonctionner de la même manière. Concernant Jean Johnson, je vais continuer son œuvre et développer ce qu’il a accompli à date. J’espère d’ailleurs qu’Albert Nolette va continuer de siéger au Conseil et qu’on pourra continuer de travailler ensemble. Ce n’est donc pas une question de changer de cap mais d’intervenant. Ce qui diffère au niveau de mon approche, c’est que j’ai établi une longue histoire de pouvoir accommoder les différences, de sélectionner le profil des employés du Campus, de s’assurer que lors des embauches on utilisait des critères objectifs.

LF : Vous êtes le doyen parmi les candidats. Est-ce selon vous un atout ou un handicap ?

MA : J’ai travaillé avec des leaders, dont le travail nous a conduit où on en est présentement, notamment avec la politique de services en français. C’est un gage d’expérience et de légitimité. Je ne suis pas le genre de personne à piétiner sur place. J’ai une compréhension du milieu, de la province, de la situation dans les différentes régions. C’est donc un atout pour moi.

LF : Un dernier mot pour les lecteurs du Franco ?

MA : Tout ce que j’ai fait a réussi. Si je me présente, c’est parce qu’on en arrive à un point important pour le futur de la communauté, qui est encore à la recherche d’une nouvelle identité. Il y a des conciliations à faire avec certains secteurs et je pense que je suis la personne pour le faire.

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